Discours de la servitude volontaire

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Les trois clés de la tyrannie

Les tyrans ont, selon La Boétie, de tous temps constaté que les hommes étaient plus enclins à se soumettre à leur propre asservissement, au fur et à mesure qu’ils se détournent de leur faculté de raisonner et de penser. Pour le tyran, il est dangereux d’être à la tête d’un peuple qui pense et qui peut donc être dans la capacité d’approfondir sa réflexion quant à la liberté qu’il n’a pas. Ainsi, il devient indispensable à son despotisme que de fournir au peuple tous les moyens nécessaires pour qu’il devienne un être dépourvu de sens critique, de réflexion et de sagesse.

Ici, l’auteur nous donne l’exemple du tyran Cyrus qui, ayant asservi les Lydiens, se voit confronté à une révolte. Peu désireux de riposter par la force, dans un souci de préserver les richesses et les beautés de la ville, il préfère établir tout un réseau de maisons closes, de tavernes, de jeux publics, et d’imposer par un décret au peuple de s’y rendre. Ainsi, le peuple, rapidement séduit par les plaisirs et les distractions qu’on trouve en ces lieux de divertissement, oublie son malaise et son esprit de révolte et considère le despote comme un homme bien. Ainsi, le tyran voit le peuple comme des enfants à qui on tend des jouets. Satisfait de se contenter de ce qu’on lui propose, il accepte cette obligation comme un don, et s’en contente, oubliant l’essentiel : « Ainsi les peuples abrutis, trouvant beaux tous ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir qui les éblouissait, s’habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal que les petits enfants n’apprennent à lire avec des images brillantes ».

La Boétie insiste également sur l’importance pour le tyran de ne pas apparaître...

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