Melancholia

Pages: 7 (1635 mots) Publié le: 2 novembre 2014
Victor Hugo, « Melancholia », extrait des
Contemplations (1856)
Introduction


Victor Hugo a été le chef de file du romantisme au XIXème siècle. Il
a composé une oeuvre gigantesque qui témoigne de nombreux
engagements personnels. Poète militant, il s’est préoccupé tout au
long de sa vie du sort des misérables et à lutter contre toutes
formes d’injustices sociales

·

Dans «Melancholia », extrait des Contemplations, recueil publié en
1856, il utilise le texte littéraire pour dénoncer le travail des enfants.
Dans ce poème polémique, l'auteur a recours au registre pathétique
afin de persuader son lecteur de l'atrocité que représente celui-ci.
Sujet à une condamnation virulente, le travail est même présenté
comme le principal acteur d'un monde inversé où l'homme estdéshumanisé.

·

Ce texte polémique multiplie alors les stratégies de la persuasion
afin notamment d'amener le lecteur à partager la révolte de
l'auteur.

Lecture
... Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aubeau soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ilssont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là sonfruit le plus certain ! D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !

Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï desmères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

Etude
I) UN POEME ARGUMENTATIF
Victor Hugo, poète engagé se sert de sa plume comme d’une arme. A
travers son texte, il apparaîtcomme un observateur indigné dénonçant le
dur travail des enfants et ses conséquences.
1/ L’état physique des enfants












Le poème commence par une triple interrogation à partir du même
adverbe et du même verbe « où vont » (v.1). Ce vers 1 s’ouvre sur
l’image d’un groupe important « tous ces enfants », caractérisé par
une négation « dont pas un seul ne rit »traduisant l’absence de ce
qui fait le charme de l’enfance, le sourire.
On note les caractérisations insistant sur la jeunesse (« huit ans »
v.3) et sur la douceur « doux êtres » (v.2). Ces caractérisations
s’opposent aux trois subordonnées relatives, toutes dépréciatives
« dont pas un » (v.1) , « que la fièvre » (V.2), « qu’on voit » (v.3)
C’est avec réalisme que le poète nous décrit l’étatphysique des
enfants. Il insiste sur leur mauvaise santé « que la fièvre maigrit »,
leur fatigue « bien las » et leur manque de vitalité.
Les couleurs qu’il évoque sont pales « quelle pâleur ! la cendre est
sur leur joue », ces enfants sont victime des adultes qui les
emploient pour le profit.
Au vers 12, il emploie le mot « cendre » qui peut avoir une double
image ; la première est bien sur...
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