Eugénie Grandet

par

Eugénie, héroïne romantique déchue, de la passion à la vertu

Si son père est passionné par l’argent, Eugénie ne partage pas au début cet engouement. C’est une jeune fille pure, élevée à l’écart du monde sous la coupe étroite de son père. Mais l’arrivée du cousin Charles dans sa vie bouleverse cet état des choses en faisant naître chez la jeune fille des sentiments d’une force telle qu’ils vont bousculer toute son existence. À son bien-aimé, à qui elle voue une passion sans limites, elle sacrifie toutes ses possessions pour lui offrir un nouveau départ. Ce don matériel est accompagné d’un don bien plus important, le don d’elle-même : lui ayant promis d’attendre son retour, Eugénie ne vit désormais que dans la perspective de leurs retrouvailles. Elle endure toutes les peines, ne trahissant pas le secret de son cœur quand son père, furieux de la disparition des pièces d’or qu’elle a données à son amant, la questionne puis la séquestre. Ce sentiment d’amour passionné, cet abandon de soi dans l’attente, font d’Eugénie une héroïne romantique.

   Balzac la ramène brutalement à la réalité, la sortant de son existence de rêverie amoureuse, au moment du retour de Charles des Indes. Le jeune homme renie sa promesse d’épouser Eugénie et se marie avec une autre femme, pour des considérations purement matérielles. En trahissant le sentiment qui le liait à Eugénie, il trahit l’Amour. C’est la défaite du romantisme face à la réalité. Eugénie, sa passion devenant sans objet, mène alors une existence solitaire et rangée, comme si elle considérait qu’un seul homme pouvait être aimé en une vie, et que toute autre aventure serait la trahison d’un premier sentiment pur.

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