Jeanne d’Arc

par

Un fort accent de spiritualité

A- Une vocation ayant pour but la liberté

Dans « Jeanne d’Arc », outre le contexte politique particulier, s’il y a une chose supplémentaire que fait ressortir Charles PEGUY, c’est bien la vie intérieure de l’héroïne. Elle a ceci de particulier qu’elle est marquée par les prières et le rapport étroit qui lie Jeanne à Dieu. Dans la tourmente de l’oppression, le fait d’assister à des actes d’injustice suscite en elle une révolte telle qu’elle se sent investie de la mission de libérer son peuple. Cette partie de la vie de Jeanne d’Arc est sujette à plusieurs versions, car d’aucuns estiment qu’elle aurait eu une discussion avec l’archange St Michel et Ste Catherine qui lui auraient fait comprendre qu’elle était le chef dont la mission devait être de libérer le peuple français. PEGUY pour sa part estime que sa volonté de guerroyer pour la liberté ne résulte en fait que des actes ignobles dont elle fut témoin et de la révolte qu’ils ont suscité en elle. Quoiqu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, il est bien question d’une vocation. Nous laisserons aux lecteurs la latitude d’opter pour l’une ou l’autre de ces théories. Mais s’il est une chose qui ne saurait être contestée, c’est le fait qu’à un certain moment, la vocation fut telle que Jeanne elle-même se sentit ébranlée et incapable d’assumer :

« Mes saintes, vous l’avez nommé, le chef de guerre.

Mais je ne peux pas, moi, conduire les soldats.

Ô mon Dieu, je ne suis qu’une simple bergère, je ne peux pas me battre, ô non, je ne peux pas…

Envoyez-nous quelqu’un qui sache la besogne, et soit vraiment de force à mener les soldats… Moi, je ne pourrai pas. Ô mon Dieu, donnez-nous un meilleur chef de guerre ».

Voilà donc un passage qui semble clairement accréditer la thèse de la vocation divine. Surtout que par la suite, Jeanne d’Arc s’engagera corps et âme dans la bataille en démontrant des qualités de meneuse et de combattante absolument hors pair.

B- L’acceptation d’une mission à l’issue tragique

Lorsqu’une personne requiert d’une autre un service de quelque type que ce soit, cette dernière prend le temps de réfléchir afin d’en évaluer le bien fondé. Suite à cela, elle peut prendre la décision d’accepter ou pas. Il en a donc été ainsi avec Jeanne d’Arc selon Charles PEGUY. En proie au doute, elle a d’abord résisté, ne se sentant nullement capable d’assumer ce statut de libératrice combattante, mais elle a pris le temps de réfléchir. Trois années ont été nécessaires à faire mûrir les choses en elle, mais finalement, elle s’est fait une raison. Et comme elle était d’une incommensurable piété, c’est en prière qu’elle a accepté :

« Mon Dieu,

Pardonnez-moi d’avoir attendu si longtemps avant de décider ; mais puisque les Anglais ont décidé d’aller à l’assaut d’Orléans, je sens qu’il est grand temps que je décide aussi.

Moi, Jeanne, je décide que je vous obéirai.

Moi, Jeanne, je suis votre servante, à vous qui êtes mon maître, en ce moment-ci, je décide que je vous obéirai.

Vous m’avez commandé d’aller dans la bataille ; j’irai.

Vous m’avez commandé de sauver la France pour monsieur le dauphin.

J’y tâcherai.
Je vous promets que je vous obéirai jusqu’au bout. Je le veux.

Je sais ce que je dis ».

Cette acceptation se traduira par un charisme hors du commun, une aura quasi surnaturelle, qui lui permettra de doper le moral des troupes françaises qui parviendront à libérer Orléans. Son engagement sera tel qu’elle y laissera la vie quand plus tard elle sera soumise au supplice des flammes pour hérésie. Mais les prédications qu’elle avait faites lui ont conféré un statut de sainte car son innocence a finalement été établie des années plus tard.

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