Polémique autour de l'éthanol brésilien

Pages: 17 (4066 mots) Publié le: 15 avril 2011
L’éthanol brésilien en quelques chiffres

• 15% de la flotte automobile du Brésil et plus de 80% de voitures neuves, toutes équipées de moteurs « flex-fuel » (ou « polycarburants) roulent à l’éthanol : ces véhicules fonctionnent à l’essence complétée de 25% d’éthanol.
• 50% de la consommation d’essence a été remplacée par l’éthanol
• 3 millions de voitures fonctionnent à l’éthanolpur et 16 millions avec un carburant mélangé.
• 367 usines ont distillé, sur l’année 2007/2008, 22.24 milliards de litres d’alcool, ce qui représente pour l’économie du pays plus de 15 milliards d’euros de recettes, soit plus de 3.5% du PIB.
• 558,7 millions de tonnes de canne à sucre ont été récoltées en 2008 : un record
• 200 milliards de litres est la production estimée pour2020/2021, soit environ 3 fois la production mondiale actuelle
• 6,1 sur 140 millions d’hectares de terres cultivables sont consacrées à la canne à sucre.
• 1 nouvelle usine de distillation devrait être créée tous les mois pendant les deux années à venir [1]-[2]-[3]-[4]

Polémiques : acteurs et arguments

1. Les conditions de vie des coupeurs de cannes et des populations localesdépossédées de leurs terres pour faire place à la production d’éthanol inquiètent non seulement les ONG et les chercheurs, mais aussi le réalisateur Marco Bechis qui a récemment présenté un film sur le sujet au Festival de Venise[5]-[6]-[7]-[8]-[9]
• Mauricio Monteiro, de l’ONG Reporter Brasil, précise que « leurs conditions de travail sont dégradantes et certains travaillent jusqu’àl’épuisement ».
• Le film italo-brésilien « Birdwatchers », réalisé par Marco Bechis et présenté en compétition pour le Lion d’or au Festival de Venise, évoque la situation des Indiens Guarani au Brésil dont les terres sont détruites au profit de la production de biocarburants.
• En liaison avec ce film, l’ONG Survival France, qui soutient les peuples indigènes, a créé un fond spécial destiné àaider les Guarani à « défendre leurs droits, leurs terres et leur avenir ».
• Le Comité Catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) dénonce des conditions de travail indignes chez les coupeurs de canne : « en moyenne, un coupeur de canne perçoit un euro par tonne coupée. Le « minimum » admis dans la profession est de 8 à 10 tonnes par jour. La pression est telle que certainsouvriers parviennent à couper jusqu’à… 15 tonnes par jour ! Une pression qui ressemble fort à une épée de Damoclès : les employeurs n’hésitent plus à menacer les coupeurs de les remplacer par… des machines. » Sur son site, l’ONG met en ligne des témoignages de coupeurs de cannes : « Même quand on se blesse ou qu’on est malade, on ne dit rien. De toute façon, il faut vraiment tomber par terre ou secouper gravement pour que le docteur nous permette de nous arrêter. Les syndicats ? J’en ai jamais vu ! En fait, le seul droit qu’on a, c’est de se taire et travailler. »
• Selon Fundacentro, organisme de recherches lié au Ministère du Travail, 1400 personnes travaillant dans ce secteur d’activité seraient mortes entre 2002 et 2006.
• Francisco Alves, professeur à l’Université Fédérale deSao Carlos (UFSCAR) explique que « le secteur de la production d’éthanol fonctionne encore souvent de manière archaïque, surtout pour la récolte. »
• Calisto Torres Neto, fonctionnaire du ministère du Travail et de l’Emploi et membre d’un des sept groupes mobiles d’intervention (GMI) chargé de la lutte contre le travail esclave, confirme :  « Depuis 2003, nous avons constaté une progressionimportante du nombre de personnes retrouvées dans les champs de canne à sucre en situation de travail esclave. »
• Un document publié par la coordination des Amis de la Terre France en juillet 2008 et écrit Maria-Luisa Mendonça, évoque le sort des agriculteurs brésiliens qui louent leurs terres aux producteurs de canne à sucre et fait part du témoignage d’un homme : « les contrats sont...
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