Au rendez-vous allemand

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Résumé

Au rendez-vous allemand est une œuvre publiée en 1945. Elle est composée dedifférents poèmes que Paul Éluard a rédigés durant la Seconde Guerre mondiale,le plus souvent clandestinement. Ils ont été réunis après la Libérationfrançaise.

Paul Éluard est une figureemblématique de la première moitié du XXème siècle, et sa poésie est devenue unsymbole de la résistance française. La liberté est un de ses thèmes deprédilection. Le style de Paul Éluard est raffiné, clair, et il se veuttoujours honnête. Dans ce recueil, il publie des poèmes traitantessentiellement de la Seconde Guerre mondiale, et notamment de l’Occupationallemande. Il rend hommage aux résistants et dénoncent les collaborateurs. Au rendez-vous Allemand est avant toutun recueil des idées et opinions de Paul Éluard sur cette période del’histoire, puisque certains des poèmes qui le composent ont été rédigés durantle conflit.

Beaucoupdes poèmes sont écrits sur un ton élogieux ; Paul Éluard fait surtout l’élogedes héros de la résistance. Parmi ces poèmes figure notamment « GabrielPéri », rédigé après la mort de cet homme. Il décrit Gabriel Péri comme unhomme qui ne pouvait se défendre que pacifiquement. À travers ce poème,l’auteur mène une lutte contre l’oubli du héros, « mort pour ce qui nousfait vivre ». Ces mots renvoient également au travail de Gabriel Péri, quiétait journaliste et qui avait donc pour mission de faire vivre l’informationet le savoir, de les rendre éternellement accessibles. Ce poème constitue unvéritable éloge de cet homme, comme on le constate quand il déclare vouloir fairefigurer le nom de Péri parmi « Certains mots [qui] font vivre ». Il metle nom de Péri aux côtés de ceux de « chaleur », « confiance », « amour », « justice » et« liberté ». Le poète considère le défunt comme son« frère » et « son camarade ». À travers son poème, PaulÉluard exprime sa gratitude pour Péri, car selon lui « nous nousconnaissons mieux » grâce à son sacrifice. Il y présente la mort commeinjuste et intolérable. Gabriel Péri est érigé en martyr, Éluard en fait une figureemblématique des résistants.

Mais Paul Éluard aégalement publié des poèmes dans lesquels il dénonce et critique le comportementde certains Français comme dans « Un petit nombre d’intellectuels françaiss’est mis au service de l’ennemi » et « Comprenne qui voudra ». Toutefois,il n’y critique pas les Français pour les mêmes raisons. Dans ce dernier poème,il décrit la scène d’une femme tondue après l’Occupation allemande. Il y livreson sentiment d’indignation envers les Français, notamment face à leurcomportement violent envers les femmes qui avaient fréquenté des Allemands. Eneffet, ce poème porte sur la tonte des femmes qui avaient collaboré ou avaiententretenu des relations avec l’ennemi lors de l’Occupation. Ce poème se démarquedes autres textes du recueil car Paul Éluard n’y exprime pas sa haine pour lesAllemands ; l’unique sentiment qu’il y exprime est sa compassion enversles femmes tondues, qu’il présente comme des « victimes » – d’abord desnazis – « bête prise au piège des amateurs de beauté » – mais aussi desFrançais, à cause de qui telle femme déchue « resta sur le pavé ». Ilrappelle que selon lui ce sont les nazis qui devraient être punis pour avoircouvert « du noir crachat des ténèbres » une femme « souilléequi n’a pas compris qu’elle a été souillée ». Aussi, selon le poète, ce sontbien les Français qui ont « découronné » et « défiguré » lafemme tondue présentée dans le poème, et qui l’ont ainsi rendue semblable à unemorte.

         Parmi les autres poèmes qui figurent dans le recueil, ontrouve des descriptions de l’Occupation allemande. Dans « ChantNazi » par exemple, Éluard décrit le comportement des Allemands. Dans « Courage »,c’est la situation de la ville de Paris lors de l’Occupation allemande qui estdépeinte. La ville y est présentée comme une victime et Paul Éluard décrit lesmaux dont elle souffre. Tout d’abord, on apprend que la ville est touchéematériellement par l’Occupation : elle « a mis de vieux vêtements devieille » et « dort debout sans air ». Toutefois, derrière cetteallégorie, le poète tente de décrire la misère des habitants de Paris, des« travailleurs affamés » et « pauvres ». Il y décrit lesrestrictions qui ont touchés les Parisiens, désormais privé « de marronsdans la rue ». Cependant, le poète fait avant tout l’éloge de la ville deParis, la comparant à une « étoile », la décrivant « fine commeune aiguille, forte comme une épée » et comme une entité qui ne« supporte pas l’injustice ». Paul Éluard attribut donc à la villedes caractéristiques humaines et considère qu’elle partage les mêmes valeursque les résistants. Il dit d’ailleurs que c’est « un matin de Paris »qu’arrivera « la pointe de la délivrance ». Paris est donc érigée enfigure de la résistance, comme le serait un homme.

         Beaucoup de poèmes parus dans Au rendez-vous Allemand sont empreints d’espoir, comme« L’Aube dissout les monstres », « Bientôt », ou encore« Liberté ». Ce dernier poème est d’ailleurs une véritable ode à lanotion que met en avant son titre. C’est également une provocation face augouvernement allemand totalitaire. Dans ce poème, Éluard fait référence à laliberté à chaque strophe, déclamant qu’il écrit son nom sur des supports réels,comme ses « cahiers d’écoliers » ou encore « les armes desguerriers », mais aussi sur des supports imaginaires, comme « lesmerveilles des nuits ». Le mot « Liberté » n’apparaît cependantqu’une seule fois : à la fin du poème.

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