Hernani

par

Le pouvoir

Le pouvoir dans la pièce de Victor Hugo est symbolisé par les trois figures d’Hernani, Don Ruy Gomez et Don Carlos. Chacun en représente une facette différente.

Tandis qu’Hernani, en réalité Don Juan d’Aragon, représente le justicier, l’héritier légitime du trône qui doit revenir et combattre les épreuves imposées par ceux qui ont été établis au pouvoir à sa place, le souverain amoureux qui règnera avec justice, courage et sagesse, Don Carlos lui, représente le feu de l’ambition, associé au roi Charles Quint. Il s’occupe tout d’abord de satisfaire ses désirs personnels au lieu de se préoccuper de son peuple. Hugo met en valeur la notion d’illégitimité de celui-ci, sa famille ayant pris le pouvoir par la force et non par une valeur démocratique ou un droit du sang ; il est la figure même de l’empereur qui désire nulle autre chose qu’accroître toujours plus son pouvoir en se débarrassant par la force de ceux qui constituent un obstacle à son parcours (mise à l’échafaud du père d’Hernani, exil de celui-ci, cruauté envers les conjurés). Il se pacifie cependant à la fin de la pièce.

« Voilà le dernier terme !… oh ! L’empire ! L’empire !

Que m’importe ? J’y touche et le trouve à mon gré.

Quelque chose me dit : “tu l’auras”. Je l’aurai !

Si je l’avais !… ô ciel ! être ce qui commence !

Seul, debout, au plus haut de la spirale immense !

D’une foule d’états l’un sur l’autre étagés

être la clef de voûte, et voir sous soi rangés

Les rois, et sur leur tête essuyer ses sandales… »

Il a donc le rôle lourd de sens du monarque tout puissant et illégitime. Hernani, de son côté, symbolise le peuple et sa force secrète ; caché sous son pseudonyme et sa cape, il figure la vérité, l’honneur, le droit et l’amour, représente le commun des mortels par son statut d’exilé et montre ainsi la face digne de respect du véritable héritier. Lorsqu’à la toute fin, Don Carlos décide de l’épargner lui ainsi que tous les autres conjurés, Hernani nous montre alors qu’il est même possible de changer un tyran en personnage un peu plus loyal, il est le porteur d’un espoir de libération et d’apparition du meilleur chez celui qui fait preuve du pire.

« HERNANI. Ah ! Vous êtes César !

DON CARLOS. De ta noble maison,

Don Juan, ton cœur est digne…

Montrant doña Sol. Il est digne aussi d’elle. À genoux, duc !

Hernani s’agenouille. Don Carlos détache sa toison d’or et la lui passe au cou. Reçois ce collier ; Il tire son épée, et l’en frappe trois fois sur l’épaule. Sois fidèle ! »

Ainsi, la pièce de Victor Hugo oppose deux figures de pouvoir : d’un côté, l’illégitime et le sclérosé, de l’autre, le juste, véritable et démocratique.

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