De la brièveté de la vie

par

La durée ou le temps

En se comportant ainsi, les êtres humains démontrent leur perception irrationnelle du réel ; une des preuves de cette perception erronée est que l’homme a souvent tendance à se prendre pour un immortel : « Mortels vous vivez comme si vous deviez toujours vivre. Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence ; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé ; et vous le perdez comme s'il coulait d'une source intarissable, tandis que ce jour, que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire, est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels ; à vos désirs on vous dirait des immortels» (P.4). Ce mode de pensée apparaît dans notre quotidien, car les hommes, par le biais des nouvelles technologies, cherchent à repousser, à retarder, et même à détruire les effets du temps sur notre existence. C’est une des raisons pour laquelle les hommes remettent sans ambages à demain ce qu’ils auraient pu faire le jour même. Une fois de plus, le paradoxe survient dans nos actions, car nous voulons influencer ce qui ne dépend pas de nous. L’auteur, ce faisant, semble faire une caricature du comportement humain, car il en souligne le caractère dérisoire, ridicule. Il nous invite donc à une nouvelle conception du temps. Il veut nous faire quitter la doxa et les méandres des passions qui la caractérisent pour nous mener vers l’épistèmê et une conception saine du temps. Il appelle les êtres humains à une prise de conscience : « Voilà la vérité : nous n'avons point reçu une vie courte, c'est nous qui l'avons rendue telle » (P.2). Il veut réévaluer leur conception et leur perception du temps. Cette réévaluation amène l’homme à être responsable...

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