Blanche ou l'oubli

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Résumé

Blanche ou l’oubli est une œuvre du poète, journaliste et romancier français Louis Aragon et plus précisément un roman qui fut publié en 1967. Cette œuvre s’axe autour du souvenir, de la mémoire et des rencontres dont on se souvient, et de celles que l’on oublie, des thèmes récurrents liés à l’âge que l’auteur avait à l’époque, car cette œuvre fut sa dernière.

De nombreuses allusions à d’autres de ses œuvres parsèment le texte, que ce soit à travers des personnages de passage dans le passé des deux narrateurs ou via des citations.

 

Dans ce roman, on retrouve l’idée de l’auteur selon laquelle le souvenir est passé, et qu’il ne peut en aucune manière faire l’objet d’une quelconque reconstitution, malgré la mémoire. Il utilise plusieurs narrateurs pour multiplier les expériences, justifier son idée et donner de nombreux exemples de souvenirs. Il s’oppose ainsi à l’idée de Proust et de sa madeleine, symbole du souvenir d’enfance dont on se souvient toute sa vie et dont on peut reconstruire la réalité. Il estime que si le souvenir ne peut être fidèle au passé dans sa précision, on peut toutefois le rechercher et ce qui compte selon l’auteur est davantage le chemin de la reconstitution de ce souvenir que le résultat en lui-même.

 

Le premier narrateur est un homme nommé Geoffroy Gaiffier, un retraité ; il exerça le métier de linguiste et de traducteur. Geoffroy réfléchit aux raisons de l’échec amoureux qu’il a vécu avec son ex-femme, qui s’appelle Blanche. Il veut comprendre ce qui n’a pas marché, car sa femme l’a quitté depuis longtemps au moment de la narration (dix-huit ans), et il essaie, par sa mémoire, de reconstituer un personnage proche de cette femme, qu’il nomme Marie-Noire, « Noire » étant donc opposée à « Blanche ». Cette jeune femme qu’il construit est une suite d’hypothèses et de situations destinées à comprendre ses choix et leurs conséquences, afin de faire des recherches sentimentales.

Peu à peu Marie-Noire prend sa place dans la narration et va devenir narratrice au bout d’un moment. À la fin de cette partie, on ignore si c’est elle qui imagine Geoffroy, ou lui qui l’imagine encore. On voit apparaître la notion de double narratif et cela rejoint le double qui est évoqué par l’auteur comme étant présent dans chaque esprit, dans une sorte de schizophrénie du souvenir. Mais le récit s’interrompt pour reprendre par le biais de Marie-Noire, et l’on ne sait plus quel est le récit principal et quel est le récit secondaire.

Marie-Noire alors reprend l’intrigue de son point de vue (avec des marques de subjectivité telles que des ”je”, des ”j’ai vu, j’ai fait”) et entremêle son passé avec les histoires de Geoffroy au travers d’un long monologue intérieur.

Ces deux personnages se mélangent petit à petit à mesure que l’on comprend qu’ils s’imaginent et se sont peut être rencontrés. On se demande qui imagine et qui comprend l’autre.

Marie-Noire expose progressivement ses souvenirs, et ceux de Geoffroy au point où l’on se demande si tous deux n’ont pas été réels et non le fruit de l’imagination l’un de l’autre. Elle remplace Blanche pas à pas, bien que les recherches de Geoffroy, ses souvenirs et ce travail ne fassent pas beaucoup avancer sa réflexion. Il reste englué dans sa mélancolie, cet amour quasiment aveugle qu’il finit par regretter.

Elle finit par s’effacer, comme indépendante de son esprit, et par le quitter : Geoffroy est seul encore une fois et se confronte donc à lui-même, comme si sa créature avait pris son envol. Il ne comprend toujours pas son passé, peine à l’analyser.

Peu de temps après, Geoffroy semble avoir une révélation et croit apercevoir Blanche à l’occasion d’une courte entrevue ; il lui parle, lui pose des questions, et une conversation assez décousue a lieu entre eux, avant qu’elle ne parte rejoindre l’homme qui l’attend à l’extérieur de la maison. On se rend compte que cette vision que Geoffroy tient pour réelle est plutôt une hallucination, le fruit de son désir, mis en image par la métaphore des « cendres chaudes de l’oubli ».

La fin du roman voit revenir Marie-Noire, qui existait réellement dans le sens où elle meurt, assassinée par un amant. Geoffroy l’apprend et en est très triste, se sent terriblement seul et malheureux face au monde, à son passé, ses souvenirs. Il est obsédé par une voix qui lui trotte dans la tête sans qu’il ne puisse s’en défaire, qui lui rappelle sa douleur. 

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