Enéide

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Résumé

L’Énéide est un prestigieux échantillon du genre littéraire de l’épopée, composé en langue latine et en hexamètres dactyliques. S’inspirant de l’Iliade et de l’Odyssée d’Homère, cet ouvrage a connu une grande renommée sans discontinuer au fil des siècles.

 

Chant I

 

L’Énéide débute par une forte tempête déchaînée par la déesse Junon. Celle-ci a deux raisons principales de haïr Énée : premièrement, il est troyen, et elle combattait contre son peuple lors de la guerre de Troie. Deuxièmement, le rôle d’Énée en Italie est de fonder la ville d’Albe, et pour ce faire il doit détruire Carthage, ville chérie et protégée par Junon. Lorsque la flotte d’Énée s’approche donc de Carthage, Junon reconnaît le héros, et à la vue de ses matelots, accourt en Éolie pour relâcher les vents qui avaient été emprisonnés par leur dieu, Éole. C’est ainsi que des tempêtes déchaînées attaquent la flotte d’Énée et de ses compagnons. Leurs vaisseaux se dispersent, et le peu de trésors – vestiges de Troie – qu’ils avaient emmené avec eux est englouti. À ce moment, Jupiter est alarmé par le tumulte de l’ouragan déchaîné par Junon. Il se met en colère contre elle pour avoir bouleversé les eaux contre sa permission, et pour restaurer son pouvoir, apaise la tempête. Les vents retournent alors à leur prison, et le soleil réapparaît. Énée quant à lui est déporté – avec sa flotte – vers une côte inconnue de Libye.

Alors qu’Énée et ses compagnons se reposent sur la rive libyenne, Vénus, déesse de l’amour et mère d’Énée, qui avait observé du haut des cieux cette effroyable tempête, se lamente et supplie Jupiter de jeter un regard de miséricorde sur son fils. Mais Jupiter la rassure en lui reprécisant la destinée d’Énée, qui est de construire la ville d’Albe et de détruire Carthage. Le lendemain matin, alors qu’Énée s’était résolu à visiter le pays en compagnie d’Achate, un membre de sa troupe, une jeune chasseressel’interroge au sujet de sa sœur qu’elle recherche, partie pour la chasse. En réalité, cette chasseresse est Vénus, dont la mission est de l’informer et de le guider. Énée reconnaît tout de suite qu’elle n’a pas le visage d’une humaine, et même sa voix résonne comme celle d’une déesse. Il l’implore de lui dévoiler où ils se trouvent, ignorant le pays dans lequel ses navires se sont échoués. La chasseresse leur annonce qu’ils se trouvent dans une ville nouvellement créée, celle de Didon, dont elle leur raconte l’histoire. À la fin de son récit, Vénus s’en va, et à sa démarche Énée reconnaît sa mère qu’il voit se retransformer en déesse.

Énée et Achate décident de pénétrer dans la ville, et à leur grande surprise ils remarquent des figurines, des décors et des statues marquant les plus grands épisodes de la guerre de Troie. Énée est ému par ces images, et encore plus lorsqu’il se reconnaît lui-même. Alors qu’il est emporté par son observation de ces douloureuses images, il se laisse distraire par l’entrée majestueuse de Didon dans le temple. Nous sommes alors le jour où elle rend justice. Juste après elle, Énée remarque quelques hommes poussés par la foule : il s’agit de ses compagnons dont la tempête l’avait séparé. Mais il n’est pas vraiment surpris de les voir en ces lieux, car Vénus le lui a prédit. Ilionée, l’un des esclaves et compagnons d’Énée, prend la parole. Il dénonce l’accueil hostile des habitants de cette ville, et demande à se faire renvoyer en Sicile étant donné que leur roi, le grand Énée, est mort. Mais Énée s’approche de la cour et dévoile sa véritable identité. Même si elle est prise par surprise, la reine Didon invite Énée et ses compagnons dans son palais, et demande à ce grand roi de lui raconter l’histoire de la prise de Troie.

