De la nature humaine

par

L’Homme : somme des facultés du corps et de l’esprit

Dès les premières pages du traité, il est fait état de la
volonté de Hobbes d’aboutir à une science des relations humaines qui serait
au-delà de toutes contestations. Afin de donner jour à cette science exacte,
l’auteur définit l’Homme comme la somme de deux ensembles de facultés.

À partir de cette conception simpliste de la nature humaine,
Hobbes énumère les facultés dérivées du corps et celles qui relèvent de
l’esprit de chaque Homme. Bien qu’il n’y ait pas de doute quant au fait que
l’Homme est la somme du corps et de l’esprit, l’on peut tout de même relever le
paradoxe qui consiste à réduire l’expression de la nature humaine à un agencement
de facultés indépendantes.

« La
nature de l’homme est la somme de ses facultés naturelles, telles que la nutrition,
le mouvement, la génération, la sensibilité, la raison, etc. Nous nous
accordons tous à nommer ces facultés naturelles ; elles sont renfermées dans la
notion de l’homme que l’on définit un animal raisonnable […] D’après les deux
parties dont l’homme est composé, je distingue en lui deux espèces de facultés,
celles du corps et celles de l’esprit. »

Au moment de la rédaction de ce traité, le cerveau est
considéré comme le siège de la raison, tandis que le cœur est le siège des
émotions est le cœur. Ainsi, selon la conception de Thomas Hobbes, il suffit
d’analyser les mouvements du corps à l’intérieur des organes ou l’action des
objets extérieurs sur le cerveau pour comprendre et expliquer la nature des
sentiments, des passions, des plaisirs, et ainsi de suite. Le traité De la nature humaine tend donc à
analyser l’Homme comme une somme de mouvements et d’interactions mécaniques,
explicables et analysables, et à retirer à l’humanité toute imprévisibilité.

Le philosophe va jusqu’à expliquer par les mêmes phénomènes
les différences observables entre les caractères, les facultés et les talents
de différents individus. Les mouvements de substances contenues dans le cerveau
seraient communiqués au cœur, et donneraient lieu à la manifestation du
caractère et des passions.

« En
effet, la sensualité consiste dans les plaisirs des sens, qu’on n’éprouve que
dans le moment ; ils ôtent l’inclination d’observer les choses qui procurent
de l’honneur, et par conséquent font que les hommes sont moins curieux ou moins
ambitieux, ce qui les rend moins attentifs à la route qui conduit à la science,
fruit de la curiosité, ou à tout autre pouvoir issu de l’ambition : car
c’est dans ces deux choses que consiste l’excellence du pouvoir de connaître ;
et c’est le défaut absolu de ce pouvoir qui produit ce qu’on nomme
stupidité ; c’est la suite de l’appétit des plaisirs sensuels, et l’on
pourrait conjecturer que cette passion a sa source dans la grossièreté des
esprits et dans la difficulté du mouvement du cœur. »

Dans son analyse de la nature humaine, Hobbes classe les
facultés humaines dans deux catégories : les facultés naturelles et les produits
de la liberté humaine. Cette « liberté » dont il est question pour
Hobbes comprend les passions – ces même passions qui ne peuvent faire l’objet
de la science exacte des relations humaines du philosophe, uniquement parce
qu’elles relèvent du « mouvement que
l’on nomme vital »
.

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