L'Ordinatueur

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Résumé

La jeune lieutenante de police Logicielle, ainsi surnommée en raison de ses remarquables capacités en informatique, travaille en région parisienne. Elle est restée en contact avec l’inspecteur Germain, dont elle était la stagiaire il y a un an à peine. Le paternel quinquagénaire la contacte au sujet d’étranges décès qui viennent d’avoir lieu près de chez lui, en Dordogne. Il l’invite à passer le prochain weekend à Bergerac. Il l’informera sur cette étrange affaire et en profitera pour lui faire découvrir les merveilles de l’architecture et de la gastronomie du Périgord. Cette invitation n’est pas du goût de Max, jeune collègue de Logicielle, qui aimerait bien devenir plus qu’un simple collègue pour la charmante lieutenante. Mais l’heure est aux investigations, il est temps d’écouter l’inspecteur Germain.

Les cinq victimes sont cinq hommes d’environ cinquante ans, tous morts devant leur écran d’ordinateur. Tous possédaient le même modèle de machine : un OMNIA 3, modèle splendide et très puissant, capable de traiter les opérations les plus complexes, très performant mais aussi très coûteux. Germain s’interroge : un ordinateur peut-il tuer ? Le meurtrier est-il la machine ? Logicielle n’en croit rien : une machine est une machine, point. En revanche, elle relève certains faits troublants : toutes les victimes avaient placé l’écran de l’OMNIA 3 de façon étrange : la lumière tombait droit dessus et devait gêner, a priori, l’utilisateur. De plus, tous passaient des journées entières devant la machine. Enfin, ils avaient pris l’habitude de consommer des amphétamines, drogue légale qui permet de rester attentif des heures durant. Ajoutons que ces décès ont tous eu lieu dans une zone très précise, au cœur de la région des châteaux périgourdins. Outre ces éléments, qui ne peuvent être de simples coïncidences, Logicielle remarque que toutes les victimes étaient des amateurs d’antiquités, voire des professionnels de la brocante. L’examen approfondi des ordinateurs révèle que les victimes utilisaient leur surpuissante machine pour des tâches bien anodines mais que toutes sont décédées en utilisant le même logiciel, nommé LTPG. Logicielle ignore tout de celui-ci.

De retour à Paris, la jeune femme se voit confier, officiellement cette fois, l’enquête sur ces décès suspects. En effet, une sixième victime vient de succomber, en région parisienne cette fois : un brocanteur du nom de Boulazac. C’est Max qui emmène Logicielle sur les lieux. Là, on trouve la machine placée comme celle des autres victimes, et les proches décrivent chez le défunt un comportement analogue à celui des autres morts : journées passées devant l’écran, usage d’amphétamines. De plus, l’accent chantant du jeune fils de la victime révèle à Logicielle que la famille est d’origine périgourdine. Mieux : ils résidaient autrefois au cœur de la zone où sont mortes les autres victimes. La presse a eu vent de l’affaire, et les gros titres sur l’OMNIA 3, que l’on surnomme à présent l’Ordinatueur, ne sont pas du goût de Kostovitch, le directeur de l’entreprise qui le fabrique. Prêt à collaborer avec la police, il cède volontiers un OMNIA 3 flambant neuf à Logicielle. Le magnifique engin est installé dans le studio de la lieutenante, ravie : jamais elle n’aurait eu les moyens de s’offrir une telle merveille. Pour l’heure, elle lance un appel parmi la communauté des informaticiens : qui pourrait lui procurer le logiciel LTPG, qu’aucun éditeur n’a jamais officiellement fabriqué ? Les victimes l’ont obtenu après avoir été appâtées par une petite annonce concernant la recherche d’objets anciens. Pourtant, les personnes qui répondent à l’appel de Logicielle n’ont rien de quinquagénaires amateurs de meubles rares. Ces jeunes gens sont prêts à donner le LTPG à Logicielle, et gratuitement en plus. En effet, d’après eux, le logiciel ne fonctionne pas.

