L’homme qui voulait être heureux

par

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Laurent Gounelle

Laurent Gounelle est un écrivain français né en 1966. Enfant, l’éducation stricte qu’il
reçoit a pour contrepoint la rêverie, l’observation du monde et la lecture.
Alors qu’il veut devenir psychiatre, il se laisse dicter son orientation par
son entourage, dont le médecin de famille qui le décourage et son père,
professeur et chercheur en physiologie, plus intéressé par les sciences mieux
assises. Il étudie donc les sciences
économiques
à l’université Dauphine puis à la Sorbonne et à vingt-trois ans,
il subit un choc en découvrant le monde de l’entreprise, son métier de chargé d’études financières ne revêtant
à ses yeux pas assez de sens.

Sujet d’une crise
existentielle
, Laurent Gounelle revient alors à ses premières amours, l’étude
de l’homme, en se plongeant dans les sciences
humaines
, et surtout la psychologie
et la philosophie. Non seulement il
lit beaucoup d’ouvrages issus de ces disciplines, mais il part aussi se former
en Europe, aux États-Unis et en Asie. Il multiplie alors les voyages initiatiques et consulte de
grands patriciens à travers le monde, experts en neurosciences, sages balinais
ou shamans péruviens. Désireux de faire profiter les autres du savoir acquis,
il devient consultant international en
relations humaines
quinze années durant et participe à des séminaires. Au
sein d’entreprises, il cherche à améliorer les relations, à favoriser
l’épanouissement des salariés en redonnant du sens à leur travail.

L’année 2006
constitue un pivot dans sa vie ; alors qu’il se marie et devient père, il
perd en parallèle son père et son meilleur ami. Il trouve alors un refuge dans
l’écriture et décide de partager ses expériences de vie à travers ce médium.
L’essai de Laurent Gounelle dans le milieu de l’édition est immédiatement
transformé puisque son premier roman, L’Homme qui voulait être heureux, se place très vite au sommet des ventes et sera traduit dans
une trentaine de langues. Le narrateur est un enseignant qui peu avant la fin
de ses vacances à Bali décide de
consulter un vieux maître spirituel
réputé du nom de Samtyang, que même de grands dirigeants viendraient voir. Dès
lors le récit est rythmé par des dialogues entre le sage et le touriste ainsi
que par les exercices que le premier conseille au second. Le narrateur reçoit
un éclairage nouveau sur son vécu, qu’il se met à réévaluer, de cet homme qui
semble le connaître mieux que lui-même : si le narrateur est en bonne
santé, dit le guérisseur, il s’avère qu’il n’est pas heureux ; il doit donc
partir à la découverte de soi. S’ensuivent bien des interrogations : le
narrateur se demande ce qu’il doit vraiment faire de sa vie, s’il est capable
de réussir, si le moule social qu’on lui a toujours proposé correspond vraiment
à un désir profond. Les exercices du sage lui permettent notamment de
comprendre qu’il doit moins craindre les autres et leurs jugements, ne pas
avoir peur d’aller vers eux et d’échouer.

En 2010
Les
Dieux voyagent toujours incognito
est un nouveau best-seller. Le héros
en est Alan Greenmore, un jeune Américain de vingt-quatre ans n’ayant jamais
connu son père qui vit une période difficile. Alors qu’on a choisi pour lui une
carrière sportive de haut niveau et des études brillantes, il vient de se faire
plaquer par Audrey, sa petite amie, et s’apprête à sauter du deuxième étage de
la tour Eiffel. Un certain Yves Dubreuil survient alors et lui propose un pacte qui peut paraître quelque peu
faustien : il l’invite à mettre sa vie entre ses mains et à faire tout ce
qui lui sera ordonné, pour son bien. Dès lors la vie d’Alan va s’avérer bien
plus intéressante mais se pose la question de savoir si cet Yves est bel et
bien désintéressé. Ici Laurent Gounelle, en décryptant les comportements
humains, invite à nouveau son lecteur à dépasser
ses peurs, ses inhibitions et ses conditionnements, à prendre sa vie en
main et à partir dans une quête de soi
personnelle et non plus dictée.

