Discours de la servitude volontaire

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La liberté pervertie par le fardeau de l’habitude

Nous avons donc expliqué que La Boétie rend l’homme responsable de sa propre servitude. Il s’interroge donc sur la progression de cette lassitude au sein de la société : comment est-il possible que celle-ci soit universelle ? Qu’elle se répande de génération en génération ? Il se trouve donc confronté à un paradoxe, car la liberté est, selon lui, une valeur qui ne s’acquiert pas, mais qui naît avec nous, provenant de la nature qui nous met tous au monde dans les mêmes conditions, nus et sans défense, sans perversion non plus. Ainsi, la liberté devrait faire partie de chacun de nous. Par le simple vœu d’acquérir ce bien précieux que nous avons nous-mêmes dilapidé, il semble si aisé de la récupérer, ne serait-ce que par une simple prise de conscience. Alors, pourquoi l’homme ne peut-il pas simplement tendre la main pour la reprendre ? Elle qui était là à l’origine, naturellement, présente dans notre chair sans que nous ayons besoin de la rechercher.

La Boétie admet que c’est la peur du changement qui retient l’homme prisonnier. En effet, cette liberté est si simple à acquérir, si proche de nous, si facilement récupérable, que l’homme a peur que le moindre geste, la moindre action la fasse revenir. Mais d’où cette peur est-elle issue ? Là encore, La Boétie accuse l’homme de n’être que trop apeuré par l’éventuelle possibilité d’être libre et de devoir mener sa propre vie. En effet, dès l’instant où un tyran ne lui dicte plus sa conduite, c’est à lui de prendre ses propres décisions et de mener le cours de sa vie. Or celui-ci, accoutumé à ce qu’on lui ordonne ses faits et ses gestes, a si peur du changement qu’il préfère...

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