 

 

Chant II

 

Didon, reine de Carthage, demande à Énée de lui narrer le récit de la défaite de Troie. Énée lui raconte alors comment les Troyens se sont fait berner par les Grecs. En effet, les Grecs avaient construit un énorme cheval, le fameux cheval de Troie. Dans ce cheval, était dissimulée une majeure partie de l’armée grecque, menée par Ulysse, l’autre partie de l’armée s’étant cachée dans l’île de Ténédos. Ainsi, tous les Grecs semblaient avoir disparu. Encouragés par Sinon – un traître troyen au service des Grecs –, les Troyens sont tentés de faire entrer le cheval dans la ville – il s’agirait d’une sorte de « présent » de la part des Grecs. Mais Laocoon, prêtre savant et au service de Neptune, avise les Troyens de ne pas faire entrer ce cheval dans la ville. Laocoon suspecte en effet une ruse de la part des Grecs, mais les Troyens ne l’entendent pas de cette oreille et font entrer dans la ville ce majestueux cheval chargé de leurs pires ennemis.

À la tombée de la nuit, les guerriers grecs bondissent hors du cheval et attaquent la ville. Énée se réveille brusquement, alarmé par un cauchemar dans lequel il voit apparaître Hector qui l’informe du combat effréné qui est en train de prendre place dans la ville. Mais lorsqu’Énée se réveille, il se rend compte que la ville est déjà saisie et battue par les Grecs. Toutes leurs richesses sont pillées : le palais de Priam, ses galeries d’or, ses chambres royales, ses autels antiques, tout est détruit. Sa femme Hécube et ses filles Cassandre et Polyxène sont faites prisonnières (mises en scène comme telles dans la pièce de théâtre Hécube) et Priam lui-même est égorgé de sang-froid par Pyrrhus. Il ne reste plus à Énée comme possibilité que de s’enfuir.

 

Chant III

 

Énée et sa flotte se rendent en Thrace où ils cherchent à bâtir une ville. Malheureusement, les racines des arbrisseaux dont ils se servent sont imbibées de sang, témoignant du meurtre d’un des fils de Priam en ces lieux. Déconcertés, ils s’en vont de Thrace et cherchent refuge ailleurs. Ils se rendent à Délos, où Apollon les informe que leur mission est de regagner leur terre originelle, la terre de leur race. Ayant traversé la Crète puis la ville de Pergame à la recherche de leur terre, Énée et ses compagnons abordent finalement en direction de Buthrote. C’est là qu’Énée rencontre Andromaque, veuve d’Hector, en train d’offrir des sacrifices au cadavre de son défunt mari. Elle a été donnée pour femme à Hélénus, l’un des fils de Priam qui s’est emparé de la monarchie des villes grecques après l’assassinat de Pyrrhus par Oreste (cf. Andromaque de Racine). Hélénus accueille ses visiteurs de bon cœur, et étant lui-même un devin (inspiré par l’oracle Apollon), il prédit à Énée son futur proche. Ainsi, Énée et ses compagnons reprennent la route suivant l’itinéraire qu’Hélénus leur recommande.

 

Chant IV

 

Didon tombe amoureuse d’Énée, après avoir écouté ses récits héroïques. Elle confesse cet amour pour le guerrier troyen à sa sœur Anne, qui la soutient et l’encourage à nourrir cette flamme. Pour la déesse Junon, cette nouvelle passion de Didon pour Énée constitue une opportunité d’éloigner les Troyens d’Italie, pour les empêcher de détruire sa ville. Ainsi donc, elle suggère à Vénus d’unir son fils à la reine Didon, idée que la mère d’Énée embrasse. Vénus les fait donc tomber dans les bras l’un de l’autre à la suite d’un orage, lors d’une partie de chasse. 

Mais très vite, les rumeurs courent dans le royaume au sujet de la relation amoureuse inappropriée entre Didon et Énée. Le peuple ne l’approuve pas, et Didon perd même le respect et l’affection de ses sujets. Même le roi Iarbas, roi de Libye qui avait demandé à Didon sa main en mariage, est informé de cette trahison. Il se sent humilié, et déçu il implore le dieu Jupiter de l’aider à se venger d’elle. C’est ainsi que Jupiter rappelle à Énée sa mission première, qui est de retrouver sa terre originelle, construire une ville pour son peuple et s’emparer du trône d’Italie. Énée se ressaisit aussitôt et se résout à continuer cette mission. Mais de peur de décevoir son amante Didon, il organise secrètement sa fuite du pays – avec sa flotte – et son abordage en Italie. Mais Didon découvre rapidement ses plans, et le blâme d’avoir tenté de s’enfuir à son insu. Elle le supplie de rester et envoie même sa sœur le raisonner et l’inciter à revenir sur sa décision, mais rien n’y fait, Énée s’obstine. Voyant la flotte d’Énée sur le point de gagner la mer, Didon se suicide en se transperçant le sein d’une épée. La déesse Junon, prise de pitié pour elle, envoie Iris couper les cheveux de la défunte, car ceux-ci l’auraient destinée à demeurer éternellement au séjour d’Orcus, dieu des Enfers.

