Eugénie Grandet

par

Saumur ou la bourgeoisie de province

   Le roman fait partie de la série « Scènes de la vie de province », et la bourgeoisie provinciale y fait l’objet d’une description minutieuse. Le roman s’ouvre sur la ville de Saumur, son milieu fermé et le rôle qu’y joue M. Grandet. Le seul horizon de tous les bourgeois en présence semble l’enrichissement, la fortune, par quelque moyen que ce soit.

   Pratiquement toute l’action se déroule à Saumur, particulièrement dans la maison des Grandet et la rue qui y mène, ce qui accentue l’impression de milieu clos de cette ville et de sa bourgeoisie dans l’étude qu’est le roman. C’est donc un portrait réaliste de cette société étriquée que peint Balzac. À travers la vie d’Eugénie, il met en lumière des drames étouffés, des malheurs individuels passés sous silence derrière la bienséance conformiste bourgeoise, où la reproduction des mêmes existences prévaut, puisqu’à la fin de sa vie, même si Eugénie vit une version améliorée, humainement, de la vie de son père, elle a tiré un trait sur une partie de ses désirs, l’habitude liée à sa vie passée ne la pousse pas à se révolter contre une condition qui ne peut l’indigner tout à fait, et le roman n’est certes pas le lieu d’une réelle émancipation, puisque malgré toutes ses qualités Eugénie demeure, en grande partie, prise au piège de son hérédité.

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