les codes du factices dans bigfish

5840 mots 24 pages
Les codes du factice dans Big Fish de Tim Burton
1 Troisième du nom après Edward Scissorhands (1990) et Ed Wood (1994), Edward Bloom, héros de Big Fish, se présente d’emblée comme un personnage d’histoires extraordinaires. Si le film de Tim Burton s’insère dans la structure classique du conte initiatique d’un fils qui tente de comprendre son père mourant, grand bâtisseur de vies et dimensions parallèles, il s’inscrit avant tout à l’écran comme une variation visuelle sur l’art du conteur et sa transmission. Après une séquence d’ouverture où Ed commente presque intégralement en voix-off ses aventures fantastiques en une sorte de vaste odyssée du sujet, la caméra filme son fils William et son épouse française sur le point de quitter Paris pour se rendre en Alabama, au chevet du mourant.
Alors même que défile encore le générique, l’univers de Tall Tale du Sud des Etats-Unis du père mythomane a pourtant déjà envahi le cadre, alternant avec des scènes ancrées dans la réalité des personnages. Cette séquence inaugurale aux teintes bleutées et aquatiques s’ouvre d’ailleurs sur ce constat proleptique du jeune père :
There are some fish that cannot be caught. It’s not that they are faster or stronger than other fish.
They are just touched by something extra. One such fish was the Beast.
2 L’histoire et son conteur sont déjà en train de se mettre en scène. Adapté du roman de Daniel
Wallace (1998), le film traduit visuellement les figures grotesques et féeriques de ces contes hyperboliques sudistes dont les artifices, véritables compositions pyrotechniques, sont à la fois le signe d’un art consommé et d’une tromperie fondatrice. Big Fish juxtapose en permanence et parfois mêle subrepticement séquences réelles et imaginaires. Et c’est précisément ce flou de la frontière que le fils reproche amèrement au père. Le film tout entier va à l’encontre de sa tentative toujours renouvelée de démêler le vrai du faux. Dans un entretien pour Positif accordé à Michel

en relation