Formation de l’esprit scientifique

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La postérité de l'auteur

La postérité de Gaston Bachelard, ce philosophe français prolixe et hermétique à la fois, a été remise au goût du jour à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort en juin 2012. Son œuvre très riche a laissé à la postérité de nombreux enseignements. La philosophie bachelardienne trouve son application dans de nombreux domaines. En ce qui concerne notre corpus, de nombreux théoriciens dont nous partageons le point de vue, estiment que Formation de l’esprit scientifique trouve surtout son applicabilité dans la formation académique. En effet, en se basant sur cette œuvre, les instructeurs, les formateurs devraient parvenir à réussir des « virages délicats ». De fait, devant l’incompréhension persistante de certains élèves, certains professeurs se braquent. Ils ignorent probablement le principe de formation bachelardien. Ils devraient s’appuyer sur celui-ci pour développer leur esprit scientifique et celui de leurs apprenants. Prenons l’exemple de l’osmose inverse. L’élève qui arrive pour la première fois en classe de physique et qui assiste (probablement pas pour la première fois) au phénomène d’osmose inverse pense pouvoir intuitivement l’expliquer.

En effet, l’osmose inverse visible par exemple par la réaction produite lorsque du sel est apposé sur une pomme de terre. Il s’agit là d’un phénomène commun dont le nouvel apprenant en physique a probablement déjà été témoin. Il pense pouvoir l’expliquer par intuition en se servant de ses sens (sa vue notamment). Face à la difficulté, pour certains, caractéristique des règles de physique et du lexique y afférent, de nombreux apprenants préfèrent se cantonner à leur explication intuitive. Il revient donc au formateur de leur faire comprendre, parfois de manière diplomatique, que pour évoluer ils doivent adopter l’esprit scientifique. Cet esprit consiste à opposer la connaissance populaire, intuitive à la connaissance scientifique. Il s’agit d’opposer des faits (erronés très souvent lorsqu’ils sont basés sur l’intuition) à des connaissances vérifiables. On constate donc que notre corpus doit occuper une place de choix dans l’éducation. Il ne s’agit que d’un seul exemple parmi de nombreuses autres tout aussi dignes d’intérêt.

Au terme de cette étude, nous pouvons souligner que notre corpus traite des étapes nécessaires à l’émergence d’un esprit scientifique. L’esprit scientifique est un concept incontournable de la philosophie bachelardienne. La révolution scientifique avait pour objectif de sortir l’homme de la connaissance commune pour le plonger dans la connaissance scientifique. Cette transition s’effectue par la quête permanente de l’esprit scientifique. Pour ce faire, pour adopter l’esprit scientifique, l’homme doit se laisser guider par la raison et non par l’intuition. C’est le même but que Platon veut nous faire atteindre à travers le mythe de la caverne qui nous montre la nécessité de quitter le monde sensible, celui des ombres pour accéder au monde olympique, au monde de la lumière. L’esprit scientifique est un esprit qui s’est débarrassé de ses émotions, préjugés et qui a adopté comme valeurs la critique et la raison. Selon Bachelard, c’est un esprit qui cherche à rectifier ce qui est. C’est pour cette raison qu’il doit être débarrassé de toute considération psychologique et immédiate. Selon l’auteur, cette acquisition de l’esprit scientifique passe par trois étapes : l’état concret, l’état concret-abstrait et l’état abstrait. En définitive, nous pouvons souligner le caractère enrichissant de cette œuvre, qui, une fois cernée, révèle une multitude d’enseignements. La causticité de notre corpus nous appelle à une remise en question perpétuelle. Il ne suffit pas de souhaiter atteindre l’épistème pour y parvenir. C’est une quête permanente. Trop souvent, nous laissons parler notre intuition, nos émotions, notre subjectivité, guidés par l’analyse mordante de Bachelard, reprenons le contrôle et rejetons l’avachissement.

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