Derniers vers

par

L'acceptation stoïque de la mort

La tendance de Ronsard à voir sa mort d'un point de vue principalement anatomique et non sentimental évoque l'épicurisme. Apparaît un certain détachement, comme si le poète vivait cette mort de loin et qu'elle n'était pas la sienne. Il décrit l'agonie, l'aspect du corps, ce qu'il en adviendra en des termes assez crus et difficiles. Sa mort, bien qu'elle lui soit difficile, est étudiée sous toutes les coutures sans réserve ni pudeur ; le poète devient une sorte de corps à disséquer. Par ailleurs, on sent à travers son ton et le temps qu'il privilégie – le passé composé – que cette mort est définitive, scellée : il n'y a pas de rémission possible, pas de retour en arrière. Il va mourir et voilà tout. De plus, aucun remords n'est énoncé. Le poète, bien conscient de sa condition humaine et de tout ce qu’elle implique, n’en niant aucun aspect, la met en regard avec la condition divine, en évoquant ce repos éternel que les dieux n'auront jamais, car à eux seuls est réservée l'immortalité : « La jeunesse des dieux aux hommes n'est donnée ».

Autre marque de l'acceptation de la mort par l'auteur, son euphémisation récurrente ; la mort n'est pas vécue comme une chose dure et définitive, mais comme quelque chose de doux tel le sommeil. Cette idée de sommeil revient par ailleurs dans bon nombre de ses poèmes : « Je n'ai que les os », « Longues nuits d'hiver », ou...

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