La boîte à merveilles

par

L’imaginaire

L’imaginaire est un pilier de La Boîte à merveilles. Le personnageprincipal se décrit lui-même comme un enfant rêveur qui manifeste plus d’intérêtpour la rêverie, les choses imaginaires que pour la réalité. En ce sens, il estdifférent de tous les autres enfants de son âge et des autres personnages quil’entourent.

Il n’y a pas de doute : la fortepropension de Mohammed à la rêverie est une des causes de sa solitude ;mais c’est également à travers les œuvres de son imagination qu’il parvient àse mettre à l’abri de sa solitude, de l’antipathie des autres enfants et dumépris de ses proches. À chaque fois qu’il se sent malheureux ou qu’il est enproie à sa solitude, le narrateur se tourne vers la boîte rangée sous son litoù son imagination fleurit.

À travers la puissance de sonimaginaire, le personnage transforme les objets sans grande valeur quiencombrent la boîte en trésors aux histoires fabuleuses. Les boutons et lesclous deviennent des joyaux, les anneaux de cuivre deviennent des anneaux d’orpur, et chacun des objets prend l’aspect d’un talisman aux yeux de l’enfant. Destalismans dont il se sert pour se soustraire aux misères de sa viequotidienne : « Moi,j’avais des trésors cachés dans ma Boîte à Merveilles. J’étais seul à lesconnaître. Je pouvais m’évader de ce monde de contraintes… »

L’imaginaire apparaît comme la seulearme dont dispose ce personnage impuissant face à la solitude, aux adultes, àl’incompréhension et à la fragilité de son corps pour s’affirmer. À traversl’imaginaire, il opère une partition de son existence, en prenant soin deranger dans sa boîte une partie de sa vie pleine de secrets dont il est le seuldétenteur – « Je me sentis triste etseul. Je ne voulais pas dormir. Je ne voulais pleurer. Moiaussi j’avais des amis, ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous lelit ma boîte à merveilles, je l’ouvris religieusement. Toutes les figures demes rêves m’y attendaient. »

La Boîte à Merveilles est àla fois la possession la plus chère du personnage et son ami le plus proche.Mais, malgré l’attachement qu’il éprouve pour tous les objets qu’il y range, ila conscience que ce ne sont que des objets et ce constat le rend encore plusmalheureux.

« Installé dans un coin de la pièce, j’osai enfin le regarder.C’était un gros cabochon de verre à facettes taillé en diamant, un bijoufabuleux et barbare, provenant à n’en pas douter de quelque palais souterrainoù demeurent les puissances de l’Invisible.

Était-ce un message de ces lointains royaumes ? Était-ce untalisman ? Était-ce une pierre maudite qui m’était remise par notreennemie pour attirer sur la colère des démons ? Que m’importait la colèrede tous les démons de la terre !

Je tenais dans mes mains un objet d’une richesse insoupçonnable. Ilprendra place dans ma Boîte à Merveilles et je saurai découvrir toutes sesvertus. »

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