Antimémoires

par

Le goût du voyage et de la culture

Le goût du voyage a de touttemps forgé la personnalité de l’auteur : André Malraux a, depuis sonenfance, baigné dans une atmosphère de voyages et de découvertes. Avant depasser à la pratique en découvrant par lui-même de nombreux lieux au gré de sesvoyages, c’est tout d’abord par le biais de ses lectures et de son éducationqu’il entreprend ses premières escapades. En effet, à l’âge de dix-huit ans, ilse passionne pour l’étude des textes fondateurs de la culture orientale, telsque LaBhagavad-Gîtâ  ou  leTao Tö King. Son goût pour lalittérature se développe et se nourrit de la culture étrangère, et d’unpenchant grandissant pour l’exploration. Tout cela se fait d’une manière peuorthodoxe puisqu’il renonce très tôt aux bancs de la salle de classe pourcontinuer d’apprendre en autodidacte, loin des restrictions qu’impose lesystème scolaire de ce début de vingtième siècle. Cetteindépendance et cette soif du voyage auront tôt fait de lui faire connaître desœuvres littéraires éloignées des carcans du système éducatif. Il a également lacuriosité de toutes les formes d’art et de culture, ce qui le prépare à plongerau cœur de civilisations qui lui sont étrangères. Songoût pour les voyages ne cesse de croître et il trouve dans les musées de quoinourrir cet appétit. De galerie en galerie, il se cultive continuellement surles formes d’art et de représentations typiques de nombreuses régions du monde,en particulier la peinture et la sculpture, ce qui lui confère un bagageculturel considérable.

         Il finira parentreprendre de longs voyages avec son épouse,  qui le mènent vers de nombreuses destinations,notamment asiatiques. Et, de la même façon que ses lectures ont donné naissanceà sa soif de voyages, ses voyages ont entretenu son goût de l’apprentissage. Ilhabitera l’Indochine – sous domination européenne –, puis la Perse etl’Afghanistan entre autres, avant de poursuivre ses voyages en Afrique du Nord.Ces voyages donneront naissance à ses livres La Tentation de l’Occident puis plus tard, en 1953, au Temps du Mépris

« Bienque ma jeunesse ait connu l’Orient semblable à un vieil Arabe sur son âne dansl’invincible sommeil de l’Islam, les deux cent mille habitants du Caire sontdevenus quatre millions, Bagdad remplace par les canots automobiles les nassesde roseaux et de bitume où pêchaient ses paysans babyloniens, et les portes enmosaïque de Téhéran se perdent dans la ville, comme la porteSaint-Denis. »

Ainsi, dans sonœuvre, Malraux ne présente-t-il pas ses mémoires en suivant une chronologie desévènements, mais il procède par rapprochements thématiques. Il joint dans sontexte les souvenirs qui lui renvoient les mêmes impressions et qui luirappellent les mêmes sentiments.

Les Antimémoiresde Malraux sont donc un condensé de tous ses voyages et de toute son œuvrelittéraire. En effet, le voyageur, épuisé et terriblement affecté par delongues années de combat et de fatigue aussi bien physique que morale, embarquepour ce qui semble être son dernier voyage. Durant une escale à Port-Saïd, ilvisite un musée qui déclenchera en lui une envie monumentale de se souvenir, deraconter sa vie, mais de manière critique, en interrogeant le lecteur sur lafaçon et l’utilité du travail de mémoire. 

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