 

Chant V

 

Les Troyens sont donc en route pour l’Italie, mais lors de leur périple, ils sont touchés par une tempête, et pour y échapper ils se réfugient en Sicile, où règne le roi Aceste, fils d’un Troyen. C’est également là qu’Anchise, père d’Énée, fut enterré un an auparavant. Énée décide d’organiser des jeux funèbres (dont le déroulement occupe la majorité du récit) : tous prennent part à de multiples épreuves traditionnelles telles que le tir à l’arc, la course à pied, la régate, la lutte, etc.

Une fois de plus, Junon, déesse hostile à Énée et à ses plans, voit une nouvelle opportunité de le tenir loin de l’Italie. Elle se sert des femmes – qui font partie de la troupe des Troyens – pour arriver à ses fins. Déguisée en mortelle, Junon apparaît aux Troyennes et manipule leurs esprits faibles. La troupe troyenne ayant longtemps erré à la recherche de ses terres, les femmes en sont devenues lasses et tout ce qu’elles souhaitent dès lors est une installation définitive. Ainsi, Junon les incite à mettre le feu aux vaisseaux, pour que les soldats soient forcés de demeurer en Sicile. Mais une fois de plus Jupiter intervient pour contrer les plans de Junon en provoquant une pluie. 

Pallas apparaît en songe à un des compagnons d’Énée, et celui-ci – influencé par la déesse – fait une suggestion à Énée. Il lui propose de laisser les soldats les moins forts en Sicile, et de s’attrouper uniquement avec les autres pour le voyage vers le Latium. L’ombre du père d’Énée (Anchise) lui apparaît même pour soutenir cette proposition, ce qui achève de le convaincre. Aceste, roi de Sicile, donne également son accord pour que les soldats troyens qui demeureront en Sicile bâtissent une ville au nom d’Énée. Le héros se rend également chez la Sibylle (prophétesse) de Cumes pour pénétrer aux Enfers, afin de communiquer avec Anchise.

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Chant VI

 

Ce chant marque la descente d’Énée aux Enfers. C’est sans doute le passage le plus célèbre de cette épopée.

Guidé par la prophétesse, Énée descend aux Enfers et sa première rencontre est celle des divers monstres mythiques. Puis, lorsqu’Énée et la Sybille se retrouvent devant le Styx (fleuve de l’Enfer), ils rencontrent toutes les âmes qui n’ont point reçu de sépulture. À bord de la barque de Charon (qu’Énée et la Sybille réussissent à utiliser grâce au rameau d’or), Énée aperçoit les âmes de tous les morts prématurés : nouveau-nés, sacrifices humains, suicidés, innocents condamnés à mort, etc. Ces âmes pleurent à cause de leur souffrance. Plus loin, toujours dans la barque et en dessous du « Champ des Pleurs », Énée aperçoit les victimes de l’Amour, et c’est dans cette section qu’il revoit Didon. Mais celle-ci, toujours enragée contre lui, ne peut que montrer son indignation en réponse aux larmes et supplications de son bien-aimé. Énée et la Sybille continuent leur voyage et croisent certains soldats grecs et troyens qui prirent part à la bataille de Troie. Certains d’entre eux s’enfuient à la vue d’Énée, mais d’autres (à l’instar de Déiphobe, fils de Priam) s’approchent de lui. Puis, les deux voyageurs passent près du Tartare, un édifice souterrain où sont emprisonnées les âmes des condamnés à mort pour l’éternité, ceux qui ont vécu une vie pleine de vices. À l’opposé, les « Champs Élysées » réunissent les âmes vertueuses, telles que celle d’Orphée. Ces âmes joviales se prêtent à des célébrations journalières sous formes de chants, danses, fêtes, etc. À proximité des Champs Élysées, Énée et la Sybille rencontrent le Léthé, encore appelé la « rivière de l’oubli ». Là, certaines âmes qui souhaitent oublier leur vie passée boivent de l’eau de cette rivière, puis se réincarnent dans un nouveau corps pour retourner sur terre et vivre une nouvelle vie. C’est à cet endroit qu’Énée retrouve son père, Anchise, occupé à sélectionner les âmes prêtes à se réincarner. Anchise lui fait visiter les lieux, et lui confirme la prophétie selon laquelle Énée vaincra toutes les batailles qui se dresseront sur son chemin, et réussira à accomplir sa destinée. Anchise introduit également Énée à ses futurs descendants : Romus et Romulus, les futurs rois d’Albe, de même que Pompée, Jules César et Auguste. D’un pas confiant et rassuré, Énée quitte donc le séjour des morts et embarque vers le Latium avec sa troupe.

