Gros-Câlin

par

Les aspects psychologiques

Le personnage principal, nommé Cousin a de quoi surprendre : en effet ce dernier affirme : « c’est la fin de l’impossible, à quoi j’aspire de tout mon être » ; il semble totalement farfelu, comme quand il donne des noms de pays à tous les endroits qu'il fréquente, donnant l'impression qu'il fait le tour du monde tous les jours, amplifiant l'impression de gigantisme de la ville et de la foule.

Cousin prend conscience de sa position, mais aussi de la pauvreté de sa vie, sans relation. Il voit l'être humain dans une ville comme Paris comme un morceau de viande, un bifteck perdu entre d'autres morceaux de viande sur un étalage, des animaux sans vie. Quand il rencontre une personne, il la voit d'ailleurs d'abord de cette manière, avant que cela puisse éventuellement changer ; changement qui se produit quand il parle dans l'ascenseur avec Mlle Dreyfus, et où il prend conscience que c'est un être humain tout comme lui : « J’ai vu soudain sur l’étal de toutes les boucheries la viande qui chantait d’une voix qu’elle s’était enfin donnée elle-même. Il y eut même soudain, au vu et au su, une telle hausse de la qualité de la viande, que l’on put enfin distinguer le bœuf de l’homme ». Finalement l'aspect psychologique et la distinction entre l'homme et l'animal deviennent évidents dans le livre par le type de relations que peuvent avoir les personnages, relations bien plus riches que celles des animaux. Si elles restent simples et insignifiantes, strictement vitales sans enrichissement de part et d'autre, alors l'humain se limite à n'être qu'un animal comme les autres mammifères dont il fait partie. On sent aussi le désespoir de ce personnage, dans sa vision qu'il a de l'humanité, et de sa situation personnelle, bien que cette situation le mette dans un état où il est rarement atteint par le désespoir, de façon relative, car il a vu pire selon lui : « Vers onze heures, le désespoir me saisit, ce qui est très rare chez moi, car je suis peu exigeant et n’ai pas le goût du luxe ». Lorsque le désespoir le saisit, c'est que c'est « grave ».

Dans ses relations sentimentales, quand il ressent un manque, il va à « la maison des bonnes putes », parfois décrites et présentées comme des religieuses, ce qui surprend, simplement pour ressentir de la chaleur humaine et faire des câlins, pour se sentir en sécurité. Sa favorite se nomme Greta. La relation est platonique, et le protagoniste y retrouve le sentiment de chaleur humaine procuré par ces « gros-câlins » évoqués par le titre. Il aime également fréquenter les restaurants chinois, pour des raisons similaires car les tables sont proches les unes des autres, qu'il y a beaucoup de serveurs et qu'il se sent entouré par tout le monde, que ce soit les clients ou le personnel. C'est d'ailleurs dans les restaurants et chez les prostituées qu'il passe le plus clair de son temps de loisir, il sort peu et a des habitudes.

L'importance de ses habitudes s'explique simplement : Tout ce qui est inconnu lui fait très peur, il a peur des autres, peur de ses réactions personnelles et peur de ce qu'il ne connait pas : « J’étais complètement épouvanté par mon for intérieur » ; il panique, il s'angoisse rapidement, jusqu'à s'en évanouir : « Je me suis fait tellement peur que je m’étais évanoui ». Il est faible nerveusement, et dépendant sentimentalement. « J’étais couvert de sueur froide, mais c’était plus fort que moi ». Il se parle à lui-même, comme s'il se donnait des conseils pour survivre en milieu hostile : « Le tout est de continuer à respirer. J’avalais l’air ».

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