Cabot-Caboche

par

Une fable

Le roman de Daniel Pennac remplit certaines caractéristiques de la fable:

– L'histoire fait intervenir des animaux, ils ont même une place prépondérante dans le texte; mais aussi des êtres-humains, tout cela conté d'une manière narrative. De plus les animaux parlent entre eux, s'expriment et adoptent même des caractéristiques humaines. Par exemple avec les caprices de Le Chien pour manger sa soupe, ou encore le dîner chez les chats: ''L'italien'' et ''L'égyptienne'', la visite au cimetière, l'amitié entre le Hyéneux et Le Chien: on appelle ça la transposition.

– Le récit. Le texte est en effet découpé en plusieurs chapitres. Le plus souvent ces chapitres font intervenir les dialogues, mêlant style direct et indirect. Ces chapitres sont nombreux et courts, ils représentent des anecdotes, une morale … Ici nous avons le plus souvent le parcours de Le Chien, et son apprentissage de la vie. Les morales sont nombreuses et diverses: les conseils de ''Gueule Noire'' avec par exemple : «l'hésitation est l'ennemie mortelle du chien», les images que Le Chien

se fait des êtres humains: ce qu'il faut faire, ou ne pas faire, la volonté et la persévérance lorsque Pomme marchera longtemps pour obtenir ce qu'elle désire: se réconcilier avec Le Chien, ce qui soulève la notion d'effort; quand on veut, on peut.

– Les thèmes abordés dans le texte. Nous avons de vives critiques de la société humaine, avec les horribles façons de traiter les animaux dans les fourrières, ou bien encore l'abandon des animaux, lorsque Le Chien sera délaissé par Pomme, puis par le Grand Musc qui voudra s'en débarrasser.

Le thème de l'amitié est également abordé lorsque tous les chiens et chats viendront aider Le Chien à mener à bien son plan de révolte contre l'Homme.

– Une référence forte envers ''La Fontaine'' et ses fables. En effet celui-ci se sert parfois d'animaux pour instruire les Hommes. Daniel Pennac a voulu s'en inspirer et cela se remarque dans son roman. Nous avons des inversions sur le rapport entre Hommes et Chiens: «Pomme est une bonne maîtresse, je l'ai bien dressée!», et plusieurs fois tout au long du récit l'idée est reprise comme quoi c'est aux chiens de dresser leur maître, assez paradoxal.

L'emprise de Le Chien sur Pomme. Celui-ci arrive à se faire désirer, à apprendre à la petite fille qu'il ne faut pas traiter un chien de cette manière. Celle-ci l'aura bien compris: «[…] t'as raison, j'ai été méchante, égoïste, idiote, je t'ai fait souffrir, je t'ai abandonné…». Il est amusant et intéressant de voir Le Chien apprendre à sa maîtresse qu'il ne faut pas agir de la sorte. C'est à nouveau un inversement, puisqu'en réalité, ce sont les Hommes qui sont censés éduquer leur chien.

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