Gaspard de la nuit

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Résumé

Gaspardde la nuit,sous-titré Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot, est unrecueil de cinquante-deux poèmes en prose publié en 1842 à titre posthume,dix-huit mois après la mort de son auteur, Aloysius Bertrand, de son vrai nom LouisJacques Napoléon Bertrand. Précédé d’un prologue et d’une dédicace à VictorHugo, le recueil contient six livres ayant chacun une unité thématique.

 

Dans leprologue, intitulé « Gaspard de la nuit », le narrateur exposecomment il a rencontré Gaspard, une espèce de double diabolique du poète quidonne au narrateur un manuscrit dont il laisse entendre qu’il est plein dediableries avant de s’enfuir en ricanant.

Lapréface, non signée, seulement datée, expose l’atermoiement d’un auteur qui nese fait aucune illusion quant au succès qu’il peut avoir à son époque.Cependant, une note d’espoir subsiste pour l’avenir…

 

·              « École flamande » (Livre I, 9poèmes) est le regard d’un spectateur sur les scènes de genre des tableaux de cetteépoque des XVe et XVIe siècles.« Harlem » est très représentatif de cette partie du recueil, avecsa suite de scénettes brèves et colorées qui décrivent des lieux ou racontentdes anecdotes. « Le Maçon », « L’Écolier de Leyde »,« Le Marchand de tulipes » et « L’Alchimiste » prennentpour fil conducteur un personnage auquel arrive de piquantes aventures teintéesde burlesque. « La Viole de Gamba » va jusqu’à mettre en parallèledeux situations truculentes, parallèle précédé par une chanson populaire. « Les Cinq Doigts de la main » se veutaussi représentatif du Livre I que « Harlem » : le poète partdes cinq doigts de la main pour arriver aux cinq membres d’une famillereprésentée dans un tableau.

·              « Le Vieux Paris » (Livre II,10 poèmes) donne à voir les lieux et monuments majeurs du Paris médiéval. On yentrevoit la multitude des gueux, des Juifs, de toute cette foule qui peupleles bas-fonds de la ville (« Les Gueux de nuit », « Les Deuxjuifs »), mais aussi des personnages élégants comme dans « Le Raffiné ».

·              « La Nuit et ses prestiges »(Livre III, 11 poèmes) explore le clair-obscur, le fantastique, à travers desvisions hallucinées, comme dans « La Ronde sous la cloche » où douzemagiciens invoquent l’orage. Le charmant poème « Ondine » est propreà offrir un répit après cette folle équipée nocturne.

·              « Les Chroniques » (Livre IV,8 poèmes) sont une évocation de scènes urbaines et historiques où dominentdynamisme et action, comme dans « Les Flamands » ou « LaChasse », qui expriment bien le mouvement de la bataille ou de la cavalcade.Une note nostalgique « À un bibliophile » termine le recueil ;le poète s’identifie à un barde médiéval.

·              « Espagne et Italie » (LivreV, 7 poèmes), deux pays dont le pittoresque exotique fascina les Romantiques,sont prétextes à des scènes de carnaval (« La Chanson du masque »),des attaques dans les sierras (« L’Alerte »), à mettre en scène deshommes qui vivent et meurent les armes à la main (« LaCellule »). 

·              « Silves » (Livre VI, 6poèmes) emmène le lecteur dans des scènes champêtres qui expriment la nostalgiede la Bourgogne d’origine  de l’auteur (« Encore un printemps »)ou idéalisées (« Ma Chaumière »). Le recueil se termine sur une scèneapocalyptique (« Le deuxième homme »), sorte de désagrégation del’univers entier après la mort du dernier homme.

 

La 7èmepartie, « Pièces détachées », ayant été « extraites duportefeuille de l’auteur », a été ajoutée la suite. Il s’agit d’unensemble de treize poèmes, proches par leur forme et leurs thèmes de ceux deGaspard de la nuit.

 

Plusieurs thèmessont récurrents dans l’œuvre, parmi lesquels le rêve, le fantastique, lamagie, l’alchimie, la mort, la folie, le diable, la souffrance, le Moyen Âge,la marginalité sociale. Utilisant la technique de l’impression poétique ou dela gravure littéraire, l’œuvre décrit un spectacle pittoresque, peuplé demarginaux, de fées aux intentions confuses, de brigands en quête de fortune,d’aventuriers à la recherche de sensations fortes. Elle crée un dialoguemalicieux avec des personnages fantastiques et diaboliques, tel Scarbo, petitgnome diabolique qui apparaît dans plusieurs poèmes (livres III et VII) ;elle dessine les fantaisies d’un rêve ou les horreurs d’un cauchemar dans uncadre médiéval. Ses évocations fantastiques cultivent le goût et le sens dumystère ; l’amour y revient comme un leitmotiv.

 

L’impactde Gaspard de la nuit retentit sur les grands poètes du XIXesiècle, à commencer par Charles Baudelaire qui en fit l’éloge dans sa préfaceau Spleen de Paris, puis sur les surréalistes tels que Stéphane Mallarméet André Breton. Son écriture en prose – forme qui apparaît pour la premièrefois dans l’histoire de la poésie – en fait une œuvre fondamentale. Ce fut le seulrecueil d’Aloysius Bertrand qui, n’ayant jamais été reconnu de son vivant, estdésormais considéré comme un poète maudit.

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