Huis Clos

par

Résumé

La pièce se passe dans un décor unique, un salon style Second Empire.

           

Scène première

 

            Un homme nommé Garcin entre accompagné d’un garçon. Garcin découvre le salon. On ne sait pas à ce stade où il se trouve : une prison de luxe ? un hôtel étrange ? On sait que Garcin va rester longtemps, puisqu’il parle de s’habituer, que des gens viennent ici du monde entier, qu’il n’y a ni pal ni gril ni entonnoir de cuir alors que c’est ce à quoi s’attendent les visiteurs, qu’il n’y a ni fenêtres ni miroirs, qu’on n’y a pas le droit à sa brosse à dents, qu’on n’y a pas besoin de sommeil… On comprend au bout d’un moment que Garcin est mort et qu’il se trouve en Enfer. Le garçon, après quelques explications supplémentaires, s’en va.

 

Scène II

           

Garcin, seul, tourne en rond. La sonnette, censée faire venir le garçon, ne fonctionne pas. Il insiste, sans succès. Il essaie d’ouvrir la porte, mais elle reste fermée. Il s’énerve, puis se calme. La porte s’ouvre, le garçon entre accompagné d’une femme nommée Inès.

           

Scène III

 

            Inès ne formule aucune demande au garçon, qui sort quelque peu étonné. Aussitôt, elle demande à Garcin où est Florence, et lui dit que la punition par l’absence ne fonctionnera pas car elle se fiche de Florence. Garcin explique qu’il n’en sait pas plus qu’elle, et qu’ils vont devoir cohabiter. Ils se taisent, essaient de réfléchir, mais Garcin a un tic de la bouche, laquelle selon Florence « tourne comme une toupie sous [son] nez », ce qui l’agace. Il essaie de le contrôler et ils retournent à leur silence. Entre à nouveau le garçon, avec une femme prénommée Estelle.

 

Scène IV

 

            Estelle, après avoir pris peur de Garcin en qui elle croit reconnaître un ami, critique la décoration, et échange son fauteuil avec celui de Garcin car il va mieux avec sa robe. Inès est étonnamment beaucoup plus aimable avec Estelle qu’avec Garcin. Le garçon s’en va, sans qu’elle lui ait posé de question.

 

Scène V

 

            Estelle, Inès et Garcin se présentent. Estelle est morte de pneumonie, Inès invoque simplement « le gaz », et Garcin dit s’être fait descendre. Les trois personnages peuvent voir ce qui se passe chez les vivants. Estelle voit son mari, maintenant veuf, pleurer ; Garcin voit sa femme totalement indifférente.

Le trio se demande s’ils ont été mis ensemble par hasard. Garcin pense que oui, Inès non. D’après elle, tout est calculé pour que quelque chose arrive. Ils essaient de trouver ce qui les réunit. Se sont-ils rencontrés par le passé ? Impossible. Inès dit qu’il faut chercher s’ils ont un passif similaire. Estelle raconte qu’elle a eu une vie sans histoire, Garcin qu’il était journaliste pacifiste et qu’il s’est sacrifié pour la cause. Inès n’est pas dupe – on n’est pas en Enfer par hasard, ils ont forcément baigné dans le vice, même s’ils refusent de l’avouer. Inès comprend enfin pourquoi ils ont été mis ensemble : c’est une forme de torture psychologique, chacun sera un bourreau pour les deux autres. Garcin refuse de tomber dans cette mécanique et propose aux deux autres de se cloîtrer chacun dans son coin, de ne pas parler. Les trois s’exécutent.

Inès chantonne. Estelle se remaquille… mais n’a pas de miroir. Elle demande un miroir aux deux autres. Garcin l’ignore. Inès veut lui prêter le sien, mais on le lui a pris. Estelle chancelle. Quand elle n’a pas de miroir, elle a l’impression d’être irréelle. Inès lui propose d’être son miroir et l’aide à se maquiller. Mais Estelle veut aussi l’approbation de Garcin – Inès est jalouse. Ils le forcent à sortir de son mutisme. Il s’énerve et dit qu’il faut se tenir silencieux, faire tous les efforts possibles pour oublier que les deux autres sont là. Ils retournent tous les trois au silence.

