Journal d'un chat assassin

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Résumé

Née au Royaume-Uni en 1947, Anne Fine devient écrivaine après un bref passage dans l’enseignement. Elle remporte divers prix littéraires pour ses œuvres, dont certaines s’adressent à un jeune public, d’autres à un lectorat plus âgé. Journal d’un chat assassin est destiné aux lecteurs de 7 à 10 ans. Véronique Deiss signe les illustrations qui accompagnent ce livre de 21 pages, divisé en sept chapitres. Tuffy est un chat domestique dont les comportements félins sont incompris et blâmés par ses maîtres. Le lecteur suit sa vie pendant six jours à travers le journal qu’il tient.

 

Le récit commence un lundi ; Tuffy ramène à sa jeune maîtresse Ellie un oiseau qui est le fruit de sa chasse. De nature sensible, Ellie est bouleversée. Ses parents eux aussi sont outrés par l’acte du chat et le réprimandent, à sa grande surprise. Tuffy étant un chat, il se demande ce qu’attendent ses maîtres de sa part, si ce n’est de se comporter comme tel. Mis à part la saleté qu’engendre le dépôt du cadavre dans la maison, il ne voit pas en quoi cela peut déranger.

L’enterrement de la victime a lieu le mardi, au fond du jardin, souvent mis à mal par Tuffy  qui en détruit les plates-bandes, écrase les semis et creuse des trous au milieu des anémones. Les reproches faits au chat sont nombreux, mais Tuffy assiste tout de même à la mise en terre bien qu’il n’y soit pas convié. Ellie fait un bref discours pour souhaiter bonne chance à l’oiseau lorsqu’il sera au paradis, et le malheureux est inhumé dans une boîte, enveloppé dans du coton.

Mercredi Tuffy refait des siennes en ramenant une souris dans la maison familiale. Pourtant, cette fois-ci, il n’est pas responsable de sa mort ; il s’est contenté de ramener la dépouille qu’il a trouvée. Nouvel enterrement, nouvelle crise de larmes de la part d’Ellie qui tente de faire jurer au chat de ne plus réitérer ses « assassinats ». Ce dernier juge encore une fois excessive la réaction de ses maîtres.

Le jeudi est marqué par la découverte du corps de Thumper, lapin des voisins et ami de Tuffy. La famille crie au scandale, et accuse le chat de ce crime honteux, alors qu’il n’a fait que rapporter le défunt à titre honorifique. Un plan est alors élaboré : il s’agit de remettre discrètement le lapin dans son clapier et préserver ainsi la famille de tout soupçon. Thumper est donc savonné, lavé, brossé et séché, puis dans la nuit de jeudi à vendredi, le père en habit de deuil se faufile chez les voisins pour y déposer le lapin, plus beau que jamais.

Tuffy est alors en quarantaine dans la maison familiale. Dans la journée du vendredi, les maîtres sévissent et la chatière est à demi scellée. Désormais à sens unique, le chat peut s’en servir pour sortir s’il le désire mais sans retour possible.

Lorsqu’il apprend son rendez-vous chez le vétérinaire le samedi, Tuffy croit sa dernière heure arrivée. Même après que le père lui annonce que la visite se trouve être pour un vaccin, le chat reste méfiant et se débat farouchement pour éviter la terrible échéance, griffant et mordant quiconque essaie de l’attraper. Une fois dans la salle d’attente, bien que dans une cage, le matou terrorise les autres patients, lorgnant sur une jeune gerbille ou grognant après un terrier. Dans la salle d’opération, Tuffy refait une crise de nerfs et détériore sauvagement le matériel autour de lui, s’attirant les foudres de la vétérinaire. Ellie et son père rejoignent alors la mère qui faisait les courses, et la famille croise à son grand malheur la voisine, ancienne propriétaire de Thumper. Celle-ci leur raconte la chose incroyable qui est arrivée. Son lapin, malade, était mort de vieillesse le mercredi, et avait été enterré au fond du jardin peu après. Le jeudi il avait disparu, ne restaient que le trou et la boîte vide du défunt ; et à sa grande surprise, le vendredi, le lapin était tout propre et de nouveau dans son clapier. Ellie et ses parents feignent l’étonnement et se rendent alors compte de leur méprise : Tuffy étant innocent. Loin de s’excuser, les parents reprochent alors au chat d’avoir volontairement fait croire qu’il était l’auteur du crime. Il n’y a qu’Ellie, gentille bien que pleurnicharde, pour le défendre.

 

On assiste dans ce récit à la confrontation des humains et des chats, deux espèces qui ne peuvent communiquer correctement, et dont l’incompréhension mutuelle engendre des litiges. Il y a d’une part Ellie qui fond en larme pour un rien, et d’autre part les parents qui attendent de leur bête une conduite civilisée, autrement dit humaine et non animale, ce qui va à l’encontre de sa nature. En effet les multiples reproches qui lui sont adressés concernent des actions que les chats font de manière naturelle. On assiste ainsi à une tentative d’humanisation de l’animal qui aide à comprendre quelles sont les différences immuables entre animal et être humain, car les réactions des parents paraissent idiotes. Les jeunes lecteurs peuvent ainsi comprendre que l’on ne peut attendre d’un chat qu’il ait les mêmes comportements qu’un humain. L’humour ne manque pas à ce récit, le lecteur se prenant d’amitié pour ce chat à l’ironie acérée, dépassé par les exigences ubuesques de ses maîtres.

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