A une passante de charles baudelaire- commentaire composé

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  • Publié le : 2 décembre 2009
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Commentaire composé

A une passante de Charles Baudelaire

Ce poème est un sonnet écrit par Charles Baudelaire en 1857, extrait des Tableaux parisiens. Ce sonnet est basé sur un thème romanesque, récurrent dans la littérature : celui de la rencontre amoureuse.
Dans une première partie, nous traiterons l’idéalisation de cette passante par le poète, qui est probablement le thème principal dela rencontre amoureuse. Puis, dans une seconde partie, nous verrons en quoi cet amour est impossible. Enfin, dans une troisième partie, nous montrerons en quoi Baudelaire, désemparé par l’échec de ce qui aurait pu être une relation amoureuse, cherche non seulement à surmonter sa déception, mais aussi à lutter contre l’oubli de cette « fugitive beauté » par la poésie.

I) L’idéalisation de lapassante

La passante est présentée par Baudelaire comme étant la femme idéale, ce qui crée un contraste avec le contexte de la rencontre. En effet, cette rencontre a lieu dans un contexte sonore, souligné par son aspect déplaisant.
On distingue donc l’opposition entre le vacarme de la rue moderne, c’est-à-dire le quotidien rebutant et hostile, souligné tout d’abord par la personnification de larue (La rue assourdissante autour de moi hurlait), puis la distance entre le verbe et son sujet, et enfin par la présence de l’adjectif « assourdissante », et l’apparition au 3e vers d’une femme inaccessible, dont on ne perçoit d’abord que la majesté (v.2 : groupe de syllabes croissantes ; suite de 4 longues syllabes nasales ; diérèse de majestu-euse), la grâce d’un geste éminemment féminin(métonymie le feston et l’ourlet pour désigner la jupe) et l’érotisme d’une jambe entrevue.

De plus, cette passante est présentée comme une allégorie de la douleur (apposition : douleur majestueuse), mais surtout comme la perfection d’une œuvre d’art (avec sa jambe de statue).

Dans le vers 7, on voit également l’importance du regard, agrandi à la dimension d’un ciel d’orage ; « livide » ; «bleu gris » et auquel Baudelaire est sensible.

Mais c’est surtout la structure complète du sonnet qui reflète cette idéalisation.
En effet, les rimes féminines des quatrains soulignent une ambivalence : aux deux termes mélioratifs « majestueuse, fastueuse » répondent la perfection de sa jambe de statue et le plaisir qui tue : la fascination qu’exerce cette « tueuse » (fin de rime) réside dansle mélange de violence (ciel livide où germe l'ouragan) et de délicatesse du mouvement (Soulevant, balançant le feston et l'ourlet). Cette impression est résumée par le parallélisme du v.8 : La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Deux monosyllabes : qui tue.

On remarque également la présence exceptionnelle de la passante, d'abord marquée par l'insistance que met le poète à souligner sonallure par le rythme ample de la phrase qui s'étend sur quatre vers et qui contient son portrait en mouvement. Le vers 2 est ponctué de façon à délimiter des groupes de longueur croissante et précède la régularité des vers 3 et 4. Dans le vers 4, les quatre groupes de trois syllabes impriment rythmes et harmonies de la démarche. Quant au vers 5, il constitue du point de vue de la structure unesorte d'enjambement sur le deuxième quatrain et surtout élargit le portrait en apportant des éléments d'ordre moral.

Ainsi, la beauté morale se joint à celle du corps et aboutit à l’idéalisation de la beauté, comme l’a montré précédemment l’expression « avec sa jambe de statue ».

II) Un couple impossible

Dans le poème de Baudelaire, l’opposition des attitudes entre la passante et lui est onne peut plus visible.
En effet, au rythme ample et aux nombreux termes mélioratifs (Longue, mince, majestueuse, fastueuse, Agile et noble) du vers 2, concernant la femme et faisant suite au contexte de la rencontre, s’oppose la description du poète (le moi).

Tout d’abord, le rythme est embarrassé et la syntaxe hésitante : on a une nouvelle opposition entre les vers 3 et 4 et l’irrégularité...
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