Cent ans de solitude

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Résumé

C’est dans le brouillard d’un passé lointain qu’est fondé le village colombien de Macondo, perdu dans la solitude désolée du continent sud-américain. Plusieurs familles ont traversé des jungles touffues et des plaines arides pour le fonder, sur les bords d’un marais. C’est José Arcadio Buendia qui les menait, accompagné de son épouse Ursula, qui est aussi sa cousine. Ils ont quitté leur village natal car José Arcadio a tué son ennemi, Prudencio Aguilar, dont le fantôme le tourmente sans cesse depuis ; aussi le couple a-t-il décidé de fuir, entraînant avec lui les fondateurs de ce qui deviendra Macondo. Le couple de cousins aura deux fils, José Arcadio et Aureliano, et une fille, Amaranta. Dieu merci, aucun n’est affublé d’une queue de cochon, comme cela arrive, selon une légende locale, quand un enfant est issu d’un inceste.

José Arcadio Buendia, devenu chef du village, est un personnage étrange. C’est un solitaire qui se jette à corps perdu dans des projets insensés soutenus par des théories scientifiques fumeuses. Il passe d’une passion à l’autre, et n’aime rien tant que découvrir les nouveautés qu’apportent les gitans qui chaque année traversent le village, menés par le massif Melquiades. Grâce à eux les villageois découvrent des merveilles du monde lointain : des aimants, un pain de glace, des tapis volants… Entre Melquiades et José Arcadio va naître une profonde amitié, le gitan guidant le paysan visionnaire dans ses quêtes étranges, comme celle de la pierre philosophale. Melquiades finira ses jours dans la maison des Buendia, enfermé dans une pièce où il noircira des centaines de parchemins au contenu mystérieux que seul le dernier des Buendia parviendra à déchiffrer.

Macondo croît, et José Arcadio s’enfonce dans sa solitude et sa vie intérieure. Sa quête impulsive et permanente de connaissance le pousse peu à peu vers la folie : coupé du monde, il ne parle plus que latin, et sa famille décide, pour mettre fin à ses errances, de l’attacher à un arbre du jardin. À l’abri d’un méchant auvent de palmes, il passe là ses dernières années, visité seulement par le prêtre et le fantôme de Prudencio Aguilar. Pendant ce temps, Ursula règne sur la maison, comme elle va le faire pendant près de cent ans. Elle élève leurs trois enfants et en recueille une de plus, Rebecca. En grandissant, Rebecca et Amaranta, élevées côte à côte, vont connaître une terrible rivalité quand Pietro Crespi, bel Italien professeur de piano, fait son entrée dans la vie du village. Toutes deux le convoitent, aucune ne l’aura. Amaranta ne se mariera jamais, et Rebecca épousera José Arcadio, une fois celui-ci revenu d’un long périple qui l’aura mené autour du monde.

Aureliano quant à lui va d’abord tomber amoureux de Remedios, femme-enfant qui n’aura pas le temps de grandir. Ce philosophe paisible va se transformer en farouche combattant, poussé à la révolte par les criantes injustices sociales de son temps, et devenir le colonel Aureliano Buendia, chef de dizaines d’insurrections, guérillero légendaire et redouté. Après des années de lutte, il est devenu un héros national qui, écœuré par la récupération de ses victoires par les politiciens affairistes, a perdu toute capacité d’émotion et de mémorisation ; le temps n’existe plus pour lui. Il finit par s’enfermer dans son atelier d’orfèvrerie où il fabrique inlassablement des centaines de poissons en or. Entretemps, il aura semé la graine des Buendia dans tout le pays et engendré dix-sept fils, tous prénommés Aureliano. Pour sa part, José Arcadio, l’aîné, a fait un enfant à Pilar Ternera avant de suivre une belle gitane autour du monde. À son retour, il épouse Rebecca, et tous deux s’installent dans une habitation à l’écart, près du cimetière. Quant son frère Aureliano est sur le point d’être fusillé, il lui sauve la vie. Quelques jours plus tard, il est abattu d’un coup de fusil. De ce jour, Rebecca se cloître dans leur maison, et y mourra des décennies plus tard, rayée de la mémoire de la famille et du village.

Pilar Ternera donne deux enfants aux Buendia : Arcadio, fils de José Arcadio, et Aureliano José, fils du colonel Aureliano Buendia. José Arcadio, intelligent et avide de pouvoir, se mue en dictateur du village quand son oncle, le colonel, le charge d’administrer Macondo. Il se montre violent et injuste, au point d’être renié par tous les siens, même Ursula. Il finit fusillé. Aureliano José, lui, accompagne son colonel de père à la guerre, tout en cultivant un amour incestueux pour sa tante Amaranta. Il épouse Sainte Sophie de la Piété, qui lui donne trois enfants : Remedios la Belle, et deux jumeaux : José Arcadio le Second et Aureliano le Second, avant qu’il ne soit tué par des militaires à la solde des conservateurs. Sainte Sophie de la Piété va passer des années à élever ses enfants et à s’occuper de la maison des Buendia, avant de quitter la maison et de prendre la route, au seuil de la mort. Remedios la Belle est une innocente dont la beauté à couper le souffle pousse les hommes à la folie et à la mort. Inconsciente de son pouvoir, elle est une sorte d’ange pur qui, un jour, s’élève dans le ciel en une assomption digne d’une sainte.

