De la brièveté de la vie

par

La durée de la vie

Dès le premier paragraphe, l’auteur nous montre qu’il s’agit d’un dialogue, la marque de l’éducation oratoire, entre lui et Paulin. Il souligne le reproche que les hommes adressent à la nature concernant le temps de vie sur terre. En d’autres termes, les hommes estiment que la durée de leur vie est insuffisante. Ce reproche montre également la crainte que les hommes ont de la mort. Sénèque constate que cette peur est étendue à toutes les couches sociales. Il souligne à cet effet : « Cette disgrâce commune à ce qu'on pense, n'a point fait gémir la foule seulement et le vulgaire insensé : même à d'illustres personnages ce sentiment a arraché des plaintes. De là cette exclamation du prince de la médecine : La vie est courte, l’art est long » (P.2). L’auteur estime néanmoins que le fait que les êtres humains craignent de mourir constitue un atout, car cette crainte peut parfois les amener à se dépasser. La nature est assez clémente, car elle donne à chacun le temps nécessaire. Ce sont les hommes qui font un mauvais usage de leur vie : « la vie est assez longue; elle suffirait, et au-delà, à l'accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés » (P.2). La plupart des hommes considèrent que la vie est courte parce qu’ils mènent une existence caractérisée par la paresse et les plaisirs. Ils ne font pas un bon usage des moments que la nature leur donne. Pour l’auteur, quand vient le temps de s’en aller, ils sont envahis par un millier de sentiments, car ils ont mal géré leur temps ; ils se rendent compte qu’ils n’ont pas réalisé de nombreux projets. Ce constat le pousse à dire que ce sont les hommes qui rendent leurs vies courtes, car tout au long de celle-ci « les vices les entourent et les pressent de tous côtés » (P.2). En d’autres termes, nous choisissons de mener une vie courte tandis que la durée que la nature nous a allouée est longue. Ce paradoxe naît du fait que nous sommes dominés par nos passions. Il en ressort que la faute incombe aux hommes, car ils font une mauvaise gestion du temps. C’est nous qui rendons l’existence longue ou courte à travers notre mode de vie. En fait, notre vie est le résultat de notre expérience. Et notre expérience, parce qu’elle est basée sur les plaisirs, nous pousse souvent à penser que notre existence est courte. Lorsque nous choisissons de mener une vie de plaisirs, ne la justifions-nous pas souvent avec la phrase suivante : « La vie est courte, il faut en profiter » ? Il convient de rappeler que l’auteur est un stoïcien. Par conséquent, il estime que la plainte des hommes envers la nature provient de leur ignorance, car selon la doctrine stoïcienne, questionner les choses qui ne dépendent pas de nous, c’est nous rendre nous-mêmes malheureux. Il s’étonne donc que les hommes se plaignent de la nature sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

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