 

 

Chant VII

 

Les Troyens parviennent au Latium qu’Énée reconnaît comme la terre de ses ancêtres. Dans ce royaume gouverne le roi Latinus, qui possède une fille unique, Lavinia. Lorsque Latinus apprend l’arrivée des Troyens dans son royaume, il consulte immédiatement un oracle, qui le rassure : l’un d’eux apportera la victoire à sa race. Ainsi, Latinus accueille ces étrangers de bon cœur, et réitère même les rapports familiaux qui existent entre Troie et le Latium : le premier roi de Troie, Dardanus, était d’origine troyenne. Latinus est favorable à l’installation des Troyens dans son royaume et accorde même à Énée la main de sa fille Lavinia, après recommandation de l’oracle et bien que Lavinia ait été précédemment promise à Turnus, roi des Rutules.

Junon est prise de rage face à la réception chaleureuse dont les Troyens bénéficient dans le Latium, et redouble son effort pour saboter la destinée d’Énée. Cette fois, son plan est de semer la discorde entre les Latins et les Troyens et pour ce faire, elle se sert de la Furie Alecto, une des multiples déesses infernales. Premièrement, Alecto incite Amata, épouse de Latinus, à éprouver du ressentiment à l’égard d’Énée, car pour elle il est un étranger indigne d’épouser sa fille. Mais bien qu’Amata (manipulée par Alecto) essaie de persuader Latinus d’annuler le mariage, le roi s’obstine et maintient sa décision. Ensuite, Alecto incite Turnus, roi des Rutules, à déclarer la guerreà Énée pour s’être approprié la femme qui lui était promise. Enfin, Alecto pousse Ascagne à blesser un précieux cerf des troupeaux royaux entretenus par la famille lors d’une partie de chasse. Les Latins déclarent alors la guerre aux Troyens. Mais Junon ordonne aussitôt à Alecto de cesser les intrigues, de peur d’éveiller les soupçons de Jupiter. 

 

Chant VIII

 

La première bataille des Troyens dans le Latium se prépare, et dans ce conflit ils sont confrontésà deux adversaires : les Rotules et les Latins.

Désemparé à l’idée de ce conflit qu’il est convaincu de perdre, Énée se retire vers le Tibre où il trouve accidentellement le sommeil. Dans son songe, le dieu Tiberinus lui apparaît et le rassure quant à sa victoire imminente, mais ceci à deux conditions : premièrement, il doit s’allier à Évandre, chef d’une colonie arcadienne résidant sur le mont Aventin. Deuxièmement, il doit faire honneur à la déesse Junon, bien qu’elle soit la source de ce conflit et de toutes ses misères pendant ce périple. Énée prend en compte les conseils du dieu Tiberinus, offre des sacrifices à Junon et va en quête d’Évandre. Vénus, sa mère, s’allie à lui et demande à Vulcain de forger des armes redoutables pour son fils. Dirigé par Évandre, Énée va à la recherche d’alliés pour ce combat qui se prépare, et réussit à aligner dans son camp les Étrusques, ainsi qu’une armée entière de chevaliers arcadiens dirigés par Pallas, fils d’Évandre.

 

 

Chant IX

 

Les préparatifs de la bataille continuent. Lorsque Junon réalise qu’Énée a quitté son camp pour rendre visite à Évandre, elle voit en cette situation une faiblesse du camp troyen, et incite Turnus à attaquer les troupes d’Énée. Mais les soldats troyens refusent de sortir de leur camp, optant pour la défensive. Pour les amener à se révéler, Turnus fait preuve de ruse en brûlant leurs navires, mais heureusement pour les Troyens, Jupiter, qui est de leur côté, leur épargne cette perte en transformant leurs navires en nymphes.

