Ethiopiques

par

Résumé

Le recueil s’ouvre sur le poème « L’Homme et la Bête »,qui symbolise le combat qui fait rage depuis la nuit des temps entre ces deuxprotagonistes. Porté par les rythmes africains, le poète célèbre l’homme qui seprépare à combattre « au rythme dutambour tendu de sa poitrine », et dont le corps devient un instrument de la pensée« qui lui ceint le front ». Entraîné par le rythme de la musique etde la danse, l’homme peut alors libérer toute sa force pour vaincre la bête,s’affirmant ainsi comme le « Dompteur ».

Le poème « Congo » qui suit est une célébration du grandfleuve africain où des instruments de musique traditionnels africains s’entremêlentau brouhaha de l’eau. Représentation féminine, cette même eau joue un rôlepurificateur sur la terre d’Afrique, et le poète dit s’y soumettre.

Le poème intitulé « Le Kaya-Magan » se présente comme unpoème d’autocongratulation. C’est ici l’ancien empereur du Mali qui parle durôle fondamental qu’il joue dans son empire, qui s’étend « jusqu’auxlimites du continent ». Ainsi, l’empereur se désigne comme le protecteuret le bienfaiteur de son peuple. Puis, il se distingue comme principe de toutevie, et même de tout ce qui existe : « Vous respirez par mes narines », il est « le Roi del’or ». Il termine en se présentant comme un symbole d’ouverture,d’acceptation, capable d’aimer « l’étrangère » autant que sa terreafricaine.

Avec le poème « Teddungal », le poèteévoque une marche à travers le « Pays-haut du Dyêri », évoquant lesembûches et les obstacles rencontrés. Cette marche est petit à petit remplacéepar un itinéraire sentimental, puis par une dernière partie beaucoup plussymbolique sur la prononciation du mot « Teddungal », mot sacré, capable derestituer la vérité au monde entier.

Le poème « L’Absente » estdivisé en plusieurs parties, signalées par des nombres. Le titre évoque l’êtreaimée du poète, ainsi qualifiée à la fin du poème : « la Présente quinourrit le Poète du lait noir de l’amour ».

« À New-York » relate ladécouverte de cette impressionnante agglomération d’Amérique du Nord parl’auteur. Passant du rêve à l’angoisse devant cette jungle urbaine, il seconcentre bientôt sur le quartier noir de Harlem où il semble redécouvrir sonAfrique natale à travers les bruits. Enfin, Léopold Sédar Senghor évoque larégénération de la ville par « le sang noir » et le tempérament« nègre ».

« Chaka » est un poèmedramatique en deux chants. Chargé d’évidentes intentions politiques, il est dédiéaux martyrs d’Afrique du Sud. Le premier chant entremêle plusieurs voix ;« la voix blanche » s’y oppose aux autres, symbole de « celledes forts contre les faibles, la conscience des possédants de l’Outre-mer ». Ledeuxième chant se poursuit alors sans la voix blanche, et Chaka semble aspirerdésormais à retrouver l’amour, « le soleil du monde nouveau ».

La section intitulée « Épîtres à laPrincesse » est composée de cinq poèmes sous forme de lettres envoyées à l’amantedu poète, la Princesse de Belborg. Ayant été contraint de la laisser en Francealors qu’il se rend en Afrique, ces différents poèmes sont l’occasion d’évoquerla souffrance de cette séparation.

Le premier poème de cette section,intitulé « Belborg Belborg ! », décrit l’état d’esprit du poètelorsqu’il quitte la France. Il imagine sa Princesse, qu’il a laissée dans larudesse de l’hiver, et espère recevoir d’elle de nombreux courriers, même si cevoyage s’avère aussi être pour lui l’occasion de méditer sur les« énigmes » de cette femme.

Dans « Ambassadeur du peuple noir… »,le poète s’étonne de ne toujours pas avoir reçu de réponse à son premiercourrier. On sent son inquiétude, et que sa mission promet d’être longue.Malgré cela, il ne cesse de penser à la Princesse et continue de célébrer sabeauté.

Avec « Comme rosée du soir »,le poète dit sa satisfaction d’avoir finalement reçu une réponse de sa bien-aimée,en qui il voit l’autre moitié de son être. Il la remercie de s’intéresser« aux malheurs » des Africains et lui répète son impatience de laretrouver.

« Princesse, maPrincesse ! » est un poème dominé par la nostalgie de l’auteur quandil pense à sa bien-aimée restée en France. Il se justifie de son séjour enAfrique mais évoque son regret de s’être évadé de « la prison de soncharme ».

À travers « Princesse, tonépître », le poète rédige sa dernière lettre depuis le continent africain.Il y fait part d’une énigme qui décrit l’apocalypse du Septentrion, pays de laPrincesse, et lui demande de venir le rejoindre.

« La Mort de la Princesse »est un hymne funèbre, car la princesse a quitté ce monde. Le poète se laisseici plonger dans le désespoir et la peine, tout en abordant un travail demémoire : « Tu fleuriras au jardin de mon cœur ».

Dans « D’autres chants », le poèteprésente huit poèmes à accompagner de différents instruments, et fait appel àDieu et à la Vierge Marie pour dépasser la torpeur qui domine la fin durecueil.

Enfin, à travers sa postface « Comme les lamantins vont boire à la source», Léopold Sédar Senghor tient à rappeler la placedes cultures africaines et surtout des auteurs africains dans l’histoire deslettres françaises. Il évoque ainsi le statut de « métis culturel »avec lequel doivent chaque jour composer des milliers de jeunes Européensnoirs.

 

Le recueil Éthiopiques est une œuvre particulièrement difficile à lire, carles liens opérés par le poète ne sautent pas forcément aux yeux et lesproblématiques évoquées peuvent sembler bien lointaines aux Occidentaux.Pourtant, en se laissant emporter par l’œuvre, on y découvre un monde sauvageet magnifique dont l’auteur est extrêmement fier. Ainsi, à travers ses mots, leconcept de négritude prend tout son sens : « c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, tellesqu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Jedis que c’est là une réalité : un nœud de réalités. »

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >