L’homme qui voulait être heureux

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Résumé

Le récit deLaurent Gounelle se déroule sur l’île indonésienne de Bali où Julian, lenarrateur, va à la rencontre de Maître Samtyang, un guérisseur renommé dont lademeure se situe dans un petit village à quelques kilomètres d’Ubud, au centrede l’île. Lors de leur première séance, le guérisseur palpe les orteils dunarrateur qui ressent une douleur insupportable. Il en conclut que Julian est« quelqu’un de malheureux ». Celui-ci admet ce constat et avancel’hypothèse que son malheur serait dû à son célibat et à sa maigreur. Leguérisseur rejette ces idées et explique à son client que le problème n’est pasd’origine physique mais mentale. Utilisant l’exemple de l’actrice Nicole Kidmandont la beauté apparente cache toutefois des imperfections, le guérisseurdémontre à Julian que la véritable image que l’on a de soi, qu’elle soitpositive ou négative, n’est autre que celle que l’on renvoie aux autres. Ilinvite le narrateur à réaliser une expérience sur lui-même en décrivant sonportrait idéal et rêvé, pour aboutir à la conclusion que « quand on croitquelque chose sur soi, que ce soit en positif ou en négatif, on se comported’une manière qui reflète cette chose ». La deuxième expérience, à lafaveur de laquelle le narrateur doit se mettre dans la peau d’un personnaged’abord ennuyeux puis intéressant, permet de conclure que « quand on estconvaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité ». Plaidantpour l’union du corps et de l’esprit qui forment « un toutcohérent », le guérisseur confirme à son nouveau patient que c’est lediscours des autres et les résultats des expériences que nous menons quidéfinissent et façonnent nos croyances, avant de lui annoncer une deuxième séancele lendemain.

Sur sonchemin du retour, le narrateur observe des Balinais et note que ce peuple vitdans le sacré et ne parle pas du paradis. Il se remémore sa sortie en mer avecles pêcheurs locaux avant d’aller errer sur la plage déserte en ressassant lesparoles du sage et en s’interrogeant sur les limites des croyances humaines.

Lelendemain, le narrateur rencontre Hans et Claudia, un couple de Hollandais quiloge près de chez lui, et il défend devant eux son expérience d’immersionculturelle dans le paysage balinais. « Hermétique à la dimensionspirituelle de la vie », Hans se montre hélas insensible à la démarcheentamée par Julian auprès du sage.

Lors de ladeuxième séance avec le guérisseur, la discussion tourne autour des croyanceset celui-ci souligne que « les êtres humains sont très attachés a tout cequ’ils croient » et qu’ils « arrivent à se bâtir un monde à peu prèscohérent sur la base de leurs croyances ». Incapable de capter le flotd’informations diverses et variées qui l’entoure, l’être humain développe descroyances et s’y attache. Le guérisseur invite Julian à réaliser un rêveéveillé d’une vie idéale puis à recueillir des informations sur les résultatsde recherches menées aux États-Unis sur les placebos. Face à l’hésitation deJulian, le guérisseur lui rappelle que « celui qui se laisse arrêter parla première difficulté rencontrée ne va pas loin dans sa vie. ».

De plus enplus fasciné par le personnage du guérisseur, Julian s’apprête à réaliser lesdeux missions qui lui ont été définies lorsqu’il découvre qu’il n’a jamaisréellement pensé à sa vie rêvée. Dans un restaurant, il rêve donc que sapassion, la photographie, devient son métier, et il est surpris de constater ce« simple rêve » suffit à lui procurer un bonheur qu’il pense malheureusementinaccessible. Plus tard, il rejoint Hans et Claudia dans la salle des cérémonieset, perdant la notion du temps, vibre devant le spectacle des danseuses entranse.

Après leconcert, Julian se rend avec ses voisins sur la plage de Pemuteran où ilsobservent l’éclosion des œufs de tortues. Alors que Claudia pense que « lavie est une loterie », Hans y voit « une course perpétuelle » oùseuls les plus rapides peuvent s’en sortir. Les pensées de Claudia et de Hansinterpellent Julian et l’aident à comprendre leurs visions respectives del’existence.

