Derniers vers

par

Pierre de Ronsard

Pierre de Ronsard est un poète français né en 1524 au château de la Possonière près de Couture-sur-Loir en Vendômois (actuellement dans le Loir-et-Cher). Son père, un gentilhomme au service de Louis XII puis de François Ier, était lui-même féru de poésie. À un jeune âge il est confié à un précepteur qui lui fait découvrir les auteurs latins. Plus tard dans ses vers on apprendra que le jeune Pierre à douze ans versifiait déjà. Il devient vers cette période le page de dauphins et de princesses royales, ce qui le mènera à voyager jusqu'en Écosse. Un écuyer lui fait découvrir les poètes latins dont Virgile et Horace. Alors qu’il envisage une carrière diplomatique il devient presque sourd à la suite d’une maladie, ce qui le pousse vers la carrière ecclésiastique ; il reçoit ainsi la petite tonsure des ordres mineurs. Pendant sa convalescence il a pu découvrir les auteurs français dont Clément Marot (1496-1544).

Assistant un diplomate, il avait rencontré le fils de celui-ci, Antoine de Baïf (1532-1589), avec lequel il fréquente le collège de Coqueret où il étudie la littérature grecque auprès de l’helléniste Jean Dorat. Il découvre aussi les auteurs italiens  – Pétrarque, Boccace, Dante –, apprend les procédés littéraires et s’initie à l’alexandrin. Découvrant un nouveau monde de raffinement il se détourne des auteurs français. Il rencontre Joachim du Bellay (1522-1560) en 1547. Ayant présenté au poète Jacques Peletier du Mans (1517-1582) des odes horaciques, il voit l’une d’elles publiée dans les Œuvres poétiques de celui-ci. Avec Peletier du Mans et plusieurs autres poètes dont Étienne Jodelle, Du Bellay, Du Baïf ou Pontus de Tyard entre autres, il appartient au groupe de la Brigade, qui deviendra la Pléiade. Ces auteurs sont réunis autour d’une même volonté d’imiter la veine italienne, qui commence avec Dante et Pétrarque plus de deux siècles auparavant, mais encore de la dépasser pour créer une poésie en français digne de celle des Grecs et des Latins. Contre les latinisants, qui ne pensent pas le français digne d’un grand art, Du Bellay publie en 1549 le manifeste du mouvement, Défense et illustration de la langue française. Comme lui Ronsard s’attachera à enrichir la langue poétique française en employant un vocabulaire très varié, parfois issu de jargons, et ce d'abord par souci d’employer le mot juste.

Après le recueil L’Olive de son ami, Ronsard illustre à son tour cette nouvelle poésie avec les quatre premiers livres de ses Odes qui paraissent en 1550 – le cinquième sera publié en 1552. Il y est clair que le jeune poète veut renouveler la poésie française, car il ensemence ses odes de mythes, de métaphores gréco-latines, d’allusions savantes qui contrastent avec les épîtres, épigrammes et rondeaux des poètes traditionnels du temps. Dans la veine d’Horace et de Pindare, Ronsard se veut ainsi « le premier auteur lyrique...

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