Au fil des années, Macondo est devenu prospère, le chemin de fer est arrivé au village et une compagnie bananière américaine s’est installée, exploitant la terre et les hommes. José Arcadio le Second est maigre et osseux, comme son grand-père le colonel. Ce lettré friand de combats de coqs devient le meneur des travailleurs de la plantation quand ceux-ci se révoltent contre la compagnie. Mais le mouvement est réprimé avec la dernière brutalité : trois mille personnes sont passées à la mitrailleuse, leurs corps jetés à la mer, et le crime est effacé des mémoires par l’Histoire officielle. José Arcadio le Second est le seul survivant, dernier témoin que personne ne croit. Il décide alors de mener une vie recluse en s’enfermant dans la chambre de Melquiades où il s’attelle, oublié de tous, au déchiffrage des manuscrits. En revanche, Aureliano le Second est un hédoniste qui dévore la vie à pleines dents. Il la partage entre sa maîtresse Petra Cotes, courtisane experte dans les choses de l’amour, et sa glaciale et superbe épouse, Fernanda del Carpio : élevée comme une princesse de sang, elle est bigote, rigide, et va diriger la maison des Buendia, supplantant même l’omniprésente matriarche Ursula, devenue aveugle sans que le monde s’en soit aperçu. Le couple a trois enfants : Renata Remedios, surnommée Meme, José Arcadio et Amaranta Ursula.

La féroce répression de la grève ouvrière est suivie de quatre années de pluies diluviennes et ininterrompues : Macondo ne s’en remettra pas. La compagnie bananière quitte les lieux, les terres sont inondées, les maisons pourrissent, y compris la belle demeure des Buendia. Le petit José Arcadio sera pape, ainsi en ont décidé Fernanda et Ursula. L’enfant est inondé d’eau de fleur, élevé dans les règles de l’Église et envoyé au séminaire, puis à Rome. Fernanda tente de faire de Meme la fille idéale : pieuse, bien éduquée, experte au clavecin. Mais la nature joyeuse et pleine de vie de la jeune fille, qui ressemble tant à son père, la pousse dans les bras de l’amour, en l’occurrence ceux d’un bel ouvrier, Mauricio Babilonia. Quand elle découvre l’affaire, Fernanda fait abattre le jeune homme, qui finira ses jours paralysé, et enferme la gaie jeune femme dans un sombre couvent. Mais leurs amours illicites ont eu un fruit : Aureliano, que Fernanda cloître dans la maison des Buendia. Le monde ignore tout de l’enfant, qui ignore tout du monde. Il grandit seul, s’instruit en autodidacte et à dix-neuf ans il possède un savoir encyclopédique sans jamais avoir franchi les murs de la maison. C’est à cette époque que disparaît Ursula, dernière témoin de la naissance de la dynastie et du village. Quand Fernanda meurt à son tour, le petit José Arcadio revient : celui qui devait devenir pape a mené une vie de stupre peuplée de rêves troubles, hantée par le souvenir incestueux de sa vieille tante Amaranta. Le jeune homme cohabite avec Aureliano, qu’il méprise car c’est un bâtard. Il finira noyé par de jeunes compagnons de débauche.

C’est alors qu’Amaranta Ursula revient au village. Mariée à un Belge, elle est gaie, pleine de vie, d’une sensualité insatiable. Elle veut restaurer la maison des Buendia mais ses efforts seront vains. Après une lutte farouche contre lui-même, Aureliano séduit la jeune femme, dont il ignore qu’elle est sa tante. Leurs amours torrides et incestueuses sont accompagnées par la déconfiture finale de la maison, dévorée par les termites et les fourmis rouges. En donnant naissance à un fils affublé d’une queue de cochon, Meme meurt. Quand Aureliano revient à lui après une nuit passée à boire, il voit le corps du nouveau-né emmené par les fourmis carnivores, au pied de l’arbre où était attaché José Arcadio Buendia, le fondateur de la dynastie : le dernier Buendia meurt où est mort le premier. Le drame est consommé : réfugié dans la chambre de Melquiades, alors que hurle le vent qui abat la maison et le village, Aureliano parvient à déchiffrer enfin les manuscrits codés et rédigés en sanskrit : le vieux gitan avait prédit le destin des Buendia, ces cent années au cours desquelles le temps semble avoir formé une grande boucle. Aureliano disparaît avec la maison ancestrale, seul, comme ses ancêtres.

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