Gros-Câlin

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Gros Câlin: Le personnage incongru

Selon les éditions, on peut se douter de ce qui surprend le plus finalement dans cet ouvrage. Si le titre en effet laisse penser à une histoire d'amour ou du moins à de la tendresse entre deux personnes, que ce soit par amour ou par amitié, il n'en est rien, étant donné que Gros Câlin n'est autre qu'un animal, et plus précisément un serpent, un python, animal de compagnie du héros Cousin, personnage principal (employé dans un institut de statistiques), éclipsé dans le titre par Gros-câlin. Des éditions laissent apparaître une main humaine recouverte d'écailles de serpent, ce qui laisse donc présumer des personnages. Globalement, ce roman traite de la situation des humains, tous un peu animaux par leur mode de vie, leurs relations aux autres, leur solitude, dans la « grisaille du quotidien », notamment dans les grandes villes comme ici Paris, où les habitants restent dans un certain anonymat. Le roman traite aussi des problèmes d'adaptation de l'humain dans ce cadre des grandes métropoles, et des moyens dont on dispose pour être heureux, rencontrer l'amour, ou des amis.

En effet, Cousin le personnage principal est un homme de 37 ans, célibataire évidemment et qui s'ennuie terriblement. Il est employé d'un institut de statistiques, ce qui n'est pas un hasard : les statistiques ont pour rôle d'évaluer l'humain, de comptabiliser, de faire des études sociologiques sur la consommation entre autres, il s'agit donc d'étudier l'individu et les hommes plus généralement, quand le roman lui-même est l'étude et l'analyse du monde par un personnage. Ce personnage ressent une très lourde solitude et décide d'y pallier en adoptant un python qu'il appellera Gros Câlin, ce serpent étant un animal pouvant serrer très fort ses proies grâce à son corps (long de 2 mètres 20 centimètres) afin de les étouffer. On retrouve l'image de l'embrassade (étymologiquement prendre quelqu'un dans ses bras ou étreindre). Qui mieux qu'un serpent de cette taille peut donc étreindre un humain ? Le serpent représente une opposition sur un niveau de civilisation, entre la ville de Paris, la modernité, la vie en société et le fait qu'il faille nourrir cet animal avec des souris vivantes, ce qui peut être un problème à terme, pour s'approvisionner, mais aussi pour le voisinage avec lequel Cousin va rapidement avoir des problèmes. De plus Cousin achète des souris vivantes pour son serpent, mais va être pris de tendresse pour l'une d'elle qu'il va baptiser Blondine (un prénom humain) et ne va pas vouloir la laisser à son serpent. C'est une métaphore en quelque sorte, comme lorsque Cousin affirme ainsi : « les pythons ne sont pas vraiment une espèce animale, c’est une prise de conscience » ; la question que l'on se pose alors est : de quoi faut-il prendre conscience ? Sans doute la prise de conscience réside-t-elle en un parallèle entre l'animal qui nécessite seulement d'être nourri, et ce personnage, seul parmi la foule, entouré par tous et personne, à la recherche de celle qui changera sa vie ; car « quelqu’un à aimer, c’est de première nécessité », de la même façon qu'il nourrit son python. Il croit par ailleurs que le python aussi rêve d'aimer un autre être et qu'il souffre comme lui de la solitude à Paris. Il le sort souvent, pour aller faire les courses etc, ce qui surprend tout le monde et peut mettre mal à l'aise, mais Cousin ne voit pas de mal à sortir un serpent en pleine ville, ce qui lui vaudra des convocations au commissariat (notamment suite à des plaintes de sa femme de ménage).

Les questions que le personnage principal se pose sont humaines, et portent sur les sentiments, les relations entre les hommes et aussi et finalement sur le fait de rencontrer un jour l'amour. Il le sait, et se fait la réflexion suivante, alors qu'il attend l'amour de sa vie : « quand on a attendu l’amour toute sa vie, on n’est pas du tout préparé ».

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