Il pleut

par

Le renouvellement de la poésie de son époque

Guillaume Apollinaire, était un écrivain important de sa génération, bien qu’il soit encore à l’heure actuelle bien plus connu pour sa poésie : malgré sa courte carrière, il a une œuvre riche et étoffée et est considéré comme l’un des précurseurs du mouvement littéraire surréaliste, l’un des mouvements majeurs de la littérature du début du XXème siècle. Cette modernité et cette volonté de créer de la nouveauté a poussé Apollinaire à rendre célèbre le calligramme. « Un calligramme est un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, généralement en rapport avec le sujet du texte, mais il arrive que la forme apporte un sens qui s’oppose au texte. Cela permet d’allier l’imagination visuelle à celle portée par les mots : étymologiquement, ce mot désigne l’alliance de belles lettres ». Une forme de poésie qu’il n’a pas inventée, mais à laquelle il donne ses lettres de noblesse. Le mot calligramme sera aussi le titre de son recueil justement de Calligrammes. À cet égard, cette manière d’écrire et de dessiner en même temps inspira à Apollinaire à dire à son ami et peintre Pablo Picasso « anch'io son' pittore », « moi aussi je suis un peintre ». D’ailleurs, Apollinaire, artiste complet s’intéressa également à la peinture, notamment au cubisme, tout comme le futurisme en peinture et en littérature, dont il rédigea le manifeste en 1909, se matérialisant par la gloire de la modernité et une écriture plus directe, sans ponctuation pour mieux montrer la vitesse, la dynamique, à l’aide de verbes à l’infinitif.

Dans ce type de poème, dont « Il pleut » est l’un des plus célèbres, Apollinaire démontre sa volonté d’artiste, de poète, tout comme nombre de ses compères à son époque, de trouver de nouvelles formes de poésie, de renouveler le genre, et donc d’innover, d’inventer autant sur la forme que sur le fond, avec des nouvelles manières d’écrire, et donc aussi une nouvelle façon de présenter les vers.

On le voit aussi dans le lien entre la forme et le fond, car le jour de la rédaction de ce poème, il a rompu avec sa compagne, ce qui entraine chez lui une certaine mélancolie et la montée des souvenirs, ainsi on sent la désinvolture dans l’écriture, ne cherchant qu’à faire ressortir un fond important, ne se préoccupant ni de la ponctuation, ni des rimes, ce qui donne une impression de liberté absolue, permettant l’expression la plus sincère, la plus nette et donc la plus près de ses sentiments. Il évoque donc la création poétique en faisant primer le fond sur la forme, avec l’absence de rime, l’absence de majuscule au début des vers, comme des phrases finalement qui sont de longueurs inégales, ne respectant aucune règle métrique (nombre de pieds). De ceci ressort un mal-être de la part de l’auteur, qui ne se préoccupe que de s’exprimer, sans faire de cérémonie, sans respecter aucune contrainte.

Globalement on peut retenir que cela représente une sorte de manifeste pour la modernité en poésie, pour le renouveau de la création.

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