Le bonheur

4653 mots 19 pages
La tradition philosophique occidentale oppose les optimistes, pour qui le bonheur comme "état de satisfaction totale" est possible (Spinoza, Montaigne, Diderot), voire facile (Épicure) et les pessimistes pour qui il est difficile (Rousseau), voire impossible (Pascal, Schopenhauer, Freud). D'autres comme Kant condamnent la recherche du bonheur (comme s'opposant à la morale) ou comme Nietzsche la critiquent comme une fuite devant le tragique de la réalité, lui préférant l'expérience de la joie.
La morale cartésienne met la science au service du bonheur, au sens d'une béatitude dépendant de la méthode. Nos entendements finis étant seulement capables d'une connaissance imparfaite, et le sage visant la perfection du bonheur, n'y a-t-il pas contradiction dans les termes du problème moral? L'A. vide à la résoudre en remontant aux sources de la métaphysique cartésienne et de la psychologie qui en découle. Il examine d'abord l'effet de la séparabilité des substances sur la formation et la dissolution des passions. L'unique bien du composé humain consistera alors dans la vertu ou la maîtrise de soi. Rien ne distinguera enfin l'exercice de la vertu et la perfection du bonheurLe bonheur est souvent conçu comme étant une fin ultime de la vie humaine (c’est ce qu’on appelle eudémonisme). Il se distingue des fins partielles, c’est-à-dire des fins qui à leur tour deviennent des moyens en vue de fins plus élevées (par exemple la richesse). Le bonheur est la fin la plus haute, une fin que l’on recherche pour elle-même, une fin en soi. Cependant, une fois cela reconnu, nous n’avons encore rien affirmé de la nature du bonheur. Si l’on se fie au sens commun, on pourra alors penser que le bonheur consiste dans l’assouvissement intégral des besoins et désirs. Le bonheur est ce qui nous comble. Si nous acceptons une telle définition, n’allons-nous pas être condamné à ne jamais être heureux ? En effet, la satisfaction complète des désirs semble impossible dans la mesure d’une part où

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