Mais Inès éclate : c’est impossible d’oublier qu’ils sont là tous les trois, alors il faut qu’ils s’affrontent. Ils décident d’essayer de formuler pourquoi ils ont été condamnés. Garcin dit que c’est parce qu’il a torturé psychologiquement sa femme. Inès de son côté annonce qu’elle est lesbienne et avoue qu’elle a fait beaucoup de mal à une certaine Florence. Florence avait un amant, et Inès a manipulé Florence pour qu’elle finisse par le haïr. L’amant est mort accidentellement, et Inès a dit à Florence que c’étaient elles qui l’avaient tué. Florence a alors tué Inès et s’est suicidée dans le même temps en ouvrant le gaz une nuit. Estelle de son côté résiste, mais les deux autres l’interrogent implacablement. Elle finit par avouer qu’elle a eu une fille qu’elle a tuée en la noyant, et que le père de celle-ci, un amant, s’est suicidé par balle – c’est lui qu’elle a cru voir en entrant dans le salon.

Tous les échanges, précédents et suivants, sont comme parasités par le flux des vivants, dont la vie s’écoule à une vitesse beaucoup plus rapide que le temps des morts. Chacun des trois personnages voit ses proches passer à autre chose, son habitation être vidée, scellée, descellée ou relouée. Inès n’arrive bientôt plus à voir ces images. Elle se déclare absolument morte.

Garcin propose qu’ils s’entraident pour déjouer les ruses infernales. Inès ne pense pas qu’on puisse l’aider. Tout à coup, Estelle appelle à l’aide. Elle est en train d’avoir sa dernière vision des vivants : Pierre, un amoureux, est en train de danser avec Olga. Elle est oubliée, ça y est. Elle demande à Garcin de l’aimer. Il refuse, lui dit de se tourner vers Inès. Estelle ne veut pas de l’amour d’Inès. Elle insiste pour avoir l’amour de Garcin, qui finit par céder. Inès est très jalouse. Alors que Garcin et Estelle se rapprochent, Garcin finit par avouer qu’il n’est pas un héros de la paix, mais un déserteur – que c’est pour cela qu’on l’a fusillé. Il demande à Estelle de lui dire qu’il n’est pas un lâche. Elle ne sait pas quoi lui dire. Il révèle également que sa femme est morte de chagrin. Garcin veut qu’Estelle et lui s’aiment pour de bon. Estelle accepte et le rassure : il n’est pas lâche puisqu’elle l’aime, et qu’elle ne pourrait pas aimer un lâche. Inès dit que ces paroles n’ont aucune valeur, qu’Estelle serait prête à tout pour obtenir un homme. Estelle avoue qu’elle l’aimerait même s’il était un lâche. Garcin est dégoûté et veut partir – il sonne, il frappe. La porte finit par céder. Mais Garcin ne part pas. Il dit quelques instants plus tard qu’il reste pour Inès, car elle sait ce qu’est un lâche. Il veut rester pour la convaincre qu’il n’en est pas un. Les vivants ne pensent plus à lui non plus, ça y est. Il essaie de convaincre Inès, mais elle ne cède pas. Le ton monte. Estelle exhorte Garcin à la prendre. Inès s’emporte. Garcin comprend tout le stratagème des ordonnateurs infernaux : « L’Enfer, c’est les autres. » Estelle finit par essayer de tuer Inès mais elle ne le peut car ils sont déjà morts, et Inès le prouve en se poignardant. Ils se résignent : ils sont coincés ensemble pour l’éternité.

Après un moment de répit, Garcin se lève et dit : « Eh bien, continuons. »

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