Anthropologie d’un point de vue pragmatique

par

L’étude des facultés

Ici, KANT va encore plus en avant dans son analyse sur l’homme et prouve qu’il est à bien d’égards une créature absolument exceptionnelle et supérieure à tous les autres créatures de la terre. Si la conscience qu’il a de lui-même est l’élément majeur qui différencie l’homme des animaux, les multiples facultés qu’il possède ne sont nullement à négliger. KANT en évoque plusieurs, notamment celles poétiques qui permettent aux artistes de susciter chez ceux qui les écoutent de l’émotion. Cependant, certaines facultés de l’homme l’aident particulièrement à s’adapter au milieu extérieur. La première n’est autre que la faculté de prévoir, qui constitue une forme d’anticipation permettant à l’homme de se projeter dans l’avenir, d’envisager comment faire face à un événement donné ou de l’éviter, ceci parfois sur la base d’événements passés qui lui servent d’élément de comparaison. C’est donc à juste titre que KANT dira qu’ « Il importe plus de posséder cette faculté qu’aucune autre, parce qu’elle est la condition de toute pratique des prévisions possibles, et le but auquel l'homme consacre ses forces. Tout désir implique la prévoyance (douteuse ou contraire) de ce qui peut le satisfaire. Le retour vers le passé (le souvenir) n'a lieu que dans le but de rendre par-là possible la prévision de l'avenir, puisqu’en général nous ne regardons autour de nous, du point de vue du présent, que pour en conclure quelque chose ou y être préparés. »

Kant évoque également la divination, mais s’applique plutôt ici à montrer les points de divergence existant entre prévision, prédiction, et divination : « La prévision, la prédiction, la divination, diffèrent en ce point que la première est une vision anticipée, fondée sur les lois de l’expérience (naturelle par conséquent), que la seconde est contraire aux lois connues de l’expérience (non naturelle par le fait), et que la troisième est une inspiration provenant d’une cause différente de la nature (surnaturelle donc), ou réputée telle. »

Enfin, KANT évoque brièvement les rêves, car selon lui le rêve correspond à une « fiction involontaire dans l’état de santé », un monde propre à chaque individu qui peut être influencé par les expériences qu’il vit pendant qu’il est en éveil. Le rêve est donc une représentation imagée de notre quotidien, de nos pulsions, et même de certains fantasmes. Ceci révèle que l’homme est aussi capable de faire preuve d’imagination. Car l’imagination ne se limite pas à créer les rêves, mais elle participe aussi au processus permettant à l’homme d’innover, de faire des découvertes et donc de faire avancer la société. Les animaux n’étant pas capables d’en faire autant, l’homme a donc ne nature différente de celle des animaux et leur est supérieur.

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