Anthropologie d’un point de vue pragmatique

par

Résumé

On désigne par « anthropologie » la science dont l’objectif est intimement lié à l’étude de l’être humain dans tous ses états, apportant notamment un éclaircissement quant à ce qui le distingue des autres animaux.Dans le domaine de l’anthropologie, Emmanuel Kant publie en 1798 cette œuvre intitulée initialement « Anthropologie in pragmatischer hinsicht », dont le titre en français est « Anthropologie d’un point de vue pragmatique », et qui contient les cours sur l’anthropologie que le philosophe a donnés à l’université. Comme ses publications peuvent en témoigner, les cours de Kant touchaient divers domaines comme l’anthropologie, les mathématiques ou encore la physique.Ainsi, avec la publication de cet ouvrage divisé en deux grandes parties, l’auteur apporte un regard neuf à la métaphysique. Le voile est levé sur un philosophe qui analyse l’homme sous tous ses aspects, l’introduisant en affirmant que sa capacité « d’avoir la notion de lui-même » permet à l’être humain d’avoir une transcendance sur « toutes les autres créatures qui vivent sur la terre ».Il ne s’agit pourtant pas d’une transcendance qui s’acquiert avec la faculté du langage. En effet, dans son ouvrage, le philosophe affirme : « Alors même que l’homme ne peut pas encore dire ‘moi’, il a déjà cette idée dans la pensée, de même que doivent la concevoir toutes les langues qui n’expriment pas le rôle de la première personne par un mot particulier lorsqu’elles ont à l’indiquer. » Il est ainsi évident que la capacité de l’être humain à avoir la notion de lui-même provient de l’entendement, qui est décrit par Kant comme étant la faculté de penser.Ceci étant, le développement du langage permet au petit être humain d’être éclairé en ce qui le concerne. Si au début un enfant parle de lui-même à la troisième personne du singulier, son langage va par la suite connaitre une évolution, et lorsqu’il utilise la première personne du singulier, cela indique alors qu’il se pense.Kant observe ainsi que le petit être humain va devoir franchir certaines étapes avant de pouvoir se penser. Celles-ci se déclenchent dans les premiers instants de son existence. L’auteur avance ainsi que l’enfant ne rira ni ne pleurera « pendant les trois premiers mois de son existence ». Il faut tout de même élargir ici le champ d’explication quant aux pleurs, car l’on sait très bien que dès sa naissance le bébé pleure. Il peut ainsi s’agir de pleurer suite à des émotions et non pour signifier quelque inconfort qu’il soit. D’ailleurs, Kant indique que cette absence de rire et de pleurs peut s’expliquer par le fait que la notion de l’offense et celle de l’injustice, qui sont du domaine de la raison, ne sont pas encore développées chez le petit être humain.Le philosophe avance par la suite, que l’enfant va commencer « à suivre des yeux l’objet brillant qu’on lui présente à cette époque de sa vie ». L’enfant est alors, selon lui, au stade de son « premier progrès », celui-ci n’étant pas encore de grande envergure. Ce cheminement se présente comme le début des perceptions et la conversion de celles-ci en connaissance des objets sensibles, selon l’auteur.Par la suite, le petit être humain va commencer à accéder à une nouvelle faculté qui est celle du langage. Comme pour la conversion des perceptions en expérience, il s’agit-là d’une étape qui se réalise petit à petit. En effet, l’auteur soutient qu’il s’agit d’abord d’estropier les mots, sans « dissimulation ni méchanceté » même si les grandes intentions dont l’enfant fait l’objet de la part de sa mère et de sa nourrice, peuvent faire de lui un « petit despote ».Kant décrit cette période comme étant « celle des jeux, des amusements », ne manquant pas de déclarer qu’il s’agit de celle qui est « la plus heureuse » dans toute l’existence de l’être humain, et qui fait même retomber partiellement la personne qui s’occupe de l’enfant dans sa propre enfance.Si les premiers instants de la vie d’un être humain est placé sous l’égide de l’innocence, celui-ci va pourtant évoluer, à l’image de son langage. Comme il est passé à la première personne, utilisant le « moi » ou le « je », il commence à faire preuve d’égoïsme.On peut alors distinguer trois sortes d’égoïste selon Emmanuel Kant. Il y a ainsi l’égoïste logique ; celui qui agit au nom de l’entendement et qui « tient pour inutile d’examiner son jugement à la lumière de l’entendement d’autrui, tout comme s’il n’avait aucun besoin de cette pierre de touche. » Il y a également l’égoïste esthétique qui « se contente de son propre goût », ne tenant nullement compte des critiques ou des moqueries des autres à l’encontre des objets, valeurs ou autres choses qu’il trouve à son goût. Vient finalement l’égoïste moral qui agit purement et simplement pour ses propres intérêts, ne voyant l’utilité que dans tout ce qui peut lui servir, ignorant « la notion de devoir » au profit de son « bien-être personnel ».Ainsi, selon Kant, cette faculté d’avoir conscience du soi ; de se penser comme étant un sujet, marque la différence entre l’être humain et le reste du monde, faisant de ce premier une personne et les autres, les animaux inclus, des choses qui sont démunies de personnalité. De ce fait, il revient à l’être humain le droit de disposer de ces choses et d’en faire ce qu’il souhaite.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >