Journal d'un chat assassin

par

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Anne Fine

Anne Fine est une auteure
de livres pour enfants qui connaît un grand succès et a remporté de
prestigieuses récompenses réservées à la littérature pour la jeunesse. Elle a
écrit plus de cinquante livres pour enfants, mais aussi huit livres à
destination des adultes. Son œuvre, parfois adaptée à l’écran, a été traduite
dans plus d’une quarantaine de langues.

 

Origines,
formation, débuts

 

Anne Fine naît à Leicester (comté de
Leicestershire, Angleterre) en 1947. Elle dira plus tard que la lecture était
le seul grand plaisir de son enfance. Elle ne s’était jamais imaginée écrivaine
dans sa jeunesse mais elle aimait beaucoup écrire.

Elle étudie au lycée pour filles Northampton
puis obtient un diplôme de sciences politiques à l’Université de Warwick
(Coventry), où elle étudie aussi l’histoire.

Sa vie professionnelle commence dans
l’enseignement, dans un établissement pour jeunes filles, expérience qu’elle
juge harassante ; puis elle la poursuit en travaillant pour Oxfam à Oxford,
une confédération d’ONG luttant contre l’injustice et la pauvreté, où elle
rédige des rapports destinés aux donateurs pour les informer des projets en
cours. Là, elle est particulièrement impressionnée par les photographies
d’enfants affamés exposées non loin de son bureau, et elle se met à considérer
l’argent et les possessions sous un nouveau jour.

En 1971, alors qu’elle vient d’emménager à
Édimbourg et qu’elle est une toute jeune mère, durant une tempête de neige durant
laquelle elle ne peut aller échanger ses livres à la bibliothèque, rien ne lui
disant sur ses étagères elle se décide à écrire un livre pour enfants. Elle
l’enverra à deux éditeurs choisis au hasard, sans succès. Cinq ans plus tard,
l’œuvre termine deuxième d’un concours ; elle est finalement publiée en
1978.

 

Étapes
majeures

 

En 1978, Anne Fine publie pour la première fois
un livre pour enfants intitulé The
Summer-House
Loon, paru aux
éditions Methuen.

En 1989, l’auteure reçoit pour Goggle-Eyes la médaille Carnegie,
attribuée par un jury de libraires pour enfants. L’ouvrage reçoit aussi le prix
Guardian de la meilleure fiction pour enfants.

En 1992, elle devient l’un des sept auteurs à
recevoir deux fois la médaille Carnegie, pour Bébés de farine (Flour Babies).

En 1993, Anne Fine connaît indirectement un
succès international à travers l’adaptation de Madame Doubtfire à l’écran.

En 2003, l’écrivaine devient membre (Fellow) de la Royal Society of
Literature et officier de l’ordre de l’Empire britannique (OBE)

 

Thèmes,
influences, style

 

Anne Fine, qui a étudié la politique et
l’histoire, montre un grand intérêt pour les problèmes politiques et sociaux
(cf. L’Amoureux de ma mère). Elle
pense et veut montrer que les décisions d’un ordre personnel ont souvent un
impact politique et social. Elle aime beaucoup analyser comment les gens se
sortent de situations familiales compliquées – ainsi a-t-elle pu dire : « Ce
que je préfère, je crois, c’est chercher à comprendre comme les gens se
retiennent de s’assassiner les uns les autres – surtout au sein d’une
famille. »

Anne Fine écrit pour tous les enfants, des plus
jeunes aux adolescents, et adapte soigneusement les histoires au niveau de
compréhension permis à chaque période de la vie. Ainsi, elle considère par
exemple que des enfants d’un âge moyen peuvent supporter une certaine dose de
réalisme et de tragédie, tant que l’espoir surgit çà et là au fil du récit.
Concernant les romans qu’elle a écrits pour les adultes, elle se laisse aller à
la comédie noire vers laquelle elle incline naturellement, sauf dans son
premier roman, The Killjoy, seulement
noir.

Par dessus tout, elle se montre attentive à
respecter le lecteur qui est en elle ; ainsi, son inclination pour les
histoires comiques la pousse à toujours instiller une forte dose de comédie
dans ses propres récits. Elle aime aussi particulièrement mettre en scène des
personnages originaux, dont l’esprit et le parcours sortent des sentiers
battus, notamment des génies mal compris, mais reconnus comme tels par quelques
happy few.

 

Regards
sur les œuvres

 

Madame Doubtfire : Quand Papa était femme de ménage (Madame Doubtfire, 1987) est un livre
pour les enfants les plus âgés, de 12 à 16 ans. Il met en scène Lydia,
Christopher et Natalie, trois enfants plongés dans le tumulte de la guéguerre
que se livrent leurs parents divorcés. Leur vie va s’éclairer quand leur mère
embauche une étrange gouvernante, dont les talents s’étendent bien au-delà de
la sphère des travaux domestiques. Il s’agit en réalité de Daniel, leur père,
un acteur au chômage qui s’était d’abord proposé à visage découvert à son
ex-femme, sans succès. L’œuvre se distingue par sa capacité à faire passer du
rire aux larmes. L’adaptation sur le grand écran en 1993 par Chris Colombus connut
un succès immense, en partie due à la prestation d’un Robin Williams travesti
propre à rendre les deux facettes du livre, entre drame et comédie.