Euryale et Nisus, deux soldats troyens, tentent de sortir de leur camp et se mettent à la recherche d’Énée. Malheureusement, ils sont tués en cours de route par les Latins, dirigés par Turnus. Loin de capituler, Turnus se décide à attaquer le camp troyen, protégé par Junon. Lors de cette guerre, Ascagne, protégé de Jupiter, réussit à tuer un des plus redoutables soldats latins, Numanus. À la suite de cet affrontement, il se fait surnommer « Iule », qui signifie « petit Jupiter ». Jupiter lui-même, une fois de plus furieux contre Junon, déchaîne sa colère contre elle, ce qui pousse la déesse à abandonner Turnus dans le camp troyen. Mais celui-ci réussit à échapper à ses adversaires en se jetant à l’eau pour rejoindre ses hommes.

 

 

Chant X

 

Du haut de l’Olympe, Junon et Vénus se querellent, chacune accusant l’autre d’être responsable de cette violence qui se déroule dans le Latium. Jupiter quant à lui refuse de prendre parti, et malgré les supplications de Vénus d’épargner les Troyens, il décide de donner le bénéfice du doute à chaque groupe de combattants.

Pendant ce temps, Énée fait son retour dans le Latium, suivi de sa nouvelle armée, et se joint à la guerre, tuant une multitude de soldats rutules. Malgré cela, aucun des deux camps n’arrive à prendre le dessus sur l’autre. Voyant cela, les nouveaux alliés d’Énée (les Arcadiens) veulent abandonner la bataille, mais leur dirigeant, Pallas, les en dissuade. Lorsque Pallas remarque que Lausus, fils de Mézence (méchant roi étrusque) se trouve dans le camp des Rutules, il est pris de rage et se résout à le tuer. Mais Lausus ne peut se battre contre Pallas, et cède ainsi sa place à Turnus. Malheureusement, Pallas succombe aux coups de l’épée de Turnus et meurt. Très vite, la nouvelle de la mort de Pallas parvient à d’Énée. Pris de colère, il extermine en masse une grande partie de l’armée des Rutules. Voyant que son protégé Turnus est en danger, Junon l’aide à échapper au massacre d’Énée en créant une fausse ombre d’Énée que Turnus poursuit, pensant qu’il s’agit réellement d’Énée. L’ombre se dirige vers les navires de Turnus, et aussitôt que Turnus embarque, l’ombre disparaît.

Dans le Latium, la bataille continue ; Mézence a pris la place de Turnus aux commandes, mais est forcé de capituler lorsqu’il est blessé par Énée. Lausus, soucieux de venger son père, s’attaque à Énée mais meurt. Mézence à son tour veut également venger son fils et retourne au combat, mais se fait lui-même tuer par Énée.

 

Chant XI

 

Les combats se terminent et Énée démontre sa gratitude envers les dieux pour leur protection durant ces batailles. Il renvoie tristement à Évandre – qui est toujours sur le mont Aventin – le cadavre de son fils Pallas, et malgré son désarroi Évandre fait promettre à Énée de faire payer Turnus pour ce crime qu’il a commis. Des bûchers s’allument dans les deux camps de bataille pour rendre hommage à tous les vaillants soldats qui ont perdu leur vie.

Lorsqu’Énée rencontre Drancès – ambassadeur des latins –, il lui révèle son désir de cesser la guerre et de faire régner la paix. Mais le peuple du Latium se divise devant cette requête, car certains d’entre eux veulent continuer la guerre et se rallient aux côtés de Turnus (et de la reine Amata, épouse de Latinus). Turnus, aidé par Camille, reine des Volsques, met en place un plan pour sa contre-attaque. Mais après un second combat sanglant, les Troyens réussissent une fois de plus à massacrer l’armée des latins et Camille elle-même est mortellement blessée par l’un des alliés d’Énée, Arruns.

 

Chant XII

 

Dans ce chant final, on assiste au duel entre Turnus et Énée. Étant donné qu’Énée apparaît d’emblée comme le vainqueur du combat, le peuple latin décide d’intervenir, ce qui est contre les règles du duel. À cause de cela, Énée est transpercé par une flèche, mais se fait discrètement soigner par sa mère Vénus. Lorsqu’Énée et Turnus retournent au duel l’un contre l’autre, Énée vainc son adversaire, qui dès lors l’implore de lui laisser la vie sauve. Mais dépourvu de merci, Énée l’assassine de sang-froid, et c’est sur cette scène de violence que surviennent la victoire des Troyens et la fin de la pièce. Du haut des cieux, les dieux ont décidé que les Troyens seraient vainqueurs, mais que la ville qui sera créée conservera la langue, les lois et le nom des Latins.

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