Enéide

par

La culture romaine

Denombreux aspects de l’héritage culturel grec et romain sont exposés dans lelivre de Virgile. On peut entre autres citer la religion, les rituels et lerespect des ancêtres. Au fil du récit, plusieurs personnages font des offrandesaux dieux dans le but d’obtenir leur assistance. Énée en particulier passebeaucoup de temps à faire toutes sortes de sacrifices à différents dieux ;il fait même des sacrifices à Junon, qui est la source de ses peines. Lerespect envers les divinités est perçu comme une vertu à l’époque de Virgile,et Virgile fait des sacrifices aux dieux un indicateur de la bonté dupersonnage qui les accomplit. Par exemple, au début, on découvre le roi Évandreconduisant des célébrations dans le but d’honorer la mémoire d’Hercule. Ainsi,le roi Évandre est de fait un personnage de bonne moralité.

« De ce jour date une fête enl’honneur du dieu Joyeux, les descendants en ont conservé l’anniversaire. Cefut d’abord le fondateur Potitius, puis la famille des Pinarii, gardienne dusacrifice à Hercule. Le dieu avait dans ce bois sacré élevé cet autel que nousnommerons toujours “Le plus grand autel” et qui le restera toujours. »

Lesdieux quant à eux répondent aux requêtes des mortels à travers des présages etdes signes qui indiquent qu’ils s’intéressent aux affaires d’un mortel etqu’ils pourraient intervenir. Par exemple, Vénus envoie une tempête à Énée pourlui faire savoir qu’il devrait joindre ses forces à celle des Étrusques. Lessignes sont une part importante de la vie des contemporains de Virgile. Lenombre impressionnant de signes et de présages présents dans le récit épiquepourraient être destinés à laisser entendre à son audience que les dieux nerestent pas sourds aux prières, mais que les hommes manquent peut-être dudiscernement suffisant pour reconnaître les signes.

« Le fauve oiseau de Jupiterpoursuivait sous le ciel empourpré les oiseaux du rivage et leur troupe ailéeet bruissante, lorsque soudain il fondit sur les eaux, et le cruel saisit deses serres crochues un cygne magnifique. L’attention des Italiens se fixe surce spectacle. Ô merveille ! Tous les oiseaux à grands cris font volte-face.Leurs ailes obscurcissaient le ciel ; ce nuage vient, à travers les airs,accabler l’ennemi tant qu’enfin, vaincu par la force et par son fardeau, ilsuccombe, ouvre ses serres, laisse tomber sa proie dans le fleuve et s’enfuitau plus profond des nues. Alors les Rutules saluent d’une clameur et de leursmains levées ce présage. »

Parailleurs, le respect des ancêtres est aussi d’une importance capitale. Larelation la plus intime dans le récit est celle du père et du fils : entreAnchise et Énée, entre Énée et Ascagne, entre le roi Évandre et Pallas. Eneffet, le souci constant que manifeste Énée pour le bien-être de son fils estl’un des éléments qui le poussent à accomplir son destin, encore plus qu’unequelconque quête de gloire pour lui-même. Le respect du lien familial estprésenté comme une vertu sacrosainte, et l’œuvre de Virgile en regorged’exemples – un lien qui ne prend pas en considération le caractère du père oudu fils, comme c’est le cas entre Mézence et Lausus : bien que Mézence soitmauvais, Virgile parvient à lui obtenir la sympathie du lecteur en montrant laprofonde tristesse qui l’afflige à la mort de son fils. De même, Énée ressentdu regret lorsqu’il doit tuer Lausus, parce qu’il se met à penser à son proprepère.

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