L’Autre Monde

par

Histoire comique des États et Empires de la Lune

Le récit commence à la fin d’un dîner à Clamart donné par monsieur de Cuigny fils à ses amis. Sur le chemin du retour, les conversations vont bon train et l’on se met à parler de la Lune. Ainsi, chacun émet son avis à propos de cet astre nocturne, dont le narrateur, Dyrcona (le lecteur notera que Dyrcona est un anagramme de « Cyrano d »), qui pense que la Lune est un autre monde d’où la Terre apparaît comme un satellite de la Lune. Évidemment, cela ne manque pas de faire rire ses autres amis, même si ceux-ci ont auparavant développé les théories les plus farfelues en parlant de la lune. Et malgré la sincérité des hypothèses qu’il avance, la réaction générale est à la moquerie.

De retour chez lui, le narrateur trouve sur son bureau un livre ouvert qu’il était pourtant sûr de ne pas avoir placé à cet endroit. Il s’agit d’un livre de Jérôme Cardan (Girolamo Cardano) ouvert à une page où il conte l’aventure d’un étudiant qui fait la connaissance de deux vieux habitants de la Lune. Pensant qu’il s’agit là d’un signe, le narrateur se retire dans une maison de campagne isolée pour se donner les moyens d’effectuer un voyage jusqu’à la Lune, au moyen notamment d’un grand nombre de fioles de rosée.

Après une période d’expérimentation, le narrateur vit une expérience extraordinaire : il est propulsé dans un endroit indéfini, et finit par redescendre sur Terre mais dans un pays qu’il ne connaît pas, où il est midi alors que dans sa maison de campagne il était minuit.

Les habitants de ce mystérieux pays, qui se déplacent publiquement en tenue d’Ève, prennent rapidement peur du narrateur, car celui-ci flotte au-dessus du sol quand il essaie d’avancer. Ils s’enfuient presque tous, mais il parvient à rattraper un vieillard dont il n’arrive pas à comprendre le langage. Plus tard, il rencontre une troupe de soldats ; deux d’entre eux lui expliquent qu’il est bien en France. Plus tard, le Gouverneur lui fait comprendre qu’il est « véritablement en France, mais en la Nouvelle ».

Il fait part des détails de son voyage au vice-roi de ce pays, et même si ce dernier le croit ou prétend le croire du moins, le narrateur est repris par son désir de se rendre sur la Lune. Pour ce faire, il fabrique une machine avec laquelle il tente de s’envoler depuis le sommet d’une roche mais son entreprise échoue. Néanmoins, après un incident, il se retrouve élevé dans les airs, continuant son ascension tandis que sa machine redescend sur Terre. Il se retrouve ainsi, pieds en haut, la « tête chargée du poids de […] soncorps », à monter enfin vers la Lune.

Là, il tombe sur l’Arbre de Vie, qui a des propriétés magiques : il lui fait perdre à la fois les sensations de douleur et de faim. Une fois relevé, il admire tout ce qui l’entoure dans ce « Paradis terrestre » et il se voit rajeunir de quatorze ans. Il fait la rencontre d’un jeune adolescent parlant sa langue qui se présente comme « le vieil Elie ». Celui-ci confirme son hypothèse sur la Lune tout en lui affirmant que seulement six personnes sont entrées dans ce Paradis terrestre dont eux deux, Adam, qui n’était autre que Prométhée, Ève, ainsi qu’Enoch et Saint-Jean l’Évangéliste. Il l’entretient en outre de beaucoup d’autres sujets. Mais il arrive un moment où le prophète se fâche et chasse son hôte de ce Paradis. Ainsi le narrateur se retrouve dans un pays inconnu où il fait plus tard la rencontre d’hommes qui marchent à quatre pattes et qui l’amènent dans leur ville.

Il y reçoit de mauvais traitements, mais un originaire du soleil, celui qu’on dit sur la Terre être « le démon de Socrate », parlant grec, le reconnaît et lui promet de l’aider. Le narrateur apprécie beaucoup les entretiens qu’il a avec celui-ci ainsi que sa compagnie.

Au palais, on lui fait faire la connaissance d’un Espagnol originaire de la Vieille Castille, transporté par des oiseaux sur la Lune. Il devient également proche de l’une des filles du couple royal et celle-ci lui fait part un jour de la possibilité de se sauver. D’ailleurs, toujours sur le point d’être condamné, différents évènements le sauvent à chaque fois.

Par la suite, le démon lui promet de créer une machine capable de le faire retourner sur la Terre, et on lui demande d’avertir les magistrats avant de partir, puisque l’on craint qu’une fois rentré chez lui, le narrateur veuille à nouveau construire une machine capable de joindre leurs deux mondes.

C’est finalement par le ressort d’un Éthiopien que le narrateur est élevé dans les nues à nouveau, pour distinguer quelques jours plus tard la Terre. Il retombe en Italie et retourne par la suite en France. 

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