L’Autre Monde

par

Histoire comique des États et Empires du Soleil

Lenarrateur se retrouve chez l’un de ses amis, le comte de Colignac, à Toulouse, quil’incite à mettre par écrit tout ce qu’il lui a raconté de son voyage. Le livreest un succès mais sa portée dévie fortement de son objectif. En effet, l’Églisel’accuse d’être un sorcier. Il arrive par ailleurs que son hôte et lui-même, ainsique leur ami le marquis de Cussan, aient d’étranges visions au même moment. Le comteraconte que dans l’une d’elles, il voyait Dyrcona enlevé et précipité au ciel ;dans une autre, il était sur le Soleil qui n’était pas une planète déserte maisun monde habité, au même titre que la Lune. Quant à Dyrcona, il se voit encore unefois voler, et c’est comme si le comte et lui avaient fait le même rêve en mêmetemps. Dans le but de pouvoir rêver dans un cadre plus confortable, monsieur deCussan propose à ses amis d’aller chez lui, et ils acceptent.

Maisalors que ses deux amis partent devant lui, le narrateur rencontre sur son cheminle serviteur du presbytère qui a voulu l’excommunier, et il se fait saisir par ungroupe de villageois dirigé par messire Jean, en vue d’être amené devant les autoritésde Toulouse. Néanmoins, Dyrcona parvient à attirer la sympathie d’un concierge quil’aide à s’évader, ce qui se retourne contre lui plus tard, et mène au bout du compteà une poursuite rocambolesque. Au final, le narrateur est à nouveau emprisonné.Cet emprisonnement, loin de l’accabler, l’enchante parce qu’il lui donne du temps :dans sa cellule, il donne naissance à plusieurs inventions – notamment à un nouvelengin sophistiqué destiné à voler –, faits en grande partie de miroirs et de matériauxfournis par ses amis lors de leurs visites. Une fois la machine terminée, Dyrconase met en tête de s’échapper de prison en l’utilisant et de se réfugier immédiatementchez son ami Colignac. Malheureusement, une fois de plus, la machine a des mouvementsinsoupçonnés et, au lieu de se diriger vers la demeure de Colignac, Dyrcona se retrouveemporté vers le Soleil. Comme lors de l’épisode de l’Arbre de Vie, en s’approchantdu Soleil, le narrateur ne ressent plus ni faim ni faiblesse.

Aubout de quelques mois, il atterrit sur une macule (autrement dit un satellite duSoleil) où il fait la connaissance d’un homme de petite taille qui s’adresse à luidans un dialecte inconnu. Toutefois, il parvient rapidement à maîtriser les basesde ce dialecte, car celui-ci ressemble à la langue française. Mais le narrateurne se satisfait pas de cette simple rencontre, et il décide d’embarquer à nouveauvers le Soleil. Plus il s’approche du Soleil, constate-t-il avec un certain émerveillement,plus sa machine et lui s’effacent, jusqu’à devenir transparents. Bientôt, parune maladresse il brise la machine, et le narrateur chute tout droit vers le Soleil.Vite remis de sa chute, Dyrcona explore l’endroit où il est tombé, mais finit parsombrer dans le sommeil. Quand il en sort, il tombe sur un grand arbre merveilleux,qui semble constitué de pierreries et de perles très précieuses. Au sommet de cetarbre, un rossignol. Tout à coup, l’arbre se met en mouvement, s’effrite, puis reprendforme sous l’apparence d’un homme. Le personnage ainsi apparu raconte à Dyrconanon seulement l’histoire de sa population étrange, littéralement polymorphe, quiloge sur la partie lumineuse du Soleil, mais aussi l’histoire du rossignol qui étaiten haut de l’arbre.

Plustard, le narrateur fait la connaissance d’un phénix, qui le guide dans un nouveauterritoire, celui du Royaume des Oiseaux. Malheureusement, de par sa différence,il est mal accueilli par le peuple oiseau. Très vite, on le juge : cet êtrene peut pas être conscient et raisonnable puisqu’étant humain, il est monstrueux,et on le condamne à un supplice cruel : il sera dévoré par des insectes en tousgenres : abeilles, puces et mouches. Alors qu’il est sur le point d’être exécuté,un oiseau qui l’apprécie interrompt l’affaire. Le narrateur est libéré et rejetédans la forêt. Là, le narrateur s’étonne d’entendre des arbres dialoguer entre eux.On lui narre alors une nouvelle histoire merveilleuse : deux amants, par le passé,ont été transformés en arbres, et les fruits de ces arbres donnent à quiconque lescroque de vastes élans de passion. Ce sont aussi ces arbres qui expliquent l’attractionirrésistible entre le fer et les aimants.

Plustard, il croise Tommaso Campanella – alter ego d’un philosophe historique dumême nom qui a écrit La Cité du Soleil,un ouvrage politique utopiste. Au moment où le narrateur le croise, Campanella esten train d’assister à ce qu’il définit comme un duel entre une remore et une salamandre,lequel relève d’une symbolique alchimique.

Levoyage se poursuit, et Dyrcona traverse et découvre une grande variété de territoires,dont voici la liste : le Royaume des Philosophes, l’Étang du Sommeil, les Fontainesdu Goût, du Toucher, de l’Ouïe, de l’Odorat et de la Vue, et enfin les Rivièresde la Mémoire, de l’Imagination et du Jugement. Ces aventures s’achèvent par larencontre de deux personnes tout droit venues du Royaume des Amoureux, et surtoutpar celle du philosophe René Descartes, apparu sur le Soleil car il vient de mourirsur Terre.

 

Bien que le nom de Cyrano de Bergerac soit généralement plus connuque son œuvre, celle-ci n’est pas forcément d’un moindre intérêt. Ces Histoires comiques des États et Empires du Soleil et de la Lune, notammentpar leur géniale propension à mêler en toute souplesse des matériaux très divers(on peut distinguer pêle-mêle du matériau autobiographique, philosophie, politique,merveilleux, etc.), en sont bien la preuve.

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