Antimémoires

par

L’enjeu d’une existence

André Malraux s’interroge longuement sur la pérennité de la vie humaine. Il ne nie pas l’existence du souvenir des hommes après leur passage, mais il propose une thèse selon laquelle ce n’est pas une personne ou ses traits individuels, mais bien la façon dont elle influence le monde qui l’entoure qui constitue un souvenir. A partir de là, la réflexion de l’auteur s’étend sur l’ensemble du genre humain et plus uniquement sur ses mémoires. Aux yeux de Malraux, il ne suffit plus d’être l’architecte de sa propre existence, il faut également se dévouer à l’Humanité. Il faut influer sur le monde de façon positive pour que qu’il se souvienne de nous après notre mort.

L’humanisme des Antimémoires peut ainsi se ressentir dans le fait que Malraux ne s’arrête pas à une réflexion personnelle, mais l’élargit au genre humain tout entier. Il cherche à comprendre ce qui fait l’homme, au travers de sa propre expérience prise à témoin : « Ce qui m’intéresse dans un homme quelconque et en moi, c’est la condition humaine ; dans un grand homme ce sont les moyens et la nature de sa grandeur ; dans un saint le caractère de sa sainteté. Et quelques traits, qui expriment moins un caractère individuel qu’une relation particulière avec le monde». Son œuvre, par là, semble vouloir être le reflet d’une anthropologie plutôt que d’un travail de mémorialiste. L’auteur manifeste d’ailleurs une grande confiance en l’humanité puisque, malgré les...

Inscrivez-vous pour continuer à lire L’enjeu d’une existence >

Dissertation à propos de Antimémoires