Spinaza

2933 mots 12 pages
Suite Spinoza
II La religion superstitieuse et la connaissance du 1er genre
A/ Critique de l’imagination naturelle
Certes Spinoza fustige la religion, qu’il qualifie de « puérils inepties » ou de « délires de l’imagination ». Et pourtant, même à ceux premier niveau critique de l’imagination aberrante, sa position reste originale par rapport à celle des rationalistes, qu’ils n y voient que la puissance de combiner des perceptions sensibles : « la folle du logis » (Malebranche).
Or selon Spinoza, l’imagination qui fournit à la religion ses représentations les plus étranges (divinité anthropomorphique, présages, miracle) est ce 1er stade de la connaissance fait d’expériences vagues, affectives, non critiqués. Cette religion « superstitieuse » outre passe les conclusions de la raison, elle traduit en nous l’ordre des affections du corps, ce qui explique la connaissance confuse qu’il fournit.
Spinoza à ce niveau ne se contente pas de dévaloriser à ce niveau l’imagination « corporelle » comme Descartes. Selon lui il n’y a pas de dualité entre l’âme et le corps. L’Homme est tout entier corps et tout entier âme : « l’âme et le corps sont une seule et même chose conçu tantôt sou l’attribut de la pensée tantôt sous celui de l’étendue » (Ethique III).
Si donc l’imagination traduit la confusion de nos perceptions, elle traduit en même temps la confusion et la fluctuation de nos désirs. Or l’essence de l’Homme est le désir. Il exprime le mouvement spontané du conatus ou « l’effort pour préserver dans l’être » (Ethique III). Au niveau de la connaissance spontanée du monde et des autres, les Hommes ont des désirs modérés car ils ne se connaissent pas encore comme du tout de la nature.
Ils construisent donc des représentations vaines, en particulier à propos du temps. Ils se savent mortels, mais ils ont peur de la mort et désirent l’immortalité. Or comme à ce faible niveau de connaissances ils sont incapables d’étudier la nature selon les relations et ses causes, ils sont

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