Justine land

Pages: 23 (5534 mots) Publié le: 14 mars 2011
Thierry Giaccardi− Représentation de la chair au cinéma et au théâtre.
Nouvelles «vues» sur le cinéma québécois.
no 8, Hiver 2008, www.cinema-quebecois.net 1


Représentation de la chair au cinéma et au théâtre.
Le corps humain dans tous ses états, de la
conception à la décomposition, en passant par la
mutation.


ParThierry Giaccardi



À Claude Tannery et Oliver Speck.

Comment faut-il que tu les nommes
Elles sont tout ce que nous sommes
Et cependant ne sont pas hommes
Guillaume Apollinaire,
Les mamelles de Tirésias.

Le cinéma est aussi un microscope :
quelle que soit la minceur apparente
du sujet, un film qui cherche avec
conviction à démêler un petit bout
de la vérité -serait-ce la vérité
étroitement autobiographique d'une
relation de couple.
Roberto Rossellini,
Le cinéma révélé.


Seth Brundle : « What am I working on?
Uhh. . . I'm working on something
that will change the world, and human
life as we know it ».
David Cronenberg,
The fly.


Dans un essai capital, Susan Sontag insiste sur le fait que,
s’il existe une distinctionirréductible entre le cinéma et le théâtre,
c’est certainement dans le traitement de l’espace : « le théâtre s’en
tient à une utilisation logique ou continue de l’espace. Le cinéma,
(grâce au montage, c’est-à-dire grâce au changement de plan,
unité de base de la fabrication du film) peut recourir à une
utilisation alogique ou discontinue de l’espace » (Mast, 367).Nous



Thierry Giaccardi− Représentation de la chair au cinéma et au théâtre.
Nouvelles «vues» sur le cinéma québécois.
no 8, Hiver 2008, www.cinema-quebecois.net 2


en ajouterons une deuxième : le traitement du corps humain, et de
tout être vivant en général. De ce point de vue, il serait intéressant
de comparer aussi le rôle del’animal, cet autre radical, au cinéma
et au théâtre, le temps présent de l’acte théâtral limitant
considérablement le travail avec l’animal dont le caractère
imprévisible peut se révéler catastrophique (voir plus loin l’exemple
du film de Cronenberg, La mouche). Le cinéma a donc cette
possibilité de transformer à volonté le corps, humain ou non,comme, du reste, l’espace, vaste ou confiné. Mais ce recours
semble dépendre de choix esthétiques : c’est la distinction, en gros,
entre films réalistes et films fantastiques. Le corps humain dans
tous ses états, pourrait-on dire, de la conception à la
décomposition, en passant par la mutation.
Sur une scène de théâtre, l'acteur joue en utilisant un corps
luiimposant des limites assez strictes. On pourrait parler d’une loi
de la pesanteur théâtrale définissant un art terrien, renvoyant en
premier lieu, mais pas seulement, au théâtre grec. Il y a
indiscutablement une dureté au théâtre, de la scène, des décors, et
une rugosité des corps. On peut naturellement en tirer parti de
manière classique ou moderne.Figure de l’entremêlement avec,
par exemple, le choeur composé de chanteurs et de danseurs
(théâtre antique, mais encore Macbeth de Shakespeare ou On ne
badine pas avec l’amour de Musset). Voire « entremâlement »
comme dans Les mamelles de Tirésias, dont le prologue annonçait
un art « mariant souvent sans lien apparent comme dans la vie/
Les sons lesgestes les couleurs les cris les bruits/ La musique la
danse l’acrobatie la poésie la peinture/ Les choeurs les actions et
les décors multiples » (Apollinaire, 114). Certes, des expériences
théâtrales audacieuses, révolutionnaires, comme celles du Living
Theater, ont cherché à sortir de ces frontières, surtout à partir de
Paradise now (1968), allant jusqu’à...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Justine
  • Justin
  • Justine
  • Justine
  • Les Lander
  • Justin
  • justine
  • biographie de Justin

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !