Enquête sur l'entendement humain

par

Entre sciences morales et sciences exactes

Les relations d’idées, l’une des deux catégories des objets de la raison humaine ou de la recherche naturelle, concernent les sciences exactes. Hume pense qu’elles sont le résultat de toute affirmation intuitivement ou démonstrativement certaine. Les « choses de fait », seconds objets de la raison humaine sont connues différemment. L’évidence de leur vérité n’est pas certaine ou ne correspond pas forcément à une réalité. Il estime que cette deuxième partie de la philosophie n’est pas suffisamment explorée et qu’elle devrait susciter plus notre curiosité. Les raisonnements sur les « choses de fait » découlent de la relation de cause à effet. C’est à travers cette relation que nous pouvons dépasser le témoignage de nos sens et de notre mémoire. Par ailleurs, le type de raisonnement est basé sur une connexion entre le fait présent et celui qui est suggéré. Il prend l’exemple de l’audition d’une voix ou d’un discours dans le noir. Les personnes en présence supposent qu’ils entendent quelqu’un d’autre. Le mécanisme et le procédé par lequel nous arrivons à la connaissance de la cause et de l’effet découlent non pas de la raison mais plutôt l’expérience. Par conséquent, si nous nous trouvons face à un objet pour la première fois, comment établir une relation de cause à effet ? Dans ce cas, nous devons inventer, imaginer ou définir un évènement pour l’associer à cet objet. Il s’agit d’un procédé arbitraire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aucun philosophe n’a jamais eu la prétention d’affirmer qu’il connaît la cause derrière un phénomène naturel.

Le raisonnement de cause à effet est inaccessible aux sens. Le type de procédé qui permet d’aboutir à une certaine inférence est le principe d’accoutumance ou l’habitude. Il explique que la répétition d’un acte produit un penchant qui incite à répéter l’acte sans l’intervention du raisonnement. Et de ce fait c’est le raisonnement qui rend notre expérience utile, cette dernière est en partie le reflet de notre mémoire. La croyance quant à elle va au-delà de la mémoire et des sens. En ce qui concerne la probabilité, il souligne que le hasard découle de l’ignorance de la cause véritable d’un évènement et se propose d’effectuer une analyse approfondie afin de faire comprendre ce type de raisonnement.

Par ailleurs, une distinction doit être établie entre sciences morales et sciences mathématiques. Ces dernières sont plus perceptibles, claires et déterminées. Cependant, une observation poussée des deux types de sciences révèle qu’ils se valent. Ceci résulte du fait que les sciences mathématiques requièrent un raisonnement plus long et plus compliqué alors que les sciences morales ont des inférences plus courtes. Il estime donc que le problème des sciences morales c’est l’ambigüité et l’obscurité des termes tandis que celui des sciences mathématiques c’est la longueur des inférences. Il analyse quelques idées obscures relevant des sciences morales notamment le pouvoir ou la connexion nécessaire, la force, l’énergie. Le meilleur moyen de s’approprier l’essence de ces idées, c’est d’examiner les impressions qui en découlent. Et pour ce faire, il procède par illustration. Concernant l’idée de pouvoir, il pense que l’observation que nous faisons des objets externes ne nous donne aucun renseignement sur le pouvoir ou la connexion qui existe entre un point A et un point B. Il faut dès lors explorer une autre voie : établir si l’idée de pouvoir ne dérive pas de la réflexion sur les opérations de notre esprit. À ce propos, par le pouvoir de notre volonté, nous pouvons mouvoir les organes de notre corps. Cette constatation signifie que nous avons conscience de l’idée de notre pouvoir à diriger notre esprit. Seulement, par quel mécanisme est-ce qu’une substance spirituelle influence une substance matérielle ? L’Expérience ! Cette expérience est tout de même limitée dans la mesure où il arrive parfois que malgré le pouvoir de notre volonté, nous ne pouvons pas commander notre cœur.

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