Une partie de campagne

par

Un récit construit sur une dualité

Le récit semble donc mettre en relief une opposition entre la campagne et la ville : d’un côté le monde rural où tout semble permis, rien n’est bridé et les passions peuvent librement s’extérioriser. De l’autre, le monde de la ville où c’est la souffrance qui règne en maître, la déception et la monotonie. Cependant, nous allons voir que le récit est ambivalent en ce que chacun de ces concepts semble pour autant à nuancer.

En effet, lorsque les Dufour quittent Paris au début du récit, le lecteur s’attend légitimement à une description agréable et champêtre de la campagne qui s’étend à l’extérieur de la ville. Or, c’est l’exact opposé qui attend le lecteur, l’environnement semble encore plus répugnant que la ville : à perte de vue, ce n’est qu’« une campagne interminablement nue, sale et puante. » Cette description s’accompagne d’odeurs typiques des paysages industriels, tels que le pétrole ou le schiste, qui s’éloignent en tous points de la représentation que l’on se fait habituellement de la campagne. La luxuriante campagne n’arrive qu’après que la Seine a été franchie une deuxième fois, mais cet avant-goût peu agréable semble montrer que dans toutes merveilles, demeurent des pièges dont il faut se méfier, ici celui d’une...

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