Derniers vers

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Résumé

« À son âme »

Ronsard surprend; ce poème est à la fois très lucide sur l’imminence de la mort, et très légeret drôle. Si les quelques vers centraux peuvent sonner comme des verspathétiques (Ronsard dénonce la fragilité de son âme par rapport à la rigueurglaciale du monde des morts), leur impact est totalement atténué par ce qui lesentoure. Dans les premiers vers, Ronsard fait une description amusante etbadine de son âme, de même que dans les derniers, il conclut par un éclat d’humour(il répudie son âme en lui expliquant qu’il a besoin de dormir). Puisque la légèretéencadre le poème, qu’elle l’ouvre et le ferme, c’est cette tonalité qu’onretient.

 

« Ah longues nuits d’hiver »

Ronsardcompose ici un sonnet d’une facture formellement classique et régulière. Si leton est moins léger que dans la précédente pièce, Ronsard fait quand mêmepreuve d’un certain amusement puisque c’est un jeu de mots qui semble être àl’origine de ce sonnet. Ronsard met sur le même plan le sommeil réel, que lamaladie lui empêche de trouver depuis un long moment, et le sommeil imagé quiest la mort. Ce poème nous exprime aussi la souffrance de Ronsard, qui paraîtsincèrement désirer la mort.

 

« Donne-moi tes présents »

Ce poèmeest très proche du précédent. C’est également un sonnet et Ronsard y ditglobalement la même chose, mais avec plus de précision. Il décrit en outre ici avecironie les remèdes que la médecine lui a imposés, en vain. Sa lassitude demalade harassé n’en est que plus palpable.

 

« Il faut laisser maisons et vergers et jardins »

Toujourssous la forme régulière du sonnet classique, Ronsard nous offre son chant ducygne (image qu’il utilise dans le poème). Ce poème nous permet de mieuxcomprendre l’espèce de sérénité insolente qui domine ces mots de moribond.Ronsard estime avoir assez vécu, autant en quantité qu’en qualité. En outre,comme il est persuadé d’avoir bien vécu, il est persuadé d’obtenir son salut.C’est avec joie qu’il quitte son corps « pour n’être qu’un esprit ».Le fait que nous soyons toujours en train de lire ses œuvres aujourd’huilégitime en quelque sorte cette paix intérieure. Le corps s’est décomposé, maisl’esprit, en effet, perdure.

 

« Je n’ai plus que les os »

C’est unefois de plus un sonnet classique, où Ronsard se livre à un autoportrait sansconcession. Il contemple son propre corps et constate qu’il est déjà mort.Puisqu’il a déjà tous les atours du cadavre, il estime qu’il ne peut plus êtresauvé. Pour la première fois parmi les poèmes évoqués jusqu’ici, Ronsard nes’adresse plus seulement à lui-même, à son âme, à la mort ou à Dieu, mais à sonentourage, à ses amis. Ce poème donne l’impression qu’il a pour but de consolerson entourage réel. Ronsard, se décrivant comme un mort, minimise l’importancede son décès : il ne fait, si l’on suit cette logique, que réaliserconcrètement une chose présente en lui abstraitement, et ce ne serait pas utilede le pleurer. « Je n’ai plus queles os » confirme son statut d’invitation à ne pas pleurer quand onvoit sur quelle remarque triviale et drolatique il se boucle : « Jem’en vais le premier vous préparer la place. »

 

« Méchantes nuits d’hiver »

Trèslogiquement, ce poème apparaît comme une variation autour du même thème que « Ah longues nuits d’hiver ». Sila démarche est en tout point identique (réclamer le sommeil éternel commeremède suprême à l’insomnie), Ronsard fait une description différente des« nuits ». Elles sont ici personnifiées et incarnées dans la peau defigures maléfiques de la mythologie.

 

« Pour son tombeau »

La pièce estun sizain aux rimes suivies sous la forme d’une épitaphe rédigée par le poètepour lui-même. Voilà un moribond prévoyant ! Ronsard s’amuse avecdifférentes entités imaginaires et organise un combat entre sa muse et sa mort.Nous ignorons si cette épitaphe a un jour réellement été gravée sur sa tombe ous’il s’agit uniquement d’un exercice de style. Aujourd’hui, ses restes ont étédéplacés et les inscriptions qu’on trouve sur son nouveau caveau sont biendifférentes de ce petit poème délicieux.

 

« Quoi mon âme »

C’est ledernier sonnet que Ronsard a écrit. Comme dans « À son âme », Ronsard s’adresse à son âme et l’incite àemprunter le chemin de la mort, même si ce chemin est dur et long.

 

« Stances »

 Ces stances sont constituées de cinq quatrainsaux rimes embrassées ; Ronsard y fait la synthèse de tout ce qui aprécédé, un bref historique de sa décrépitude, et clôt son recueil sur une notenostalgique.

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