Devenu une valeur sûre dans le milieu de
l’édition, Laurent Gounelle fait paraître Le Philosophe qui n’était pas sage en
2012, qui fait voyager son lecteur
dans la forêt tropicale et cultive
le mythe du bon sauvage. Là, Sandro,
un professeur de philosophie veuf et éploré, est retourné sur les traces de sa
femme journaliste qui a trouvé la mort alors qu’elle était partie dans la forêt
amazonienne étudier le mode de vie étrange d’autochtones. Sandro est persuadé
que ceux-ci ont assassiné sa femme au cours d’un rituel et il a engagé trois
mercenaires – Krakus, Alfonso et Marco – pour se venger de ce peuple. Si sa première tentative s’avère un échec, il
essaie ensuite de corrompre la cité
des indigènes en y propageant les maux
de la société occidentale
, pointés du doigt au gré d’une parabole par
l’auteur : capitalisme et consommation, individualisme forcené, management
autoritaire. Le philosophe rencontre sur sa route la belle Elianta, qui
s’apprête à prendre la relève de son maître en tant que chamane. Elle apparaît d’abord comme son antagoniste directe
puisque d’elle est censée dépendre la paix et la sérénité au sein de la tribu.
Les deux personnages sont d’autant plus opposés qu’au contraire de Sandro,
Elianta n’a foi qu’en la nature. L’auteur illustre comment il est possible de
créer de toutes pièces un besoin engendrant un sentiment de frustration s’il
est inassouvi. Il est plusieurs fois fait référence à Marc Aurèle.

Dans Le Jour où j’ai appris à vivre en 2014, une voyante rencontrée par hasard
sur les quais de San Francisco annonce sa mort prochaine à Jonathan, un père
divorcée qui travaille toujours dans la même compagnie d’assurance que sa femme
et voit sa fille un weekend sur deux. Cette fois, Laurent Gounelle distille sa
philosophie de vie au fil d’échanges entre Jonathan et sa tante Margie, qui
invitent Jonathan – et le lecteur – à relire
sa vie
, à comprendre qu’elle aurait pu être tout autre. Pour ce nouveau
personnage c’est donc une quête de soi qui démarre.

 

Il est rare qu’un auteur à succès emporte l’adhésion générale et les réactions face à
la lecture d’un ouvrage de Laurent Gounelle s’avère très clivées. D’un côté
beaucoup de lecteurs, défenseurs d’une littérature plus exigeante et nuancée,
déplorent une « spiritualité pour
les nuls 
» exploitant un filon très à la mode. Ils ont l’impression qu’on
les mène trop par la main pour les confronter à une pensée positive et une philosophie
par trop simplistes. Pour eux
l’auteur déroule des idées toutes faites
au fil d’intrigues manichéennes aux
rebondissements attendus, les
ouvrages de Laurent Gounelle s’apparentant alors plus à des ouvrages de développement personnel, où
la pédagogie prend le pas, qu’à de
véritables romans. D’autres louent la capacité de l’auteur à faire entrer son
lecteur en empathie avec ses
personnages, à partager leur renouveau spirituel. Ceux-ci apprécient au
contraire une lecture simple, un style clair, les chapitres courts de contes qui leur apparaissent proprement
philosophiques. S’ils peuvent noter que l’histoire stagne, être suspendus
doucement pour réentendre des formules de sagesse éternelles n’est pas pour
leur déplaire.

 

 

« – Dans la philosophie hindouiste, reprit-il, on
considère que gagner de l’argent est un objectif valable, et cela correspond à
l’une des phases de l’existence. Il faut juste éviter de s’y enliser, et savoir
ensuite évoluer vers autre chose pour réussir sa vie.

– Qu’est-ce qu’une vie
réussie ? demandai-je un peu naïvement.

– Une vie réussie est
une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en
accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait,
en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a
donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à
nous-mêmes et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même
si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les
autres. »

 

« Vous vous souvenez
qu’hier nous avons parlé du bébé qui apprend à marcher et ne se décourage
jamais, malgré ses échecs à répétitions ?

– Oui.

– S’il persévère et
finit par réussir, c’est notamment parce qu’aucun parent au monde ne doute de
la capacité de son enfant à marcher, et aucune personne au monde ne va le
décourager dans ses tentatives. Alors qu’une fois adulte, nombreux seront les
gens qui vont le dissuader de réaliser ses rêves. »

 

Laurent Gounelle, L’Homme qui voulait être
heureux
, 2008

 

« Quand on tire la couverture à soi, que l’on mène des
négociations visant à mettre l’autre à genoux, on l’incite à en faire autant
dès qu’il en a l’occasion.

Au final, on se retrouve tous
dans un monde compétitif où chacun cherche à faire perdre les autres. Et dans
un tel contexte, tout le monde perd, forcément.

Tandis que le respect invite
au respect. »

 

Laurent Gounelle, Les Dieux voyagent toujours
incognito
, 2010

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