Aladin, ou la lampe merveilleuse

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Un conte traditionnel

Comme dans tout conte, il existe différentes phases indispensables au déroulement de l’histoire. Ce conte respecte scrupuleusement le format traditionnel de ce type de récit.

Il faut tout d’abord une situation initiale avec de préférence un lieu, une époque, et surtout une situation banale qui donne l’impression d’être ainsi depuis toujours et qui n’évoluera probablement pas de manière spectaculaire. Vient ensuite l’élément déclencheur, qui permet un rebondissement inattendu et déclenche l’histoire. S’ensuivent des péripéties diverses avant l’élément de résolution et l’indispensable morale.

1. La situation initiale

Ici, l’histoire se déroule dans une contrée très riche dont Shéhérazade ignore le nom. Elle nous présente la famille de Mustafa, un tailleur qui vit avec sa femme et son fils. Il est important ici de souligner qu’il s’agit d’une famille normale, que rien ne prédestine à de telles aventures. Ainsi, le narrateur emploi des termes et des tournures qui permettent de mettre en avant l’idée que cette histoire peut arriver à n’importe qui, n’importe où : « il y avait un tailleur nommé Mustafa, sans autre distinction que celle que sa profession lui donnait » ; « une vaste étendue, dont le nom ne me vient pas présentement à la mémoire », etc.

Les personnages nous sont ensuite présentés avec leurs qualités et leurs défauts, sans pour autant que beaucoup de précisions ne soient apportées, pour que le lecteur puisse continuer à s’imaginer que l’histoire pourrait lui arriver à lui aussi.

Enfin, le lecteur suit leur quotidien un certain temps, ce qui permet la mise en place progressive de l’élément déclencheur.

2. L’élément déclencheur

 

Cet élément n’est autre que l’arrivée du magicien africain dans la vie d’Aladin et de sa famille. Profitant de leur naïveté, il les charme par ses belles paroles, ses cadeaux et sa respectabilité apparente, et il parvient à manipuler le jeune fils. Il lui fait découvrir la magie et les choses qu’elle peut accomplir, abusant de la confiance que le jeune homme a placé en lui pour qu’il aille chercher un objet précieux à sa place. Et c’est avec l’anneau magique et la lampe magique que se déclenchent une à une les péripéties de l’histoire.

3. Les péripéties

Aladin va devoir affronter plusieurs éléments au cours de ses aventures. Ainsi, il tombe amoureux de la princesse et doit inventer divers stratagèmes pour qu’elle ne consomme pas son mariage avec le fil du grand vizir, et qu’il puisse à son tour tenter sa chance. Il doit redoubler d’ingéniosité pour impressionner le sultan : lui porter une multitudes de richesses, d’esclaves, construire un palais, et ultimement acquérir la main de la princesse.

L’histoire pourrait s’arrêter ici, mais le magicien africain apporte un second rebondissement à l’histoire : en s’apercevant qu’Aladin est bien vivant et qu’en plus il possède une femme, un palais et de somptueux trésors, il décide de récupérer son bien et de se venger. Malgré le vol de la lampe et l’enlèvement du palais, l’ingéniosité d’Aladin lui permet une nouvelle fois de se sortir de cette situation et d’en finir une fois pour toute avec le magicien en l’empoisonnant. Le dénouement pourrait apparaître ici mais l’arrivée du frère du magicien, qui cherche à se venger, marque en vérité le dernier rebondissement du conte. Prêt à tuer Aladin, il est démasqué grâce au génie de la lampe magique, qui le poignarde sans remords.

4. Le dénouement

Les deux magiciens étant morts et Aladin définitivement gracié aux yeux du roi, le nouveau couple royal peut continuer sa vie tranquillement et reprendre, après la mort du sultan, les rênes du royaume.

5. La morale

 

La morale nous est ici donnée par la conteuse, Shéhérazade. Elle explique au lecteur comment de mauvaises actions sont toujours punies ; elle parle ainsi de « la personne du magicien africain, un homme abandonné à la passion démesurée de posséder des trésors par des voies condamnables, dont il ne jouit point parce qu’il s’en rendit indigne », évoque les bonnes actions récompensées tant que l’on sait user avec justesse du pouvoir qui nous est accordé – « Aladin […] s’élève jusqu’à la royauté en se servant des mêmes trésors qui lui viennent sans les chercher, seulement à mesure qu’il en a besoin pour parvenir à la fin qu’il s’est proposée » –, et enfin nous révèle les difficultés et les dangers qu’il y a à être monarque, même juste et bon – « elle aura appris combien un monarque bon court de dangers et risque même d’être détrôné ».

Cette morale qui accompagne toujours les contes clôture l’histoire de façon à faire réfléchir petits et grands sur les différentes choses du monde qui nous entoure.

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