Quand Logicielle reçoit enfin LTGP, elle bout d’impatience… mais c’est la déception. En effet, l’écran n’affiche qu’une image brouillée de couleurs mêlées. Pour oublier sa déception, elle accepte l’invitation de Max qui l’emmène passer le dimanche au Futuroscope à Poitiers. Là, les deux jeunes officiers de police goûtent une détente bien méritée parmi les attractions où une réalité virtuelle émerge d’images de synthèse sophistiquées. Et c’est alors que la lumière se fait dans l’esprit de Logicielle : ces couleurs brouillées, ce sont des images de synthèse. Il faut trouver le bon angle pour décrypter visuellement ces images, et LTPG fonctionnera. Elle comprend pourquoi les victimes avaient placé leur moniteur de façon si insolite : seule une lumière tombant droit sur l’écran autorise une bonne visualisation. Logicielle pénètre dès lors dans un fabuleux univers : dans ce jeu – car c’est un jeu – commandé par le regard, le joueur visite un merveilleux château somptueusement meublé. Il faut traverser un parc avant de pénétrer dans le bâtiment. Les règles sont expliquées par Pyrrha, guide dont la voix se fait entendre de temps à autre. Ce programme est exceptionnel, d’une sophistication inouïe. Le but du jeu : trouver le trésor qui permettra d’accéder à d’autres châteaux. Mais le vrai but, comme l’explique Pyrrha, c’est de voler, de piller, de s’introduire dans des demeures qui existent réellement et d’en retirer tout ce qui pourrait rapporter quelque argent. D’ailleurs, Logicielle ne manque pas de reconnaître parmi les meubles et décorations du château virtuel certains objets qu’elle a vus chez les victimes. LTPG est en réalité un outil pour cambrioleurs.

Germain reconnaît bientôt le château du jeu : c’est celui de Grimoire, un domaine périgourdin abandonné. Du vivant de M. de Chiron, il était splendide et regorgeait de merveilles. Aujourd’hui négligé par son nouveau propriétaire, il est ouvert aux quatre vents. Logicielle l’a exploré, virtuellement, elle a déjoué maintes chausse-trappes, et n’a pu s’empêcher de tomber sous le charme vénéneux de Pyrrha, qui l’invite même à confesser qui elle est réellement et pourquoi elle joue. Quand elle visite vraiment le domaine dévasté par les pillards, Logicielle a le cœur serré en songeant aux merveilles que lui a révélées LTPG, et en constatant la désolation du lieu après le passage des voleurs. Une enquête menée en Dordogne révèle de précieux éléments : M. de Chiron a eu un fils illégitime qui n’a pu hériter du domaine. Ce fils, prénommé Achille, est né d’une jeune femme de dix-sept ans qui a plus tard épousé un homme brutal et peu amène : Boulazac, la sixième victime qui a, avec cinq complices – les autres victimes –, organisé le pillage du château de ce fils adoptif qu’il n’a jamais aimé. Achille a forgé un terrible outil de vengeance : un piège pour attirer ceux qui ont détruit l’écrin de ses souvenirs et qui ne courent qu’après un argent facilement gagné. Les pilleurs ont acheté le jeu et se sont lancés dans cette quête d’un trésor, et c’est la mort qui était au rendez-vous. Soudain, un coup de téléphone apprend à Logicielle que Max est chez elle, qu’il a allumé l’ordinateur et qu’il joue… Il risque d’y laisser la vie !

Logicielle et Germain rentrent alors à Paris pour trouver Max devant l’écran, suffocant, les yeux exorbités… Logicielle a tout juste le temps de jeter son collègue à terre avant que le stress induit par le jeu ne le tue. C’est parce qu’il est plus jeune et plus résistant que les quinquagénaires gorgés d’amphétamines dont Achille voulait se venger que Max a résisté. Le coupable est démasqué mais ne sera pas puni : Achille est en effet mort quelques mois plus tôt, fauché par la maladie. L’outil terrible qu’il a conçu a mené sa vengeance à son terme, tout en épargnant l’innocente Logicielle. De nouvelles enquêtes l’attendent, et nul doute que Germain sera à nouveau à ses côtés tout comme Max, qui deviendra peut-être plus qu’un simple collègue de travail…

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