Journal d'un chat assassin

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Spécificités du livre jeunesse dans le Journal

Journald’un chat assassin s’adresse à un public jeune, de 7 à10 ans, qui a déjà une certaine maîtrise de la lecture. La présentation etl’écriture y sont cependant différentes des récits à destination d’un lectoratadulte. Ce type de livres se repère généralement assez aisément à sa couverturecolorée et sa typographie large.

 

A. L’aspect visuel

 

         La typographiechoisie est souvent grosse, avec un style agréable en arrondi, pour rappelerune écriture enfantine. Ce choix permet une lecture plus aisée aux jeunesenfants pour qui la lecture n’est pas encore passée au stade des automatismes,la rendant de ce fait plus agréable et moins fatigante. Les paragraphes sontégalement courts, espacés les uns des autres, facilitant le repérage visuel.Pour accrocher son lecteur, Anne Fine a, comme de nombreux auteurs, choisid’illustrer son récit de dessins. Le lecteur peut alors avoir une idée précisede l’allure de Tuffy et de sa famille. Les dessins, très nombreux au cours despages du récit, sont réalisés à l’encre, de manière simpliste, avec des traitset un coloriage parfois grossier. Le choix de la technique permet à l’enfant des’identifier aux illustrations : elles correspondent à ce que lui-même pensepouvoir produire. Le lecteur constate par ailleurs une très grande expressivitédans l’attitude des personnages : les expressions des visages et despostures sont claires, voire caricaturales, ce qui apporte une note d’humoursupplémentaire aux personnages.

Les variations dans la typographie sont également asseznombreuses ; elles permettent à l’auteure d’apporter du dynamisme au texteet d’appuyer les termes qui enrichissent l’histoire. De judicieux changementspermettent ainsi de mettre en valeurs certains éléments – « À MANIPULERAVEC PRÉCAUTION » – ou d’appuyer le caractère comique d’unesituation : « Après être resté tranquille pendant quelques centainesde minutes, n’importe qui commence àtaquiner ses voisins. Je ne voulais pasterroriser le bébé gerbille malade. »

 

         B.Un contenu accessible

 

         Le romanjeunesse se définit par sa volonté de viser un lectorat nouvellement entré dansla lecture, souvent âgé de moins de 10 ans. Le texte et l’histoire se doiventdonc d’être adaptés au niveau de connaissance et d’expression langagière de cetâge. On constate dans Le Journal d’unchat assassin que le vocabulaire est simple, accessible : « Elle l’a mis dans une boîte, enveloppé dansdu coton, et puis elle a creusé un petit trou. Après, on s’est tous mis autour.Ellie a dit quelques mots, pour lui souhaiter bonne chance au paradis desoiseaux. »

La structure de l’histoire est également facile à comprendre ;elle comprend un nombre limité de personnages (Tuffy, Ellie et ses parents,Thumper), un point de vue unique (celui de Tuffy, le narrateur) et un uniquerebondissement. Chaque chapitre correspond à une avancée d’un jour dans le récit,qui malgré une grosse police de caractères ne compte que 78 pages.

L’auteur fait également le choix de s’adresser directement àson lecteur en l’apostrophant ou en posant des questions à travers lepersonnage de Tuffy : « Elle metenait par les pattes. Qu’est-ce que je pouvais dire ? […] Cet endroitdevient la Maison de la Rigolade. Je vous le dis. » Le lecteur quittealors son statut quelque peu passif habituel ; il investit plus concrètementsa lecture. Ce changement permet à l’enfant « d’entrer » dansl’histoire et à l’auteure de s’assurer son attention et son éveil.

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