L’Amoureux de ma mère (Goggle-Eyes, 1989) connut aussi un tel succès que l’œuvre fut
adaptée à l’écran par la BBC, également en 1993, et reçut la prestigieuse médaille
Carnegie. L’histoire se déroule en Écosse dans les années 1980, dans un climat
de manifestations antinucléaires. Kitty raconte à sa camarade de classe Helen,
alors qu’elles sont enfermées dans le placard d’un vestiaire, comment elle en
est venue à tolérer Gerald, le petit-ami de sa mère, malgré ses vues
conservatrices et son opposition à la campagne en faveur du désarmement
nucléaire. Kitty surnomme Gerald Goggle-Eyes
(« Merlan Frit ») à cause de la façon dont il contemple sa mère.

La Nouvelle Robe de Bill (Bill’s New Frock, 1989) a été écrit pour
les enfants d’un âge moyen (8-10 ans) et raconte l’histoire de Bill Simpson, un
garçon qui se réveille un jour transformée en fille. Il est envoyée à l’école
dans une robe rose et va découvrir comment les choses s’avèrent être très différentes
pour ses camarades de l’autre sexe. On a pu parler de l’œuvre comme d’une œuvre
féministe assez provoquante.

Bébés de farine (Flour Babies, 1992) est un livre destiné aux jeunes adolescents de
12 à 16 ans qui a valu une deuxième médaille Carnegie à Anne Fine. Il raconte
l’histoire d’une classe de 4e composée de cancres auxquels sont
confiés des sacs de farine figurant des bébés dont ils doivent prendre soin.
L’un d’eux, Simon Martin, s’attache au sien d’une étrange façon, et commence à
se poser des questions sur son père disparu six semaines après sa naissance.

Journal d’un chat assassin (Diary of a Killer Cat, 1994), comme le titre l’indique, raconte la vie d’un chat,
Tuffy, à travers son propre journal. Il y raconte l’incompréhension qui règne
entre la famille qui l’a adopté et lui, car on s’effarouche des meurtres qu’il
commet, comme s’il pouvait lutter contre sa nature. L’œuvre est d’une grande
force comique, notamment lors de cette épisode où la famille s’affaire à
pomponner le lapin mort des voisins pour le remettre incognito dans sa cage,
alors que ceux-ci avaient enterré leur animal mort de vieillesse la veille, le
chat n’ayant pas été, pour une fois, le bourreau de la petite bête ramenée
fièrement à la maison. Dans la suite, Le Chat assassin, le retour (The
Return of the Killer Cat
, 2003), la famille de Tuffy part en
vacances ; alors qu’il pensait se retrouver tranquille – il adore
notamment s’allonger sur les parterres de fleurs, ce pour quoi il est beaucoup
réprimandé –, on le laisse avec le pasteur Barnham, un chat-sitter
tortionnaire. Anne Fine a poursuivi cette série autour de Tuffy avec La Vengeance
du chat assassin
(The Killer
Cat Strikes Back
, 2007) et L’Anniversaire du chat assassin (The Killer Cat’s Birthday Bash,
2008).

Comment écrire comme un cochon (How to Write Really Badly, 1996) raconte l’histoire de Chester
Howard, qui a connu tout un tas d’écoles au fil des déplacements de sa mère à
travers le monde. Il se retrouve à Walbottle Manoir, un établissement pire que
les autres où règnent la mièvrerie et le zèle. Heureusement, il se lie d’amitié
avec son compagnon de table, Joe Gardener, qui passe pour un cancre, mais chez
lequel Chester a décelé un certain génie technique, qu’il va l’aider à mettre
au jour à travers un travail proposé par Miss Tate leur laissant une grande marge
de liberté.

Mon amitié avec Tulipe (The Tulip Touch, 1996)
s’adresse aux adolescents de 12 à 16 ans et raconte l’amitié entre Tulipe, une
fille étrange que tout le monde fuit, et Nathalie, une nouvelle un peu timide.
Nathalie s’aperçoit progressivement de la capacité d’invention de Tulipe, qui
frôle le génie, mais aussi le revers de sa personnalité hors norme : une
exclusivité malsaine en amitié, qui va exiger bien des efforts de la part de
Nathalie pour s’arracher de l’emprise d’une jeune fille qui s’avère destructrice
et pyromane.

La Tête à l’envers (Up on Cloud Nine, 2002) est destiné au même lectorat et raconte une nouvelle amitié qui
tourne autour d’un autre adolescent unique, Stuart Terence Oliver, dit Stol,
différent, imaginatif, voire mythomane, mais qu’adore Ian, qui admire sa
perspicacité, sa franchise, et qui reste admiratif devant les dialogues qu’entretient
son camarade avec Dieu et les esprits. Alors que Stol a eu un grave accident,
Ian se tient auprès de son lit d’hôpital, observe, attend et se souvient… Il
est déjà comme un frère pour lui, mais il veut aussi devenir son biographe et
son ange-gardien.

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