Lelendemain, dans le palace de l’Amankila, Julian réussit à obtenir un accèsInternet et effectue les recherches que le guérisseur l’a invité à faire.Ainsi, il découvre que les placebos, des substances inactives, produisent deseffets positifs sur les patients car ces derniers croient simplement qu’ils’agit de médicaments. Quand il se rend chez Maître Samtyang, Julian trouve unmot laissé à son attention dans lequel le guérisseur lui demande d’écrire toutce qui l’empêche d’avoir une vie heureuse et de faire l’ascension du montSkouwo.

Aprèsavoir entamé l’ascension, Julian comprend vite qu’il est en train de se mentiret décide d’abandonner ce projet car il ne correspond pas à ce qu’il veut faire,puis, de retour chez lui, il commence a écrire son « testament debonheur », décrivant sa vie désirée avant de finir sa journée par unebaignade nocturne.

Le joursuivant, Julian retrouve le guérisseur et la discussion reprend surl’importance des convictions et des croyances dans la réussite des projetspersonnels, puis sur le rêve de Julian de créer son propre studio dephotographie. Maître Samtyang démontre à Julian comment une simple questionrestée sans réponse pousse l’être humain à croire qu’il est incapable de« faire » et de réussir. En poussant le narrateur dans sesretranchements, le guérisseur dévoile ses peurs profondes, les créations de sonesprit, et souligne l’importance de se tourner vers les gens pour réaliser sesprojets. Pour libérer Julian de sa peur d’aller vers les gens, le guérisseur lecharge d’une nouvelle mission : demander des choses à cinq personnes ets’arranger pour obtenir un refus à chaque fois.

À Ubud, celui-citente à plusieurs reprises de demander des services impossibles à diversespersonnes mais toutes ses tentatives se soldent par un échec car les gensfinissent par accepter de l’aider à chaque fois. Poursuivant sa quête de refus,le narrateur croise Hans et lui demande de lui prêter de l’argent, demandeaussitôt refusée par le Hollandais. Dans la foulée, il obtient un deuxièmerefus de l’agence de voyages de Kuta qui refuse de lui échanger son billet. Deretour chez le guérisseur, Julian admet la difficulté qu’il a eue d’obtenir desrefus et Maître Samtyang lui confirme que « les personnes qui ont peur durejet sont très loin de savoir qu’il est rare d’être repoussé par lesautres » et que c’est précisément « lorsque l’on craint d’être rejetéque l’on finit par l’être ». Dès lors, la vie peut être définie comme uneouverture aux autres. Revenant sur le projet de Julian de devenir photographe,le guérisseur lui rappelle que la décision appartient à lui seul et qu’il nedoit pas chercher à satisfaire en permanence son entourage.

Rejetantles notions de groupe et d’ensemble au profit des « particularités »et des motivations individuelles qui définissent autant d’identitésdifférentes, Maître Samtyang conseille à Julian de s’entourer de personnes quiauront confiance en lui car « on est quinze fois plus fort quand on n’estplus seul avec son projet ». Le guérisseur préconise l’amour comme voie duchangement et rappelle que « le confort matériel n’apporte pas lebonheur », même si son absence « peut parfois altérer, troubler lebonheur ». En tant que moyen destiné à « faciliter les échanges entreles êtres humains », l’argent doit provenir de la mise en œuvre descompétences et de l’esprit du don et du partage. La discussion de Julian et duguérisseur aboutit sur une redéfinition de la vie réussie comme une vie menée« conformément à ses souhaits » et ses valeurs, « en donnant lemeilleur de soi-même ». Julian se remémore une rencontre faite à Marrakechavec un cireur de chaussures qui lui procura du bonheur par sa présence et sonactivité.

Aprèsavoir reporté son vol retour, Julian s’assoit à la terrasse d’un café à Kuta etobserve les gens tout en réfléchissant aux paroles du guérisseur. Quand ilretourne voir Maître Samtyang, un ultime message l’attend dans lequel le sagelui rappelle les « sacrifices » auxquels il a consenti jusqu’alors. Juliangravit finalement le mont Skouwo puis il prend la décision de changer de vie etde « suivre les exigences de sa volonté au plus profond de [lui] »comme indiqué par le sage balinais.

Le récitse referme avec la rencontre de Julian avec une enfant, Andy, qui dessine unpaquebot sur le sable et lui révèle qu’elle voulait devenir capitaine d’unnavire avant que son grand-père ne lui explique que ce n’était pas un métierpour les filles. Fort des leçons apprises auprès de Maître Samtyang, Julian luiconseille de choisir elle-même sa vie et de ne laisser personne lui dire cedont elle est pas capable ou non.

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