Jeannot et Colin

par

Satire de l’éducation

Jeannot et Colin est également une satire du système éducatif prisé alors dans les hautes sphères de la société. Plus précisément, Voltaire utilise ce conte pour moquer l’essence même des sciences abstraites qui sont enseignées et considérées comme de véritables disciplines. Ironiquement, l’auteur utilise le personnage du Gouverneur, un homme qui n’a pas bénéficié d’une éducation très avancée, mais néanmoins très intelligent et réaliste, pour ouvrir les yeux au lecteur sur la futilité de ces sciences.

C’est le gouverneur que M. de la Jeannotière et sa femme consultent pour demander conseil quant aux sciences qu’il serait judicieux d’apprendre à leur fils pour faire de lui un marquis plus raffiné. Mais chaque fois que les époux font une suggestion, le gouverneur ne leur fait pas seulement savoir combien inutile se révèlerait l’apprentissage de telle ou telle science, mais – encore plus important – il leur en explique le pourquoi en justifiant ses déclarations par des exemples concrets de la vie de tous les jours. À titre d’exemple, il considère la géométrie comme la pire des sciences dans la catégorie des « disciplines inutiles ». Non seulement elle occupe vainement l’esprit des étudiants, mais en plus de cela elle «étouffe toute espèce de génie » qu’ils tenteraient de développer. Comme il le déclare lui-même, « On fait passer en esprit cent mille lignes courbes entre un cercle et une ligne droite qui le touche, quoique dans la réalité on n'y puisse pas passer un fétu. ». Quant à la géographie, il la trouve aussi impraticable que la géométrie, et ceci car « on va très commodément de Paris en Auvergne, sans qu'il soit besoin de savoir sous quelle latitude on se trouve. » Et la liste de critiques continue. Le Gouverneur se moque également du latin. Bien que la connaissance de cette langue confère l’aura d’une personne d’élite, elle ne peut cependant pas être pratiquée : « Joue-t-on, s'il vous plaît, la comédie et l'opéra en latin ? Plaide-t-on en latin quand on a un procès ? Fait-on l'amour en latin ? » Le Gouverneur démontre donc qu’une bonne partie des sciences qu’on apprend dans notre vie ne sont que des connaissances virtuelles et inutilement amassées, qui ne peuvent être appliquées car irréalistes.

 

Jeannot et Colin est donc un conte philosophique qui regorge de leçons. Voltaire utilise la dichotomie entre ces deux personnages éponymes pour nous prouver non seulement que le bonheur n’existe pas dans la vanité, mais aussi que l’homme humble vaut beaucoup plus que l’homme hautain. Voltaire illustre également dans ce conte la futilité de plusieurs sciences abstraites qui font toujours partie du curriculum académique. 

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