Gros-Câlin

par

Le vide de l'existence du héros

Les problèmes sentimentaux du « héros », ou anti-héros qu'est Cousin, le personnage principal pourraient se résumer par ce leitmotiv, revenant comme l'équivalent d'une anaphore en poésie : « Je m’attache très facilement », prouvant que ce manque sentimental entraîne une dépendance affective rapide aux autres. De plus, ses réflexions sur les relations humaines laissent présager une certaine misère dans ses liens avec autrui, mais aussi dans sa recherche de l'amour, dans un monde absurde et par rapport au rôle de l'être humain en général, personnage tout aussi absurde qui ne sait pas toujours quoi faire : il affirme lui-même ressentir cette solitude mais sait qu'il n'est pas le seul et que la foule qu'il croise tous les jours n'est qu'un agrégat de toutes les solitudes réunies : « Chacun de nous est entouré de millions de gens, c’est la solitude ». Il se sent seul, n'a ni famille ni amis et retrace un peu son parcours et son arbre généalogique : « Mes parents m’ont quitté pour mourir dans un accident de circulation et on m’a placé d’abord dans une famille, puis une autre, et une autre et j’ai commencé à m’intéresser aux nombres, pour me sentir moins seul ». Sa vision de l'amour est celle d'une compétition, d'un trop-plein : « Je souffre de surplus américain. Je suis atteint d’excédent », et « Je pense que […] le monde souffre d’un excès d’amour qu’il n’arrive pas à écouler, ce qui le rend hargneux et compétitif » ; cette dimension hargneuse du monde fait que lui-même, plutôt faible, reste à l'écart de cette compétition. Puis un jour il tombe amoureux, de...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Le vide de l'existence du héros >

Dissertation à propos de Gros-Câlin